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Les actes importants d'une vie au XVIIème siècle.

Les baptêmes. Cette religion dont l'homme des champs trouvait à chaque pas les signes présidait à tous les actes importants de sa vie. La population tout entière se mêle à ces événements. On assiste comme de nos jours aux mariages et aux enterrements, mais les baptêmes eux-mêmes donnent lieu à de véritables manifestations d'estime et d'amitié. Le seigneur d'Agassac et sa famille assistent constamment aux cérémonies ; ils sont très fréquemment parrains et marraines ou témoins de ceux qui vivent auprès d'eux et de leurs tenanciers ou serviteurs. Les magistrats, les chirurgiens, les amis notables, signent également aux registres. On retrouve toujours les mêmes signatures ; quelques exemples montreront combien la paroisse est unie. Jehan Dodin, fils de Guillaume Dodin, juge d'Agassac, baptisé le 27 novembre 1624, a comme parrain Jehan de Malleret, écuyer, et comme marraine Jehanne Lebrethon, épouse de Joseph de Pomies, seigneur d'Agassac. Au baptême de sa sœur, Françoise Dodin, le 13 mars 1630, on relève dix-neuf signatures, ce qui est énorme pour l'époque.

Estienne Lambert, baptisé le 3 février 1636, a comme parrain M. Estienne d'Aluit, juge de Cantemerle, et comme marraine, damoizelle Marie de Villeneuve.

Le 5 novembre 1640, le président Joseph de Pomies et damoizelle Jeanne de Pomies, son épouse, sont parrain et marraine de Joseph Lacostille, fils du chirurgien.

Pierre Delalande-Martin, baptisé le 1er juin 1662, a comme parrain M. Pierre de Pomies, fils aîné de M. de Pomies, seigneur et baron d'Agassac, et pour marraine Marguerite de Massiot, dame espouse du dit seigneur.

Les noms de baptême les plus en usage sont : Gaillardin, Matzelin, Guilhem, Pey, Gilles, pour les hommes ; Ysabeau, Naudine, Guillaumine, Jacquette, Nicole, et surtout Peyronne, pour les femmes.

Les mariages. Les mariages sont également très suivis. Le 28 avril 1648, Gilles Decomps, homme d'armes d'Agassac et chirurgien, natif de la paroisse et ville de Terraube, dans le diocèse de Lectoure, a espousé Jeanne Fau, en présence de M. Maistre François de Pomies, conseiller du roy en sa cour du Parlement et seigneur d'Agassac, et Jean de Pomies, écuyer, seigneur d'Angludet.

Le 10 juin 1656, Michel Cot, habitant de la paroisse de Macau, et Françoise Duprat ont reçu la bénédiction nuptiale en l'église de Ludon, après la publication canonique de trois bans au prosne de grand messe sans aucune opposition ni empêchement, en présence de M. de Pomies, baron d'Agassac ; de dame Marguerite de Massiot, son espouse ; de dame Jeanne Lebrethon, veuve de feu M. Joseph de Pomies ; de M. Jean Durand, notaire et lieutenant en la juridiction du dit Ludon, ainsi que des pères et mères et proches parents de la dite Duprat et du dit Cot.

Le 24 août 1682, sont témoins à un mariage François de Giraud, seigneur de Giscours, et Marie de Toyon, sa femme. Le mariage public n'était pas obligatoire en droit, mais, de fait, il semble l'avoir été, et il eût été difficile de s'y soustraire. Parfois, la publication canonique des trois bans était supprimée et les époux étaient pour ainsi dire mariés d'office aussi bien devant la justice que devant l'église.

Le 21 avril 1666, ont fiancé et en même temps reçu la bénédiction nuptiale, non sans avoir demandé pardon publiquement dans l'église paroissiale, un dimanche, à l'issue du prône, François Maynard et Marie Bertruc, tous deux au service de Guilhem Poumarède, dans la maison de Faucher, et ce jour avoir esté tous deux descouverts et trouvés in flagranti fornicationis delicto, en présence de M. Pierre Gineste, procureur d'office d'Agassac, M. François Seguin, notaire royal et greffier, Bernard Duprat, chirurgien. Comme on le voit, personne n'y manque, c'est une cérémonie presque officielle !

Les enterrements. Les funérailles attiraient toujours une grande affluence de parents et de voisins. Elles donnaient lieu aux démonstrations bruyantes des femmes qui se lamentaient d'une manière déchirante et poussaient sur la tombe « de tels cris et hurlements » que le clergé était obligé de les interdire. Isabeau Labarde du Taillan « cria si fort aux funérailles de son mari qu'elle en mourut », le 6 avril 1693.

On enterrait dans le cimetière autour de l'église ou dans l'église elle-même. La volonté du défunt d'être enterré dans l'église, dans un endroit qu'il indique et pour une somme fixée, est très souvent stipulée au début des testaments. C'était une habitude fort ancienne, remontant au XIIème siècle, et qui disparut à la fin du XVIIIème. À cette époque, il y eut des plaintes, les évêques protestèrent et la coutume fut abandonnée, sauf pour le seigneur du lieu et les ecclésiastiques. Enfin, une ordonnance royale du 6 septembre 1778 interdit les inhumations dans les églises. On se demande, en effet, comment pouvaient être prises les garanties d'hygiène suffisantes avec de pareils usages. Dans une petite église comme celle de Ludon, le nombre des sépultures est extraordinairement élevé. En dehors du seigneur, qui était enterré de droit dans le chœur, de même que les curés et les religieuses, nous trouvons que les particuliers pouvaient être enterrés dans l'église en conséquence de titres de sépultures accordés à leurs ancêtres, ou par permission de Mgr le Cardinal et de MM. les Vicaires généraux, ou même en payant au curé une redevance qui variait entre six et seize livres. On enterrait au-devant de l'église, sous le porche vis-à-vis de la chaire, proche le pilier du bénitier, sous la cloche, proche du crucifix, dans le chapiteau, sous le volet de l'église, en somme partout. Ainsi, les Fau étaient enterrés au-devant de l'autel de Notre-Dame, en vertu d'un titre qu'ils avaient obtenu du Cardinal de Sourdis ; les Dodin, proche de la chaire ; les d'Insartiague, devant l'autel de sainte Catherine ; Anthoine Seguin et les siens, sous le porche de l'église proche la grande porte ; Gilles Decomps et sa famille, au côté droit de l'autel de saint Blaise.

Enfin, on enterrait aussi quelquefois dans le cimetière du prieuré de Gilet, lorsqu'il était impossible de se rendre au bourg par suite de la difficulté des chemins.

Paul Duchesne, La chronique de Ludon en Médoc, Rousseau frères, Bordeaux, 1960, p.61-64.

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