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Le ravage de la Guyenne en 1438

1438. Une expédition fut dirigée contre la Guyenne. Le  roi de France, Charles VII n'eut point une part active ou personnelle dans cette expédition, mais elle servait trop bien ses intérêts pour n'avoir pas son appui. Monstrelet le dit du reste très clairement : le roi, fatigué de la présence de Villandrando sur ses terres, lui envoya l'ordre de vider les lieux ou d'aller « en frontière contre les Anglois. » (Chronique, p. 774) .

Un chef de routiers, Espagnol d'origine, nommé Rodrigue de Villandrando, le sire d'Albret et un Gascon du Haut-Pays, le sire Poton de Saintrailles, qui avait passé avec le comte d'Armagnac au service de la France, se concertèrent pour entrer en Guyenne et y porter le genre de guerre que faisaient en ce temps les Écorcheurs. Saintrailles et Albret arrivèrent par les Landes ; Villandrando vint par le Languedoc et l'Agenais. Ils s'avancèrent ainsi à la tête de leurs bandes jusqu'aux portes de Bordeaux, où était le rendez-vous.

Ils pillèrent l'église de Saint-Seurin, située « à une portée d'arbalète de la ville » et occupèrent le faubourg. Avant de se retirer ; ils tendirent aux Bordelais une embûche ; ils simulèrent une fuite, et les Gascons étant sortis de leurs murs, ils tombèrent sur eux. Il y eut près de huit cents morts, la plupart « Anglais », s'il faut en croire le chroniqueur : « Si se logèrent illec (à Saint-Seurin) très grand nombre de gens de guerre; et depuis par nuit, mirent ès vignes auprès de la ville une très grosse embûche de leurs gens; lesquelles vignes étaient hautes comme treilles; et le lendemain firent semblant d'eux déloger. Et adonc ceux de Bordeaux commencèrent à saillir dehors sur eux, et en issit bien deux mille largement, contre lesquels se mirent ceux de ladite embûche ; et y eut entre eux une très grand besogne et merveilleuse escarmouche ; car ils se combattirent felonneusement par moult grand espace de temps, et se tinrent très vaillamment l'un contre l'autre : si en demeura sur la place bien environ huit cents, dont la plus grande partie furent Anglois ; lesquels Anglois il convint retraire dedans la ville de Bordeaux pour la force et grande puissance des François. ».

Villandrando poussa plus loin l'audace : il entra en Médoc, prit Blanquefort et Castelnau, s’avança jusqu’au delà de Lesparre et ne quitta le pays que lorsqu'il vit les Gascons, revenus de leur surprise, se disposer à lui fermer la retraite. La date exacte de l'expédition prête à discussion : Villandrando serait venu en Médoc en 1437, selon les archives de la Gironde, en 1438, d'après Quicherat,  en 1439, d'après Monstrelet.

Pendant que Villandrando opérait en Médoc, le sire d'Albret à la tète d'un corps de cavalerie qu’il faisait marcher sous la bannière du roi de France, ravageait les régions méridionales. Albret avait à se plaindre d'incursions faites peu auparavant sur ses terres par les gens du Bordelais et du pays de Dax ; il mit dans Tartas, qui lui appartenait, une forte garnison de gens d'armes, et de là, pendant près de deux ans, il porta par représailles la dévastation dans les pays d'alentour, faisant, dit un document contemporain, « une guerre horrible et déraisonnable » où fut « grandement détruit le pays de la sénéchaussée des Lanes ».

1450. La prise de Bergerac, d’après Jehan Chartier décida du sort des places voisines. Quelques détachements envoyés devant Jonzac, Montferrand (une petite ville du Périgord, près de Monpazier, qu'il ne faut pas confondre avec le château de Montferrant dans l'Entredeux- Mers), Sainte-Foy et Chalais amenèrent la reddition de ces villes. Soit que la saison ne lui permît point de poursuivre sa marche, soit qu'il craignît de s'engager plus avant dans une contrée profondément ennemie, Penthièvre s'arrêta et fit prendre à ses troupes leurs quartiers d'hiver.

