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Premier grondement de la Révolution.

À la fin de l'automne 1789, vu le dérangement des saisons et la grande abondance des eaux pluviales, de véritables désastres devinrent sensibles et affligeants sur le communal.

Les habitants, dans le désir de repousser l'oppression féodale, se réunirent dans l'église pour la première fois sur la convocation du Comité patriotique. M. de Pomies fils était présent et représentait sa mère. Supplié, dit le rapport du syndic Saubolle, de faire ouvrir la digue dans l'intérêt général, il s'y refusa. L'assemblée, justement surprise d'une résistance à laquelle elle ne devait pas s'attendre, lui déclara, par un cri général, que, puisque les motifs les plus puissants d'humanité et les raisons de justice les plus évidentes ne pouvaient rien auprès de lui, tous allaient rendre aux eaux du communal le cours qui n'aurait jamais dû être interrompu. En conséquence de cette détermination, les habitants, sans aucune espèce d'arme ni bâton quelconque, se transportèrent à l'instant sur les lieux dont s'agit, percèrent la digue à ses deux extrémités et eurent la satisfaction de voir les eaux s'écouler presque entièrement.

De plus, dans les jours suivants, ils envoyèrent leurs troupeaux sur le Grand Arès pour en reprendre possession. Mme de Pomies affecta de voir dans cette juste revendication un mouvement séditieux et elle s'adressa à la force armée.

M. le général duc de Duras, pair et maréchal de France, chevalier du Saint-Esprit et généralissime de l'Armée patriotique bordelaise, ayant été appelé à Cussac pour apaiser une fermentation prétendue, ce général partit à la tête d'un détachement nombreux de cavalerie et d'infanterie patriotique et, lorsqu'il fut arrivé aux Trois Moulins, deux de ses aides de camp vinrent intimer à M. de Ferrussac, colonel du régiment patriotique de Ludon, et au premier syndic de la commune l'ordre de se rendre auprès de lui, ce qu'ils firent incontinent.

Ces messieurs apprirent en route que M. de Pomies avait demandé à M. de Duras de profiter de son passage à Ludon pour étouffer le progrès de la sédition et du désordre. M. de Pomies, en présence de M. le Général, traita les représentants de la commune de factieux qui avaient envahi ses possessions les armes à la main. Mais il ne fut pas difficile à ces derniers de se justifier, et ils le firent d'une manière si victorieuse qu'il ne resta, dans l'esprit du général et de sa troupe, aucun vestige des préventions qu'on s'était efforcé d'accréditer.

Alors s'engagea une longue contestation sur la propriété du Grand Arès et cette discussion menaçait de se prolonger lorsque le juge militaire imposa silence aux parties et termina le différend en ces mots : « Vos débats regardent les tribunaux de justice. Je vous ordonne, dit-il à M. de Ferrussac, de faire retirer le bétail de dessus le Grand Arès. » Puis, s'adressant à M. de Pomies : « Vous devriez mieux vivre, lui dit-il, avec votre paroisse ; il faut, au reste, que les écoulements soient effectués, j'en exige votre parole d'honneur. » M. de Pomies s'engagea et, à l'instant même, les habitants retirèrent leurs troupeaux.

1790. Mme de Pomies assigne la Veuve Constantin qui n'a pas payé les dix-huit boisseaux de seigle pour la rente du moulin, sous prétexte que la jalle n'a pas été curée. La dame de Pomies se plaint également qu'une partie des habitants et propriétaires exerce non seulement des voies de fait intolérables, pour la troubler dans ses propriétés et la priver de ses récoltes, mais encore qu'ils tâchent d'anéantir les obligations de ses tenanciers sous des vains prétextes.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.117-119.

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