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La chronique du village au XVIIIème siècle.

1702. La famille de Pomies s'est illustrée, tout au début du siècle, par un acte de haute portée sociale, encore inconnue à ce jour. M. Jacques de Pomies, désirant pourvoir au soulagement des pauvres de la paroisse de Ludon, prit l'initiative de fonder un établissement charitable dont les revenus devaient être employés à l'entretien de deux filles de la charité qui soigneraient les pauvres malades de la paroisse en procurant tous les adoucissements possibles à leurs maux. Cette association, qui prit le nom de Confrérie de la Charité, était composée du seigneur d'Agassac, du curé, des notables, des sieurs juge, procureur d'office, marguilliers, anciens marguilliers et syndic de la paroisse.

Les revenus de l'établissement furent assurés par des dons en espèces et en immeubles qui devinrent sa propriété. Cette œuvre de solidarité sociale, remarquable pour l'époque, n'a fait que prospérer depuis plus de deux cents ans. Pendant la révolution, la maison des sœurs grises (aujourd'hui l'école des filles) et la prairie de la Cibesque furent seules vendues comme biens nationaux ; les autres immeubles furent heureusement épargnés. Ils constituent encore l'apanage du Bureau de bienfaisance de Ludon.

Le 6 septembre, mariage de Messire Dominique Peroa, notaire royal et procureur d'office de Ludon, avec demoiselle Marie Videau.

1714. Le 21 septembre, Messire Pierre de Pomies, écuyer, baron et seigneur d'Agassac, et demoiselle Jeanne de Pomies sont parrain et marraine au baptême de Pierre, fils de Jean Devignes, leur vigneron.

1716. Le 26 décembre, décéda Anthoine Caldagnes, curé de Ludon, et fut ensevely dans la nef sud de l'église. Le curé Philibert lui succéda.

1724. Le 13 août, à la requête de Raymond Dauteyron, habitant de la paroisse du Pian en Médoc, au nom et comme syndic des habitants du Pian, Macau et Ludon dehors, il a été déclaré à M. de Pomies, baron d'Agassac, que quoi qu'il n'ignore pas que les dits habitants ont la possession, depuis un temps immémorial, des padouens et marais d'Agassac, pour raison de quoy ils paient des rentes, néanmoins, au préjudice de ce, le dit seigneur de Pomies, abusant de l'absence des uns et de la faiblesse des autres, persécute impunément et trouble tous les jours les habitants en leur possession, en faisant, comme il a fait depuis peu, construire un fossé qui borne le dit marais en tirant du côté du midi et a même fait faire une sorte de pompe qui cause un préjudice considérable à la dite communauté, tant par rapport à la mathe qu'elle est en droit d'y tirer, sans laquelle ils seraient réduits au premier jour dans la triste situation de ne pouvoir faire venir un seul boisseau de blé, que pour la commodité d'y faire pacager et boire leur bétail, ce qui oblige le sieur Dauteyron de dénoncer au seigneur de Pomies que les habitants sont résolus de se maintenir dans leurs droits et possessions, aux protestations de droit et de fait et qu'ils abattront, quand il leur plaira, le dit fossé et la pompe, à moins que le seigneur de Pomies n'aime mieux faire détruire incessamment le tout. Le dit acte a été signifié à M. de Pomies, à Bordeaux, aux fins qu'il ne l'ignore, au domicile du dit seigneur de Pomies, parlant à son laquais, signé X, huissier.

1724. La dîme de Ludon se monte à mille livres.

1730. Le 30 mars, fut baptisée Jeanne Alix, fille à Mathurin et à Jeanne Bertin, en religion sœur du Bon Pasteur. Cette Jeanne Alix devait être guillotinée, le 4 juillet 1794, à Bordeaux.

Le 17 octobre, signe dans un mariage, Me Pierre Dodin, bourgeois de Bordeaux, procureur au Sénéchal et Siège présidial de Guyenne. Ce dernier habitait, rue Despujol, au bout de la rue de Mérignac, paroisse Saint-Pierre.

