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La valse des curés-1826

Le 8 octobre 1826, mort du curé de Ludon, Jonau. On sait que, par arrêté du gouvernement de la République du 7 ventôse, an XI, les conseils municipaux avaient été mis en demeure de délibérer pour pourvoir au logement des desservants par location ou acquisition.

La commune de Ludon s'était soudainement trouvée déchargée de ce soin dans les circonstances suivantes : l'abbé Jonau avait été prêtre jureur sous la Révolution et était venu s'installer à Ludon où il s'était fait bâtir une charmante habitation sur l'emplacement de l'ancienne cure, vendue comme bien national. Cette maison, de style Directoire, est la mairie actuelle. L'abbé Jonau devint, après le Concordat, jureur réconcilié et on le laissa tranquille à Ludon. À partir du 20 août 1803, il devint curé de fait de la paroisse, mais il ne figura jamais sur les listes officielles du clergé. La question de l'habitation se trouvait donc entière à la mort du curé Jonau.

Le maire, dans sa correspondance avec le Préfet et l'Archevêché, nous montre toutes les difficultés qu'il a pour acheter une maison curiale, devant l'intrigue et la cupidité qui l'entourent. Le 5 février 1827, le conseil décide d'acheter, pour servir de presbytère, la maison de M. Godfroy Labarthe et nomme comme experts, pour l'estimer, MM. Pierre Bracassac et Mathieu Laroza, tous deux maçons. Une somme de quatre mille francs, provenant de la transaction passée avec Mme Burke, devait être appliquée à cet achat.

Enfin, la commune se rendit acquéreur de la maison de M. Labarthe et l'abbé Chirac fut nommé curé de Ludon, mais ce dernier demanda presque aussitôt son changement. Le maire, dans une lettre au vicaire général du 5 janvier 1828, exprime sa déception : « Après être resté une année sans curé et sans messe, je me crus obligé d'accepter les offres de M. Chirac à qui je supposais plus de stabilité, mais il est naturellement si volage et si inconséquent que je remercie la providence de nous en débarrasser. Je ne puis que faire l'éloge de son zèle pour la religion, mais je ne crains pas de dire que, le dimanche 14 décembre de l’an 1828, au prône de la messe, il nous a tous traités comme si nous avions été un ramassis du ban des négriers ou l'excrément des bans des forçats, et je vous prie instamment de croire qu'un homme de 80 ans est loin d'exagérer ce qu'il dit ».

Et, dans une lettre du 4 février, le maire soupire après le départ de ce curé indésirable. Le curé Chirac ne quitta Ludon que le 1er octobre 1830. Il fut remplacé par l'abbé Grilhon.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p. 189-190.

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