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La forteresse, un monument militaire du Moyen-âge

Non seulement par sa situation très forte, mais par l'heureuse disposition de ses défenses justement admirées, Léo Drouyn place le château de Blanquefort au rang des monuments militaires les plus intéressants de France.

D'après certains vestiges de fossés, il pense que les Normands ont dû fortifier Blanquefort à leur manière, après avoir détruit la forteresse romaine. Quant à cette dernière, on peut presque sûrement en affirmer l'existence, car on a trouvé, dans le remplissage des murs du château médiéval, des briques et du ciment gallo-romain, ainsi qu'un grand chapiteau antique de marbre blanc veiné de noir. Quoi qu'il en soit, l'histoire de cette forteresse est inconnue jusqu'au XIème siècle. Elle ne dut se composer tout d'abord que d'une tour carrée élevée sur une motte et entourée de murailles et de fossés. Le château tel qu'il nous apparaît, avec ses ruines grandioses, date du roi Edouard 1er d'Angleterre, c'est-à-dire du XIIIème siècle. C'est un carré long, flanqué de six grosses tours, quatre aux angles et deux de plus petit diamètre placées au milieu des grands côtés ; celle qui se trouve sur la face méridionale était la cage d'un escalier tournant, et sa porte d'entrée était ornée de riches sculptures qui existent encore. Toutes les tours étaient liées les unes aux autres par d'étroites courtines ; les appartements étaient à deux étages, avec des fenêtres ouvrant entre deux tours. Un certain luxe régnait dans ce château, malgré son apparence toute militaire, puisque le roi Édouard vint y résider quelque temps pour se reposer en 1287.

Le château était isolé au milieu d'une grande cour à peu près elliptique, entourée d'un mur d'enceinte épais de quatre à cinq mètres et défendu par neuf tours dont deux sont énormes ; celles-ci se trouvent sur la ligne du nord. On entrait dans la grande cour par une porte à l'est ; deux tours protégeaient cette entrée et le pont qui y conduisait. Ainsi, la forteresse se composait de deux parties bien nettes, le donjon et son enceinte, tous les deux puissamment fortifiés. Dans le donjon, habitait le seigneur et sa famille. Les tours d'enceinte abritaient les hommes d'armes et l'artillerie ; l'une d'elles servait de chapelle, une autre de corps de garde, à l'entrée.

Enfin, dans la cour elle-même, se trouvaient les écuries, et c'est là que se réfugiait la population, lorsque l'invasion ravageait le pays. Peu de forteresses étaient aussi bien protégées. Deux fossés de six mètres de largeur, séparés par un vallum, baignaient les tours et les murs, et le tout était entouré par les deux bras de la jalle. Il devait y avoir, en outre, une chaussée artificielle permettant d'accéder au château en tout temps. Là aussi avaient dû s'accumuler les défenses accessoires, mais elles n'existent plus. Il paraît prouvé que, depuis le XIIIème siècle, le marais de Blanquefort s'est élevé de deux mètres environ. Une poterne, qui servait à entrer dans les fossés pour visiter le pied des remparts, et qu'on voit encore contre la grosse tour du nord-est, ne laisse aucun doute à ce sujet. On se figure aisément, dans ces conditions, sous quel aspect formidable ces tours devaient apparaître aux assaillants. La forteresse soutint de véritables sièges pendant l'occupation anglaise. C'est elle qui se rendit la dernière au roi de France, à la fin de la guerre de Cent Ans.

L'ancienne église de Blanquefort (XI ou XIIème siècle) existait encore vers 1790. Elle s'écroula peu après et fut reconstruite sous l'Empire.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.19-22.

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