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Les problèmes de santé liés aux marais.

Le 11 juin 1780, supplique à Mgr Necker, ministre directeur général des Finances, transmis par M. Dupré de Saint-Maur, intendant de justice, police et finance de la Généralité de Guyenne.

« Monseigneur, les habitants de la paroisse de Ludon en Médoc, sous le nom du sieur Saubolle, leur syndic, osent recourir à l'autorité de votre Grandeur pour se garantir par sa protection des malheurs qui les menacent.

Par les anciens titres qui règlent les possessions du seigneur du lieu et celles des suppliants dans le marais ou la palu de Ludon, il fut cédé au Seigneur une certaine quantité de fonds, à la charge d'entretenir et laisser ouverts les fossés nécessaires pour l'écoulement des eaux de la portion des suppliants ; ces eaux devant, par la pente naturelle du terrain, passer sur la portion du Seigneur pour se rendre à la rivière de Garonne.

Ces titres, quoique très exprès, ont souffert bien des obstacles dans leur exécution; depuis plusieurs années, le passage des eaux a été gêné, elles étaient retenues la majeure partie de l'année sur les communaux et autres possessions des suppliants, les habitants du pays étaient ainsi exposés à une infection continuelle, principe d'une infinité de maladies et de la perte de bestiaux innombrables. Mais les choses sont parvenues au point que les habitants du marais qui ne pourront changer de séjour l'été prochain sont exposés au danger presque inévitable de perdre la vie.

La dame de Pomies, baronne d'Agassac, dame du lieu, ne tenant aucun compte d'entretenir, et ayant même fait fermer les fossés qui servaient à l'écoulement des eaux, celles qui se sont ramassées sur la portion réservée aux suppliants et dont la superficie couvre un terrain de près de deux lieues de circonférence y séjournent depuis l'hiver dernier ; ces eaux croupies et stagnantes menacent les habitants d'une contagion générale qui peut se répandre dans toute la contrée.

Les communaux sont submergés et impraticables, les denrées des terrains voisins cultivés sont absolument perdues, la communication se trouve totalement interceptée pour les secours les plus urgents de l'âme et du corps ; le curé, le chirurgien, le meunier ne peuvent aborder pendant six mois de l'année chez les habitants du marais à qui il ne reste d'autre débouché que la rivière.

Ces malheureux habitants sont accablés des maladies les plus affligeantes : ulcère, obstruction, rhumatismes. Leur dépopulation est si sensible que, sur dix enfants, à peine en conserve-t-il un ou deux ; celle de la paroisse entière est telle que, lors du tirage des milices, à peine a-t-on pu remplir l'instruction de sa Majesté ; enfin, ceux des habitants qui sont sur la hauteur ou sur les derrières de la paroisse sont forcés d'abandonner leur port sur la rivière et de transporter à grand frais leurs denrées par ceux des paroisses voisines. Votre Grandeur, amie de l'humanité, toujours occupée du bien et du bonheur public, ne verra pas la situation de cette paroisse sans s'intéresser à son sort.

C'est ce qui les enhardit à supplier votre Grandeur de leur accorder quelque part de sa protection pour les préserver des malheurs qu'ils ont à craindre. L'état des choses et les faits qui viennent d'être rappelés peuvent être constatés par vos ordres en peu de temps et avant la saison qui les menace des plus grandes calamités. Ils osent donc espérer qu'après les en avoir garantis par des moyens provisoires, Votre Grandeur daignera aussi leur accorder un dédommagement proportionné aux pertes immenses auxquels ils ont été exposés.

Les suppliants continueront leurs vœux pour la santé de votre Grandeur et pour sa prospérité à laquelle est attachée celle de toute la France. »

Signé : Saubonne, syndic des propriétaires des communaux de Ludon. Le Chevalier, curé de Ludon.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.81-87 et 110, 119…

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