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Souvenirs de l’établissement Saint-Michel.

L’institution des Petits Frères de Marie.

Le bâtiment, situé avenue du Général de Gaulle, a été construit sur des terrains achetés aux alentours de 1876 par le curé de Blanquefort, Froguier de l'Éguille, pour y installer une école d'enseignement catholique suite aux sollicitations de l'évêché de Bordeaux. La congrégation des Petits Frères de Marie, dont la maison mère se trouvait à Saint-Genès de Laval s'installe dans le pavillon central en rez-de-chaussée et dispense un enseignement réputé préparant notamment aux concours des grandes écoles (Arts et Métiers, Polytechnique...) En 1885, l'école accueille 150 élèves de Bordeaux et des environs et la visite dominicale des parents à leurs fils pensionnaires engendre chaque semaine beaucoup d'animation à Blanquefort. Au fil des années, les demandes d'admission augmentent et l'école s'agrandit avec l'acquisition de la maison attenante à l'établissement. Les élèves externes y sont accueillis tandis que les internes demeurent dans le bâtiment principal. Toutefois, la loi de séparation de l'Église et de l'État oblige la congrégation à cesser ses activités en 1906 et la propriété est vendue en plusieurs lots.

De l'hôpital à l'hospice. En 1907, Madame Tastet-Girard rachète l'établissement et le lègue à la commune en 1909 afin de fonder un hospice pour les personnes âgées. Elle offre également la somme de 50 000 francs en dotation. L'établissement est d'abord utilisé comme hôpital auxiliaire pendant la première guerre mondiale. À la fin de la guerre, la commune, ne pouvant transformer l'établissement rapidement en hospice, le loue au maire de Bordeaux, Monsieur Marquet, qui en fait une colonie de vacances.

Les religieuses du Bon Pasteur. En 1934, le souhait de Madame Tastet (décédée en 1926), prend forme avec l'arrivée des religieuses du Bon Pasteur. L'hospice est créé et permet aux personnes âgées, seules et sans ressources, de trouver un refuge pour finir leurs jours paisiblement. Parallèlement, une école ménagère accueillant une centaine de jeunes filles est créée en 1940. Elle est dirigée par Mère Marie-Estelle. En 1943, les lieux sont réquisitionnés par les Allemands. Les résidents et les sœurs doivent quitter les lieux qu'ils ne réintégreront qu'à l'issue de la guerre.

Le lycée d’enseignement professionnel. Depuis 1963, l'établissement est devenu un lycée d'enseignement professionnel sous contrat d'association avec l'État. En 1989, les résidents de la maison de retraite (l'hospice a, entre temps, été transformé en maison de retraite) ont déménagé dans des locaux neufs (les Vergers du Coteau) et l'école a développé et diversifié ses sections d'enseignement.

La Maison Saint-Michel et ses occupants ont toujours tenu une place importante dans la vie de la commune comme en témoigne les souvenirs recueillis dans l'ouvrage « Je me souviens de Blanquefort » édité par la ville et le Castor Astral en 2004. « Je me souviens de sœur Estelle. On aurait dit qu'elle marchait sur les nuages ». « Je me souviens des religieuses du Bon Pasteur qui s'occupaient des personnes âgées à la maison Saint-Michel ». « Je me souviens qu'à Saint-Michel, il y avait une école ménagère et une maison de retraite. Pendant la guerre, on apprenait à faire la cuisine avec des navets et des rutabagas ».

Les Tastet-Girard : des bienfaiteurs pour Blanquefort.

Les époux Gustave Tastet (1845-1898) et Jeanne Girard (1844-1926) partageaient leur temps entre Bordeaux et Blanquefort dans leur propriété, le château Maurian. À la mort de son mari, Madame Tastet lègue à la commune de Blanquefort la Maison Saint-Michel. Elle dote également les hospices civils de Bordeaux, qui créent l'hôpital Tastet-Girard rattaché aujourd'hui à l'hôpital Pellegrin. Dans cette donation, Madame Tastet-Girard n'avait pas oublié Blanquefort et 4 lits (2 pour les hommes et 2 pour les femmes) étaient réservés aux Blanquefortais malades et sans ressources.

La statue de l'archange Saint-Michel, emblème de l'établissement, a été inaugurée le 29 septembre 1889, jour de la Saint-Michel, par la congrégation des Petits Frères de Marie. Elle a été créée par la fonderie bordelaise Dormoy. Cette statue a connu bien des péripéties et a été retirée plusieurs fois de sa niche (après le vote de la loi de 1905, lors de l'utilisation du bâtiment en tant que colonie de vacances). Cette manœuvre qui nécessitait à chaque fois le concours des sapeurs pompiers de Bordeaux a ému bien des Blanquefortais dont Raymond Valet qui rapporte, dans ses « Feuillets d'une mémoire » son indignation auprès du délégué de l'architecture de la ville de Bordeaux : « S'il vous effraie, il fallait le cacher ! Vous l'avez descendu, prenez en soin, vous le remonterez... »

Sources : Raymond Valet, « Feuillets d'une mémoire », Publications du GA.H.BLE, « Je me souviens de Blanquefort », Castor Astral, 2004, Archives municipales.

Équinoxes et Solstices, septembre 2008, n° 30, p. 28-29. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

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