Les signatures les plus fréquentes dans les registres paroissiaux sont, à cette époque : Antoine Gouny, Bouscarrut, le meunier ; Peroa, le notaire ; Sarraut, le chirurgien ; Napias, le prévôt ; Lasserre, le syndic ; Jacques Lagunegrand qui habitait le bourg ; Arnaud Poulet, laboureur ; Élies, le meunier ; Pierre, marchand, et Guilhem, laboureur, et enfin, Me Léonard Labat.

Ce Léonard Labat est procureur d'office d'Agassac et sa femme est Marie Fau. Il est, en 1739, juge de Saint-Aubin et, ensuite, premier huissier à la Monnaie de Bordeaux, mais il conserva toujours son poste à Agassac. Il décéda le 29 décembre 1745 et fut inhumé dans l'église.

1734. Le 11 novembre, Messire Pierre Antoine d'Arche signe pour la première fois dans une délibération de la Confrérie de la Charité, inscrite sur le livre de la fabrique de Ludon.

Le 6 juillet, Messire Jean François de Lavaud, chevalier, président trésorier général au Bureau des finances de Guyenne, donne sa requête en plainte devant la juridiction d'Agassac, contre Maurice Jeantet, dit Béliche, laboureur, pour avoir été le dit J... surpris à faire pacager ses bœufs dans les prairies du sieur de Lavaud, au lieu des Clauzeaux. Sa plainte fut suivie d'une information sur laquelle le dit Jeantet fut décrété de prize de corps. Voulant éviter les frais de contrainte, ce dernier se rendit volontairement prisonnier dans les prisons de la juridiction d'Agassac et fit intervenir plusieurs personnes de condition pour obtenir sa grâce, à quoi le sieur Lavaud voulut bien adhérer. Mais Jeantet dut payer tous les frais, plus trente livres qui furent remises, savoir : quinze livres aux sœurs grises de la Charité de Ludon, pour être distribuées aux pauvres, et pareille somme au syndic de la confrérie du Très-Saint- Sacrement, établie dans l'église de Ludon (actes Péroa).

On ignore à quelle époque le seigneur de Durfort-Boissière avait acquis Cazalet ; il semble, d'ailleurs, qu'il n'a jamais séjourné à Ludon.

1739. Le 18 octobre, Jean François de Cercelier, second capitaine de vaisseau, natif de Brest, est ensevely dans l'église. La famille de Cercelier habitait dans la palu de Ludon.

Le 24 octobre, est parrain dans un baptême Me Jean Lemoine, avocat au Parlement ; marraine, Demoiselle Françoise Fau, sa femme. Me Lemoine venait d'acheter la maison bâtie par les Dodin au siècle précédent et qui porte encore son nom.

1740. Le 10 mai, décéda M. Dominique Péroa, notaire royal à Ludon, âgé de 49 ans, et fut ensevely dans l'église. Son fils Pierre lui succéda.

Le 30 juillet, Arnaud Pontet, laboureur, habitant au lieu de Bizaudun, a emprunté 90 livres à M. Pierre Couleau, lieutenant de la Juridiction de Saint-Seurin lès Bordeaux. M. Couleau habitait la maison de Bizaudun.

Le 28 novembre, décéda Me Jean Brunet, curé de Ludon, après minuit, âgé d'environ 52 ans et fut inhumé dans l'église. Le curé Daunis lui succéda.

Le 17 novembre, Messire Pierre de Villeneuve, co-seigneur de Cantemerle, âgé d'environ 84 ans, décéda et fut inhumé dans l'église de Ludon.

1743. Le 18 janvier, Messieur Jean François Arnaud Martin de La Colonie, conseiller au Parlement, signe à un mariage. M. de La Colonie est le beau-frère de Messire Pierre Anthoine d'Arche.

1745. Le 3 janvier, décéda Messire Pierre Joseph de Pomies, seigneur d'Agassac, âgé d'environ cinquante ans, et a été inhumé dans l'église de Ludon, en présence de tous les curés des paroisses voisines.