Le fils du sire d'Albret, Amanieu, sire d'Orval, chargé de l'attaque sur la frontière méridionale, ne fut pas moins heureux que Penthièvre; il trouva Bazas mal défendu et s'y établit avec ses gens de guerre. Enhardi par ce succès, il partit de Bazas à la tête de six à sept cents combattants : « Quatre à cinq cents combattants » et en marge « six à sept cents. » Si les combattants, ce qui ne serait pas impossible, étaient comme le croient quelques historiens des lances garnies, c'est-à-dire des groupes composés de six individus : l'homme d'armes, son varlet, son page, un guisarmier et de deux archers, c'est à trois mille hommes environ qu'il faudrait porter la bande du sire d'Orval ; ce qui rendrait l'agression beaucoup plus naturelle, et le succès de l'expédition plus explicable ».Selon DamaI, les Français, qui « vinrent faire une course devant Bordeaux étaient « au nombre de seize cents cavaliers », que commandaient sous ses ordres trois des plus hardis capitaines de ce temps, Robin Petit Loup, Robin Pettilow ou Pettiloch, dit M. Vallet de Viriville, chef d'une compagnie d'Ecossais, Estienne de Tholoresse et le sire l'Espinasse. Le sire D'Orval entra dans le Bordelais le dernier jour du mois d'octobre, et ne trouvant sur sa route aucune résistance, poussa jusqu'à la Jalle, petite rivière qui sépare les landes Bordelaises des landes du Médoc, et qui va se jeter dans la Garonne, à deux lieues au-dessous de Bordeaux. (Le chiffre quatre à cinq cents donné par Berry est évidemment inexact et au-dessous de la vérité).

La Male Jornade. L'apparition des Français au cœur du pays, triste indice de l'abandon où les gouvernants de l'Angleterre, déjà engagés dans la lutte des deux maisons d'York et de Lancastre, laissaient leur duché, produisit à Bordeaux une explosion de colère qui précipita hors des murs tous les habitants de la ville en état de tenir une guisarme, une épée, une lance ou tout autre baston ferré (Baston, terme appliqué en général aux armes composées d'une hampe et d'un fer : lances, piques, bourdons, haches, etc.)

Gens de guerre, chevaliers gascons ou anglais, marchands, petit peuple, tout le monde s'arma. « Ceux de la cité de Bordeaux tant gens de guerre comme populaires ».

Un des jurats, Thomas Gassiot, sous-maire de la ville, prit le commandement de la milice bourgeoise (Le sous-maire de Bordeaux était avec le maire à la bataille de la male Journade. « Ils saillirent, dit Mathieu de Coucy, de ladite ville au nombre de sept à huit mille hommes, entre lesquels estoit la plus grande partie des barons du Bordelois qui se tenoient dans ladite ville et si estoient le maire et le sous-maire d'icelle ville comme les chefs et capitaines des Anglois, etc. ».

Le maire, Gadifer Shorlhoise, réunit à la hâte trois à quatre cents recrues anglaises arrivées depuis peu. Shorthoise, maire de Bordeaux, seigneur de Biron en Guyenne et Anglais d'origine, était le chef de l'expédition, mais il commandait en particulier les seigneurs gascons comme seigneur du pays, et les recrues anglaises comme étant lui-même natif d'Angleterre.

Mathieu de Couey écrit : « À cette heure, il n'estoit aucune nouvelle que les Anglois deussent descendre en ce pays-là, et si il n'en estoit point descendu récemment, sinon dans onze bateaux les gens desquels avoient esté tous tuez pour la plupart à la susdite défaite qui estaient au nombre seulement de quatre cents ou environ, et se mit à la tête de l'expédition  On sortit en foule, bien ou mal outillé, ceux-ci en salade, ceux-là en jaquette, les seigneurs à cheval, le populaire à pied, un petit nombre conduisant des chariots, quelques-uns emportant des« licous et des cordes à pommes (probablement des pommes de plomb), sorte de lassos, que les Gascons comptaient sans doute employer à la manière de certains peuples pour arrêter de loin les fuyards et faire de nombreux prisonniers.

Il y avait là, au dire des chroniqueurs, huit à neuf mille hommes; dix mille, selon le héraut d'armes Berry. ils partirent de neuf à dix mille hommes à pied et à cheval de Bordeaux, hastivement, pour mettre peine d'atteindre ledit seigneur d'Orval et ses gens qui s'en retournaient. Mal commandés, et plus impatients de combattre que faits au métier de la guerre, ils marchaient en désordre ; se fiant dans leur « grand nombre et leur hardie volonté » dit un poète du XVème siècle, Martial d'Auvergne, qui raconte en vers animés la sortie tumultueuse des habitants de Bordeaux :

De là partirent dix mille hommes,

A sallades et à jaquettes,

Portans licoz, cordes à pommes,

Pour pendre Françoys ès charettes.

