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Portrait de Pierre Baudinière.

Il a déjà passé plus d'un demi-siècle entre vignes et chais. Il partage sa passion et ses souvenirs : Vigneron dans l’âme.

Au nord de Caychac, proche du domaine de Tanaïs, s'élève une petite chartreuse construite à la fin du XIXème siècle : le château Grand-Clapeau-Olivier, édifié dans le style classique bordelais du XVIIIème siècle. Ses propriétaires successifs ont ajouté diverses constructions reflétant l'évolution de son exploitation. Aujourd'hui, c'est Pierre Baudinière qui réside dans ce lieu - acheté en 1924 par son grand-père, retraité des Chemins de fer - où il est né il y a quelque soixante-dix années. Il y a passé son enfance avec ses parents et sa tante, Gabrielle Vergier, institutrice bien connue à Caychac, dont l'école porte le nom. Cette tante, décédée presque centenaire, refusant le progrès, allait tous les jours à l'école à pied depuis le Grand-Clapeau, aujourd'hui domaine de 150 hectares dont 37 hectares plantés en merlot et cabernet-sauvignon. Elle menait une vie saine, comme celle de Pierre Baudinière, homme discret mais qui mérite d'être connu ! La passion de Pierre Baudinière, c'est le vin, mais attention !

« Il faut bien s'occuper de la vigne, à laquelle on applique une lutte raisonnée, si l'on veut avoir un beau raisin et une vendange saine et bien mûre ! Comme cette année 2007, millésime miraculé du fait du beau temps de septembre. » Effectivement, le breuvage est déjà bon, équilibré, rond..., au goût prononcé de fruits rouges cassis-framboise, prêt à partir faire un séjour en fûts de chêne. Parions qu'il pourrait ressembler au 2005 ! Il faut dire que le maître des lieux consacre tout son temps et son énergie à l'élevage de son cru bourgeois Haut-Médoc, qu'il commercialise par l'intermédiaire de trois négociants de la place de Bordeaux. Indiscrétion : on sait qu'une partie de la récolte vient de partir vers la Suisse en vue des fêtes de fin d'année. Inutile de dire qu'en cinquante ans, la viticulture a bien changé.

Pierre Baudinière en témoigne ici : « Dans le temps, on travaillait avec des chevaux parce que les vignes étaient étroites. Elles ont ensuite été adaptées, dans les années 60, aux tracteurs enjambeurs, avant l'arrivée de la machine à vendanger dès 1982, grâce à la création de la Cuma avec le lycée agricole tout proche - autrefois école d'agriculture que j'ai fréquentée. J'ai toujours aimé le travail de la terre. Alors, après un service militaire dans le train, avec classes à Tanaïs et « séjour » en Algérie, j'ai repris la terre aux côtés de mon père. Avant, les vendanges étaient manuelles avec une main-d’œuvre locale qui venait se faire une pièce et s'amuser.

Au fil des ans, les choses se sont gâtées et, aujourd'hui, il n'y a plus de vendangeurs sérieux, pénurie d'ouvriers agricoles en général d'ailleurs. J'ai quatre employés, mais impossible d'en trouver plus. Les stagiaires, c'est pareil, il y en a un ou deux valables sur une dizaine d'essais ! ». Autre changement notoire dont peut témoigner le viticulteur : « Dans les deux dernières années, nous avons connu beaucoup plus de tracasseries administratives que durant les deux dernières décennies. Il faut remplir des registres et encore des registres... C'est la traçabilité ! Mais c'est lourd, en plus du travail de terrain. » Quant à l'avenir de la vigne à Bordeaux : « Pas de problème, Bordeaux restera toujours Bordeaux, connu dans le monde entier, même si la concurrence des pays émergents est forte. Ils ont des coûts plus bas que les nôtres. Il faut dire aussi qu'il y a une reprise chez nous cette année, parce que les récoltes agricoles et viticoles mondiales ont été mauvaises.» Enfin, quid de la propriété du Grand-Clapeau ? Il faudra aller chercher la réponse du côté des deux filles de Pierre Baudinière... À moins qu'il ne la trouve en méditant sur les eaux du bassin d'Arcachon, son grand plaisir après la vigne.

Article du journal Sud-ouest du 2 janvier 2008, Marie-Françoise Jay.

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