Le 2 octobre, Jérôme Lorrillard, chirurgien, signe pour un baptême. Il avait remplacé le chirurgien Sarraut qui avait quitté la paroisse. Ce Lorrillard semble avoir très bien réussi à Ludon. Au baptême de son premier enfant, né à Ludon le 1er avril 1754, fut parrain Messire Joseph de Pomies, seigneur d'Agassac ; marraine, demoiselle Marie Videau, veuve du sieur Péroa. Présent : Pierre Péroa, notaire ; Anthoine Sarrazin, garçon chirurgien.

À la route la plus ancienne pour accéder à Bordeaux, celle de Saintes à Blaye, que relayait la voie d'eau de la Gironde et de la Gironde, s'ajouta, vers 1745 seulement, la route des postes par Poitiers, Angoulême, Barbezieux, mise en état par Tourny, et qui aboutissait à Saint-André-de-Cubzac où il fallait passer la Dordogne par bac pour aboutir au passage de Lormont ou au « Trajeyt » de La Bastide. Ces difficultés ne disparaîtront qu'au XIXème siècle par la construction du pont de Pierre et l'ouverture de l'avenue Thiers (1822-1830) et par celle des ponts de Saint-André-de-Cubzac (1839 et 1883).

1748. Mariage de M. Étienne Brethous, avocat au Parlement de Bordeaux, avec demoiselle Marie de Cercelier, fille de M. Adrien de Cercelier, directeur général des vivres de la Marine, et de demoiselle Marguerite de Cercelier, dans la chapelle du prieuré de Sainte-Magdeleine de Gilet. M. Brethous habitait la propriété de l'Ermitage, dans la Palu.

1751. Le 26 septembre, Mathias Rondeau, fils à David Rondeau et à Marie Eyquem, a été baptisé dans l'église de Ludon, l'église de Parempuyre, dont le dit Rondeau est paroissien, étant interdite. L'église de Parempuyre resta interdite de mars 1751 à mars 1752, les offices religieux étaient célébrés dans l'église de Ludon.

Le 17 août, décéda M. François de Lavaud, âgé de 65 ans, dans sa maison de La Lagune, ancien trésorier de France au Bureau des finances et domaines du Roy, vivant, époux de dame Marie Videau, et fut inhumé dans l'église en présence de MM. les Curés de Pian, de Parempuyre, d'Arsac et de Macau.

1757. Le 11 mars, Me Jean Lemoine, avocat au Parlement de Bordeaux, époux de demoiselle Françoise Fau, habitant de Bordeaux, paroisse de Saint-Christophe, décéda dans sa maison de campagne et fut inhumé dans l'église.

Le 24 juin, décéda au Cap de Ramond un fils à Messire Dussaut, écuyer, jurat de la ville de Bordeaux, âgé d'environ vingt mois, et fut inhumé dans l'église.

Le 6 octobre, décéda Bernard Joseph Marie Alexis d'Arche, fils de Messire Pierre Antoine d'Arche, chevalier, seigneur de Virsac, et de dame Marie Jacquette de Loupès, âgé de deux ans et fut inhumé dans l'église.

1759. Le 14 août, décéda, dans la maison du prieuré de Gilet, M. Jacques Anglin, prêtre irlandais, aumônier du dit prieuré, et fut inhumé dans le cimetière de Ludon.