Si se fyoient en leur grant nombre,

Et en leur hardie voulenté,

Sans servir que de faire encombre,

Car nul n'avoit guerre hanté.

Les environs de Bordeaux étaient formés de vastes marais entrecoupés de saules, où l'armée bordelaise, à qui le terrain était familier, avait tout l'avantage. Avec un peu de stratégie, celle-ci aurait eu facilement raison de quelques centaines ou même de plusieurs milliers de Français égarés dans un pays inconnu, dont le sol fangeux s'abîmait sous les pieds des chevaux. La présomption et le peu d'expérience de cette foule lui valurent au contraire un désastre :

Or le jeu fut à l'approuchier,

Et à monstrer lors la vaillance ;

Car quant vint aux bastons touchier

Peu sçavoient le tour de la lance.

Toutesvoies ilz se rencontrèrent

Ungz contre autres si asprement

Que des Angloys mors demourèrent

Bien deux mil, ou plus largement.

Outre deux mil prisonniers,

Dudit Bourdeaulx, gens de façon,

Qui grandes sommes de deniers.

Si paierent pour leur rançon.

La déroute fut complète. D'après les historiens du temps dont j'ai tâché de fondre et, autant que possible, de concilier les récits, voici comment eut lieu la bataille et comment les Français eurent raison de cette muItitude : Le sire d'Orval était campé à Blanquefort, « à une petite lieue de Bordeaux », dit Mathieu de Coucy, lorsque ses coureurs arrêtèrent un gentilhomme de l'avant-garde bordelaise, nommé Gaillard de Latour, et vinrent informer leur chef de rapproche des Gascons.

Les Français craignant d'être enveloppés par ces dix mille hommes, et prévoyant qu'ils ne pourraient «avoir passage sans combat, ils quittèrent leur cantonnement en bon ordre « prirent le large environ une demi lieue, et s'établirent à « costé d'un boscage » (Et aussitôt se trouvèrent les deux batailles l'une devant l'autre, du costé d'un boscage, près de Bordeaux,  dans une région de bois et de landes qui à la fois cachait à l'ennemi leur petit nombre et leur offrait, pour attendre l'heure de l'action, une position favorable.

Les Anglo-gascons, avertis eux-mêmes de ce mouvement, le prirent pour un mouvement de retraite et se hâtèrent dans l'espoir d'atteindre les Français. Gadifer Shorthoise qui, en sa qualité de maire, était le général de cette troupe formée d'éléments divers, et qui aurait dû lui donner au moins un semblant de discipline, ne fit rien pour arrêter sa marche désordonnée. Il se borna à placer sur son front de bataille les gens de pied et à les suivre avec sa cavalerie.

Les gens de pied, pressés par les hommes à cheval, se mêlèrent peu à peu à ces derniers, si bien qu'une horrible confusion se mit bientôt dans leurs rangs.

Et quand ledit seigneur d'Orval et ceux qui estoient en sa compagnée recogneurent lesdits Anglois et veirent leurs gens de chaval qui les approchoient fort et que léurs gens de pied qui venoient après estoient encore loin d'eux, ils donnèrent et frappèrent incontinent si vigoureusement sur eux , etc.. Ce fut le moment que choisit d'Orval pour se jeter sur l'armée bordelaise. Le premier choc fut rude. Les Gascons le soutinrent vaillamment et y rompirent nombre de lances. Des deux parts, il y eut maints hommes d'armes désarçonnés, maints chevaux « jetés à terre». Mais d'Orval, Robin Petit-Loup, Tholoresse et l'Espinasse donnèrent avec tant de vigueur que les soldats de Shorthoise plièrent sous l'effort des Français.

Fantassins et cavaliers se nuisant par leur pêle-mêle, les Anglo-Gascons perdirent de plus en plus le terrain, et, malgré plusieurs grands faits d'armes individuels, la déroute commença. Quand les François aperçurent leur marche, considérans aussi le poste où ils se trouvoient qui estoit grandement à leur advantage, ils marchèrent contre eux et s'approchèrent les uns des autres ; sur quoy se passèrent plusieurs grands faits d'armes tant d'un costé que d'autre ; car en cette rencontre plusieurs lances furent rompues, et des gens et des chevaux portez par terre.

