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Caychac, un village spécifique.

Il s’agit sans conteste le plus important des hameaux de Blanquefort, véritable village au nord du territoire communal, il forme le seul pôle urbain de cette zone depuis le XVIIIème siècle. La carte de Belleyme situe « Quaychac » au niveau du domaine de Campot tandis qu'elle montre une chapelle au carrefour de deux chemins à Saint-Ahon qui est en réalité le cœur du hameau. Cette erreur est rectifiée dans le cadastre de 1806 qui situe correctement le « village de Kechac » et les emplacements des domaines Campot et de Saint-Ahon même s'ils ne mentionnent pas leur nom.

Texte issu du document : Blanquefort, structure urbaine et paysagère de la commune à travers l’histoire, association Pétronille, patrimoine et découverte, 1 place Lucien Victor Meunier, Bordeaux.

En 1940, le bourg avec 1137 habitants représente 43 % de la population, Cachac et ses 313 personnes 12 % et l’ensemble des 13 autres villages 45 %, soit 1184 personnes ; ces autres villages vont de 143 à 22, une moyenne 90 habitants. Mais si l’on ajoute à Cachac, les villages voisins de Peybois 136 habitants, du Neurin 22, de Linas 143 et de la Rivière 118, on arrive à 732 habitants, soit 28 % de la commune.

Caychac, séparatiste.

« La tradition et l'histoire locale rapportent que Caychac a toujours nourri des idées séparatistes. En 1791, ce village voulait sans doute vivre sa propre vie, mais ne put renoncer cependant à tout commerce avec Blanquefort. Par les temps pluvieux, les communications étaient rompues aux « palanques [obstacle constitué de planches superposées] qui arrêtaient près de Saint-Ahon les habitants de Caychac et les privaient de toutes communications avec le bourg ». En réponse aux plaintes formulées, la municipalité déclara que « bien que les grandes routes soient sous la direction du département, elle ordonnait aux habitants de Caychac de réparer le plus tôt possible la Palanque, en portant la grave nécessaire pour former un sentier le long du chemin, en élevant aussi le pont pour laisser aux eaux un cours plus libre, enfin en piquetant le côté du sentier ».

Guy Dabadie, Blanquefort et sa région à travers les siècles, Imprimerie Samie, Bordeaux, 1952, p. 94.

L’identité de chacun des villages de Blanquefort s’est affirmée de façon plus ou moins forte dans l’histoire, mais elle était souvent revendiquée, Caychac en particulier. En 1940, les gens de La Rivière vont naturellement à Caychac, mais rarement au bourg de Blanquefort. Les femmes tondues à Caychac en 1945 seront promenées en charrette jusqu’à La Rivière mais pas au bourg ; les écoles et l’église de Caychac ont aussi isolé des générations d’enfants et de jeunes. L’identité des villages est restée longtemps très forte. On était de Caychac et pas d’ailleurs ; longtemps, cette partie de Blanquefort a rêvé d’indépendance, et on retrouve ancrée dans les familles cette notion d’appartenance. « À Caychac, ceux de Blanquefort ne pouvaient pas nous voir ; pourtant, on faisait des fêtes plus qu’eux, le carnaval... ils nous traitaient de paysans, il y avait beaucoup de fermes, les scieries de Jacquin… »    

« Il faut dire qu’à Caychac, nous étions soudés contre le bourg de Blanquefort, et ça depuis bien longtemps, c’était une vieille rivalité qui datait de nos parents ».

Mais ailleurs aussi, on retrouve ce sentiment de vivre à l’intérieur d’un petit bout de terre… « À Galochet, nous vivions en cercle fermé, comme ceux de la Landille, ou de la Gravette ou du Bourg… Durant la guerre, la vie était tranquille, c’était le calme plat, on ne pouvait pas sortir ».

Rappelons qu’en effet l’église Saint-Joseph de Cachac a été créée de toute pièce, un peu après le milieu du XIXème siècle, afin de répondre aux vœux – et grâce aux dons – des habitants du village de Cachac qui étaient privés de lieux de culte depuis la destruction de la chapelle Saint-Ahon. Elle fut construite en 1867-1868, en style néogothique. À la suite de diverses démarches et d'une pétition signée en 1870 par de nombreux fidèles, M. le Préfet demande par lettre, en février 1870, l’avis du conseil au sujet d’une pétition qu’elle accompagne signée d’une partie des habitants du nord de la commune et comprenant les villages de Cachac, Peybois, la Rivière et Linas.

Ces habitants demandent l’érection d’une paroisse sur le territoire des dits villages suivant les indications du tracé du plan qui est joint au dossier. Les pétitionnaires se fondent sur l’éloignement où ils se trouvent de l’église paroissiale du bourg de Blanquefort et des difficultés qu’ils en éprouvent pour se rendre aux exercices du culte, difficultés, qui pour les femmes, les vieillards et les enfants, deviennent insurmontables par les temps rigoureux. Ils exposent en outre qu’ils ont fait construire une église et qu’ils s’imposeront des sacrifices pour la construction d’un presbytère et pour pourvoir la nouvelle paroisse de tous les objets nécessaires au culte, sans rien demander à la caisse communale.

Un membre du conseil s’oppose au projet en argumentant sur le risque d’une scission de la commune comme cela s’est passé au Haillan qui s’est coupé de Saint-Médard. Le conseil délibère et donne un avis favorable à l’érection d’une paroisse à Cachac en reprenant la demande de la pétition, Cachac devint une « paroisse succursale de Blanquefort » en 1872 ; auparavant elle était desservie par le vicaire du Taillan-Médoc. Joseph Raby, alors vicaire de Blanquefort et initiateur du projet, en devint le premier curé ; il mourut le 27 octobre 1914, à l'âge de 80 ans, comme le rappelle son tombeau surmonté d'une grande croix dans le cimetière de Blanquefort. Une rue proche de l’église de Caychac porte son nom.

 

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