1760. Voici un exemple d'une plainte déposée devant le juge local qui remplaçait à cette époque le juge de paix. 3 mars. À M. le juge civil et criminel de la juridiction de Parampuyre Péroa. Remontre Messire Jean de Lamourous, co-seigneur hautjusticier de la terre et baronnie de Parrampuyre, dizant qu'il a pour garde chasse dans sa terre et seigneurie de Parrampuyre le nommé Jean Loumeu lequel le seigneur remontrant tient ainsy afin de veiller à la conservation de ses biens et à ce qui le regarde, et sur toutes choses à ce qu'il ne soit fait aucun dommage dans les dépendances de sa terre par le bétail d'autruy, il serait arrivé que le nommé Cassies, pasteur du bourdieu, et son parsonnier [membre d’une communauté], sans doute fâchés de voir l'exactitude du dit garde chasse à être surveillant aux intérêts du dit seigneur et que par là ils n'ont pas la liberté de faire paître leurs brebis dans les possessions du dit seigneur remontrant, se seraient avisés d'un dessein prémédité le deux du présent mois, environ quatre heures de soleil couchant d'aller au château de Parrampuyre, entrèrent dans la chambre du garde, le dit Gassies étant armé d'une aussipanne ou voIlant, disant en jurant et blasphémant qu'ils voulaient tuer le dit Loumeu garde. Celui-cy qui n'était pas heureusement pour lui dans sa chambre, qui était pour lors avec la manoeuvre à la vigne et en se retirant rencontra Gassies et son parsonnier dans la cour du château qui voulaient lui otter la vie, ce qu'ils auraient fait sans les personnes qui s'y trouvèrent bonheur pour le garde, que néanmoins le parsonnier de Gassies, nommé Saint-Martin, luy enleva la bandolière et se l'emporta. Ces deux particuliers ont tellement résolu et conçu le dessein de tuer le garde qui furent l'attendre le quatre de ce mois vers l'heure de midy au coin du bois qui l'auraient infailliblement tué s'il eût été averty de détourner son chemin et comme vu pareille action de la part de Gassies et Saint-Martin, son parsonnier, doit être regardée comme un assassin prémédité, vu vol de la bandolière et mépris des armes du seigneur remontrant qui mérite une punition sévère... le seigneur remontrant vous donne sa plainte afin qu'il vous plaise lui octroyer acte du bail d'icelle... offrant d'administrer témoins, requérant la jonction de son procureur d'office... et information faite, au procureur d'office communiquée, être pourvue de tel décret qu'il appartiendra, au surplus tenir le Loumeu garde sous la sauvegarde du Roy et de la justice et ferez bien.

1761. Le 1er juillet, en l'église Sainte-Eulalie de Bordeaux, mariage de Messire André Thimothée Isaac de Bacalan, chevalier, conseiller au Parlement, fils de Messire Joseph de Bacalan, chevalier, conseiller au Parlement, et de feu Marie de Brulz, avec Jeanne de Lavie, fille de Messire Jean Charles de Lavie, chevalier, baron de Nontron, marquis de Bourdeix, comte de Belhade, seigneur du Taillan, et de feu Fr. Degua. M. de Lavie, président honoraire au Parlement, était un des hommes les plus distingués et les plus riches de Bordeaux. Il habitait une somptueuse demeure, le château du Taillan, qui appartient aujourd'hui à M. Henri Cruse.

1762. Le 11 février, mariage de M. Pierre Saubolle, maître en chirurgie, avec Jeanne Françoise Daunis, parente du curé de Ludon. M. Saubolle habitait, dans le bourg, la maison de la cure actuelle.