Le maire de Bordeaux, qui aurait pu, en se portant au plus fort de la mêlée, rétablir peut-être le combat, lâcha pied et reprit en courant de toute la vitesse de son cheval le chemin de Bordeaux, entraînant nécessairement à sa suite tout ce qui restait de cavalerie. S'il fallait en croire Jehan Chartier, Gadifer Shorthoise aurait même donné le signal de la fuite et causé par sa lâcheté aussi bien que par son impéritie la perte de la bataille : « fut le principal mis en fuite, le susdit maire de Bordeaux, lequel estoit il chevalet qui abandonna tous ses gens de pied, lesquels il avoit mis au devant pour faire frontière de leur bataille...» . D'Orval n'ayant plus devant lui que la foule éperdue et sans chef des gens de pied, se jeta sur ces malheureux et en fit un massacre horrible ; mille huit cents, dit-on, furent tués tant sur le champ de bataille que dans la fuite, et douze cents furent faits prisonniers. Ce sont les chiffres que donne Jehan Chartier; Mathieu Coucy va plus loin : il fait périr mille à douze cents Bordelais pendant le combat, et « vingt à vingt-deux cents » dans la chasse que les Français leur donnèrent. (En telle manière que sur la place il demeura de tuez quelque mille il douze cents; et il la chasse et poursuite qui se fit après ceux qui se mirent en fuite, en tirant vers la ville de Bordeaux, il en demeura encore de vingt à vingt-deux cents, comme un héraut d'armes, nommé Orval, qui estoit en ladite besongne, en fit son rapport, laquelle destrousse estant ainsi faite iceux François le firent hastivement sçavoir au roy Charles, lequel en fut fort joyeux. (Mathieu de Coucy, p. 60).

Il est à présumer que Mathieu de Coucy prend ici les prisonniers pour les morts. Jehan Damal, qui était du pays, paraît avoir mieux connu la vérité bien qu'il écrive plus d'un siècle et demi après l'événement: « Ceux de Bourdeaux se trouvèrent, dit-il, tellement chargés, qu'il en demeura sur la place mille cinq cents, et de prisonniers deux mille cinq cent quatorze.» (Jehan Damal, Chronique Bourdeloise, p. 47)

Le reste n’échappa qu’en se jetant dans les bois ou dans les marais ; « au travers des bruyères et des joncs marins » dit le héraut d'armes, Berry, dans sa chronique. C'est aussi la version de Martial d'Auvergne :

Le résidu par boys, bruyères

Fuyoient tant qu'ilz pouvoient courir,

En laissant leur gens et bannières;

Car lors ne cuidoient mieulx mourir.

Les ungz s'en alloient en jacquette,

Les autres' à pié tous dessains;

Et fut ceste rencontre faicte

Le propre jour de la Toussains.

Elle eut lieu, en effet, le 1er novembre 1450. « Ce fut doublement le jour des Morts,» dit à ce propos et avec un sombre laconisme, M. Mary Lafon, qui a écrit l'Histoire du Midi de la France, au point de vue si dramatique des hostilités de race entre le nord et le sud de la Gaule (Mary Lafon, Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la France, t. II, p. 231).

Berry, qui, à l'exemple des autres narrateurs, appelle toujours les Gascon : « Anglais, » n'a pas une larme pour; ces vaincus, morts en défendant leur patrie. Le vieux chroniqueur ne voyait, et ne pouvait voir, dans ces hommes, que les ennemis de la France ; aussi n'a-t-il qu'une ligne froide et presque dure pour raconter leur défaite : « Et là, dit-il, fut fort abattu l'orgueil de ceux de Bordeaux et de tout le pays, et y eut lors plusieurs femmes de ladite cité et d'autres lieux dudit pays et d'Angleterre rendues veufves.»

À Bordeaux, où venaient de se faire des vides si cruels, où les nobles logis comme les plus humbles demeures avaient des morts à pleurer, on donna à cette sanglante journée du 1er novembre, le nom de la « Male Journade,» la mauvaise journée ! Le lendemain, les morts et les blessés arrivèrent dans la ville par pleines charretées, au milieu d'une population en deuil. La vue de ces cadavres mutilés porta le désespoir dans l'âme de Pey-Berland. Il fut saisi d'une telle douleur, atteste un contemporain, qu'il resta deux jours et deux nuits dans la solitude, ne pouvant se consoler, priant et pleurant sur le désastre de ses concitoyens.