1770. Le 8 janvier, à la requête de dame Marie Adélaïde de Lavie, épouse séparée de biens de Messire Joseph Gabriel Raymond Sauvat de Pomies, président en la première chambre des Enquêtes du Parlement de Bordeaux, et dame baronne de la terre d'Agassac, maisons nobles de Peyre, Lamothe et autres lieux, habitante de la ville de Bordeaux en son hôtel, rue Judaïque (actuellement de Cheverus), paroisse Saint-Projet, nous Louis Domic, huissier audiencier au Sénéchal et Présidial, demeurant à Bordeaux, rue Permentade, paroisse Saint-Michel, signifions avoir bien et duement signifié à Raymond Lambert et à Raymond Cadusseau, laboureurs, habitant le village de Paloumey, paroisse de Ludon en Médoc, différentes reconnaissances remontant au siècle précédent, aux fins que les dits ne l'ignorent et en conséquence des susdites reconnaissances leur donnons assignation à comparaître en la Cour sénéchale de Guyenne pour se voir condamner d'exporler et reconnaître en faveur de la dite dame Lavie de Pomies de tout iceluy village de Paloumey, consistant en maisons, granges, courtieux, jardins, terres labourables, etc., ensemble de payer à la dite dame quatre deniers d'exporle à chaque mutation de seigneur ou de tenancier et trois livres tournois de vingt sols la livre, de cens et rente foncière directe, annuelle et perpétuelle, portées et rendues à chaque jour de Noël au château d'Agassac avec les arrérages d'icelles depuis vingt-neuf ans. En outre, la quantité de demi-boisseau et demi-quart de blé et autant de millet pour raison de padouent et padouentage assis sur tout le dit village, rendus et portés les dits blé et millet à chacun jour et fête de la Saint-Martin d'hiver au susdit château d'Agassac avec les arrérages d'iceux aussi depuis 29 ans. Sauf à déduire le payé s'il y en a. Ainsi, il y avait près de trente ans que ces anciens droits féodaux étaient tombés en désuétude. Tous les habitants ou propriétaires -de Paloumey, parmi lesquels Me Laurent Lalanne, avocat au Parlement ; Me Grelat, Me Constant, procureur au dit Parlement le sieur Saubole, maître-chirurgien, reçurent la même sommation. Nous ignorons ce qu'il advint de ce procès, mais il n'est que trop certain qu'il fut profondément maladroit, de la part de Mme de Pomies, de vouloir faire revivre ces coutumes d'un âge déjà périmé. Cette mesure suscita dans le pays un profond malaise qui ne devait faire que grandir jusqu'à l'exaspération. Mme de Pomies était appelée à s'en apercevoir avant de longues années.

Le 3 décembre, mariage de demoiselle Marie-Anne Lemoine, fille de feu Me Jean-Baptiste Lemoine, avocat, et de demoiselle Françoise Fau, demeurant à Bordeaux, rue des Bahutiers, et actuellement dans sa maison de campagne à Ludon, avec François Mondequerre, notaire royal à Pauillac.

1771. Démolition à Bordeaux de l'ancien archevêché adossé à la Cathédrale et construction du Palais Rohan par l'archevêque Mériadeck, prince de Rohan.

1772. D'après les renseignements fournis par le curé de Ludon sur sa paroisse à l'archevêque prince de Rohan, le nombre de communiants serait de 700, plus environ 400 enfants, ce qui porterait le nombre des habitants de Ludon à 1100.

Sur réquisition du sieur Saubolle, procureur d'office de la juridiction d'Agassac, nous, lieutenant de juge de la dite juridiction, avons taxé la livre de bœuf à treize sols, le veau et le mouton à quinze sols la livre, à la charge par le boucher de tenir sa boutique garnie de viande de bœuf, veau et mouton, de faire le poy et défense de vendre au delà. Signé Péroa. Ainsi, non seulement le boucher devait observer la taxe, mais on ne lui permettait pas de faire la mauvaise tête en fermant sa boutique.

1774. Le 19 janvier, mariage entre Pierre Guillaume de Conilhy, ancien conseiller au Parlement, fils de Jean Antoine François de Conilhy, écuyer, ancien conseiller en la Grand-Chambre, et de Françoise de Boyreau, et Marie-Louise Antoinette Delphine de La Colonie, fille de Jean François Eymard Martin de La Colonie, ancien conseiller au Parlement, et de Marie Finette d'Arche.

1777. Le 17 novembre, difficultés des habitants avec Mme de Pomies. Lettre de l'homme d'affaires de Mme de Pomies à M. Robert, second syndic des habitants de Ludon, mettant ces derniers en demeure de curer leur partie de fossés.

1778. Ordonnance royale interdisant d'enterrer dans les églises.

1779. Le 12 mars, décéda âgée de 70 ans la sœur Anne Boquet, fille de la Charité, supérieure dans cette paroisse où elle était depuis quarante ans et fut inhumée dans l'église. C'est la dernière personne enterrée dans l'église de Ludon.

Le 7 juin, un ouragan violent ravagea les moissons et les vignes des paroisses de Saint-Médard, Blanquefort et Ludon. « Plusieurs particuliers, et notamment M. Séguineau, possesseur de La Lagune, firent tailler la vigne tout de suite ; le bois poussa, murit et fut très bon pour tailler en novembre ensuite, et celui que l'on laissa tel que la grelle l'avait laissé ne valut absolument rien et fut privé de récolte deux ans » (note du curé).

Le 15 juin, baptême d'une fille à Jean Josué Grelat, capitaine aide-major des milices bourgeoises de Bordeaux, et de demoiselle Catherine Pontet. A signé, Messire de Séguineau, grand secrétaire.

Le 21 août, décéda Bernard Daunis, ancien curé de Ludon et ancien vicaire forain, et fut ensevely dans le cimetière.

Le 24 octobre, décéda M. Pierre Péroa, notaire royal, lieutenant de juge d'Agassac et juge de la foraine de Ludon. Il était, en effet, juge civil criminel et de police de la juridiction ès-baronnie de Parempuyre.

Le 28 novembre, visite de M. Charles Gaspard de Montdauphin, vicaire général de l'archevêché de Bordeaux, vu l'ordonnance de Mgr l'archevêque prince de Rohan. Reçu par M. Le Chevalier, curé ; chanté l'absoute au cimetière. Donné la bénédiction du Saint-Sacrement. Visité l'établissement des sœurs de la Charité, assisté des dames de Pomies, de Bacalan, Lemoine et Guilhem qui administrent les biens des pauvres. Ces derniers se multiplient. Il y a 45 familles pauvres. Un grand tiers sont sans pain trois mois de l'année : mars, avril, mai et une partie de juin. Il y a beaucoup de mendiants. Deux sœurs vont voir les malades, leur portent des médicaments et du bouillon. Il y a 776 livres de revenus pour subvenir aux besoins des pauvres.

1780. M. Saubolle, maitre en chirurgie, est nommé syndic de Ludon.

Le 7 avril, inauguration du Grand-Théâtre à Bordeaux.

Par ordonnance du 14 août 1780, l'intendant Dupré de Saint-Maur commit le sieur Capmartin, son subdélégué au département de Bordeaux, pour entendre les parties et dresser, avec l'aide de l'ingénieur du département, un détail et état estimatif des ouvrages nécessaires pour ledit desséchement.

Le 22 septembre 1780, à 7 heures du matin, le sieur Pierre Capmartin, parti de son domicile à Bordeaux en compagnie du sieur Brémontier, inspecteur des Ponts et Chaussées, et d'un greffier, se rendirent dans la paroisse de Ludon où ils ne purent arriver qu'à midi par la lenteur de leur voiture. Ils descendirent devant la porte de la maison de Jean Couny, charpentier de haute futaye, aubergiste au bourg de Ludon, et déclarèrent au sieur Saubolle, syndic, que, vu l'heure tarde, ils allaient prendre leur réfection et renvoyaient à trois heures de relevé dudit jour le transport sur les lieux contentieux. Le sieur Fauché, notaire royal, présenta la défense de Mme de Pomies. Cette affaire, qui semble avoir été démesurément grossie, n'eut pas de suites immédiates. Elle fut reprise en 1789 par de tout autres moyens.