Voici sur cet incident les détails que donne le texte d'une Enquête canonique pour la béatification de Pey-Berland, retrouvé récemment par M. Théobald de Puifferrat, et publié par M. Jules Delpit dans les Archives historiques de la Gironde. Je traduis aussi exactement que possible la pensée, en regrettant de ne pouvoir pas toujours conserver à ce latin du Moyen-âge son éloquente énergie. On venait de poser à un des témoins de l'enquête cette question : « L'archevêque Pierre était-il patient dans les infirmités et dans les épreuves de sa vie ? » Le témoin fit une réponse affirmative. « Il rappela en outre que lorsque les gens de la cité bordelaise se précipitèrent hors des murs, le jour de La Toussaint, qui reçut d'eux le nom de « Jour de la Male Journade, le sire d'Orval, à la suite d'une invasion victorieuse, fit subir aux Bordelais une telle défaite qu'un grand nombre d'entre eux tombèrent sous le tranchant du glaive (in ore gladii ceciderunt), et que leurs cadavres mutilés furent rapportés à Bordeaux sur des chariots et d'autres véhicules au milieu des lamentations; il ajouta que le susdit seigneur (l'archevêque), inconsolable du malheur et de la mort de ses concitoyens, passa deux jours et deux nuits presque en entier dans la solitude et la prière ».

Ce fait d'armes, si brillant ou si triste, selon le camp que l'historien considère, eut pour théâtre une lande boisée dont l'exacte position n'est pas encore parfaitement connue. De Lurbe, La Colonie et Bernard de Girard ont cherché à Talence, à Castres, à Bègles ou au Raman l'emplacement de la bataille. Le Raman, petit village situé à une lieue de Blanquefort, à deux lieues de Bordeaux, dans un pays de taillis et de bruyères, semble le point où il faut placer le lieu de l'action.


Sources : Henry Ribadieu. Histoire de la conquête de la Guyenne. (p.128-129), Jules Quicherat, vie de Rodrigue de Villandrando. Bibliothèque de l'École des Chartes, ann. 1844-45, 2, série, t. J, p. 210, Archives historiques du département de la Gironde, t. III, p. 447 ; Monstrelet, Jules Quicherat, Jules Delpit, Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre, t. l, p. 258, Berry, éd. Godefroy, p. 459, Histoire de Charles VII, t. III, p. 210, Jehan Chartier, éd. Godefroy, p.221. - Jacques Duclereq, Mémoires de 1458 à 1467, éd. Buchon, p. 26, Histoire d'une partie du règne de Charles VII. M. Buchon, p. 609, Martial de Paris dit d'Auvergne, Les Vigiles de la mort du roi Charles VII, poésies, Paris, 1724, t. II, p. 114, Martial d'Auvergne, p. 114 et 115, Jehan Chartier, Rist. De Charles VII, p. 221, Gilles le Bouvier dit Berry, éd. Godefroy, p. 459, Mathieu de Colley, M. Godefroy, p. 609, Jehan Chartier, éd. Godefroy, p. 221, archives historiques de la Gironde, t. III, p. 462, De Lurbe, Chronique Bourdeloise, p. 24. La Colonie, Histoire curieuse et remarquable de la ville et province de Bordeaux t. 1, p. 411, Bernard de Girard, seigneur du Haillan, Histoire générale des rois de France.

Michel Baron.

Ravages dans le Médoc en 1437.

« Sensible à la pauvreté et aux souffrances du petit peuple, l’archevêque Pey-Berland ne ménagea pas ses efforts pour lui venir en aide. Ce fut par exemple le cas lorsque le Médoc connut une grande disette à la suite des expéditions ravageuses en 1437-1438 dans la presqu'île des troupes mercenaires commandées par un « capitaine » d'origine espagnole à la solde du roi de France Charles VII, Rodrigues de Villandrando. Afin de soulager la misère de ses compatriotes, Pey Berland leur fit livrer des charrettes de blé, de mil et de vin. »

Christian Coulon, Médoc, les valeurs du lieu et autres textes, éditions Confluences, 2014, p.180.

 

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