1783. Acte curieux, dressé par Me Robert, notaire à Macau, à la requête du sieur Saubolle, maître en chirurgie, syndic de la communauté padouentaire de Ludon, publié par François Coutoula, sergent royal au Sénéchal et Siège présidial de Guyenne, résidant au bourg de Blanquefort - à l'issue de la messe paroissiale, comme le peuple sortait de l'église en foule de l'entendre - aux fins qu'il soit notoire. Cet acte rappelle la nomination de M. Saubolle comme syndic en 1780, époque où les habitants avaient un procès avec la dame O'Byrne à raison des communaux, procès qui se poursuit maintenant en la grande chambre de la Cour et qu'en raison de ses déboursés considérables le dit syndic s'est adressé aux habitants qui, en majeure partie, ont refusé de fournir de l'argent sans aucune raison légitime. C'est pourquoi le dit syndic les somme d'avoir, dans les trois jours après la connaissance qu'ils auront du présent acte, à lui porter dans sa maison au bourg de Ludon la somme de cinq cents livres pour parfournir aux frais qu'il convient de faire dans le dit procès, faute de quoy il leur déclare qu'en vertu des pouvoirs portés par le dit acte, il les y contraindra. Le syndicat des marais, cinquante ans plus tard, ne fera que réglementer ces anciennes coutumes.

1784. Le 24 février, décéda Messire de Séguineau, grand secrétaire, époux de demoiselle Bernard, et fut inhumé dans le cimetière.

Le 24 août, le baron d'Audebard de Férussac signe au mariage de demoiselle Magdelaine Robert avec M. Jean Angaut, de Bordeaux.

Acte par lequel est intervenu dame Catherine Marguerite Bernard, veuve de M. Pierre de Séguineau jeune, écuyer, conseiller secrétaire du roy, contrôleur en sa chancellerie près le Parlement de Guyenne, habitant à Bordeaux dans son hôtel sur les fossés du Chapeau-Rouge, paroisse Saint-Rémy, maintenant dans sa maison de La Lagune, paroisse de Ludon, qui possédait le barrail de La Bernarde comme compris dans la vente du bien et domaine de La Lagune qui fut consentie en faveur de M. de Séguineau par le sieur Rozier, le 30 août 1776, s'engage tant pour elle que pour les siens et ayant cause à l'avenir envers la dame Lalanne, trésorière des sœurs grises à Ludon, à payer et servir bien exactement la rente annuelle de six livres dont est grevé le susdit barrail de La Bernarde. La dame Lalanne habitait en sa maison noble de Maucamps, paroisse de Macau.

1785. A paru « Mémoire sur la culture des vignes de la Guyenne et sur les vins de cette province », par M. de Secondat, des Sociétés royales de Londres et de Berlin. Voici quelques lignes de cet ouvrage du grand Montesquieu, le premier vigneron de France : « Il y a beaucoup d'honnêtes gens en France qui cultivent des vignes à grands frais. La culture de la vigne est une manufacture fort utile au royaume de France. Un arpent de vignes de qualité médiocre occupe et nourrit un plus grand nombre d'hommes qu'un arpent employé à toute autre culture. C'est en partie ce qui fait fleurir la population de la France. Les royaumes et les états étrangers tirent, année commune, 65 000 tonneaux de vin de 900 et quelques pintes de Paris, par l'embouchure de la Gironde, sans compter beaucoup d'eau de vie. »

1786. Parmentier, qui avait continué à préconiser la culture de la pomme de terre, la présente au roi. Louis XVI autorisa Parmentier à cultiver la pomme de terre dans la plaine des Sablons. Celle-ci était depuis longtemps en usage en Allemagne.

Le 23 avril, mariage entre Bertrand d'Audebard de Ferrussac, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine au régiment de Forest, habitant de la paroisse de Ludon en Médoc, fils de feu Messire Simon d'Audebard de Ferrussac, ancien capitaine de Dragons, et de dame Catherine Jacquette Amelin, née Fau, et Demoiselle Claudine Thérèse Jeanne Martin de Vertamont, habitant ordinairement dans le couvent de Notre-Dame de Saint-Léonard, et native de la paroisse de Saint-Seurin de Bordeaux, fille de Messire Martial Léonard Martin de La Bastide, écuyer, seigneur de La Bastide, Boucherot et Vertamont, et de la dame Thérèse de Trompodon du Repaire (Extrait des registres de Sainte-Croix de Bordeaux, en copie à Ludon).

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p. 97-119.

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