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Histoire des châteaux du domaine de Cantemerle.

Avant d'être un célèbre cru classé du Haut-Médoc, Cantemerle était une forteresse mentionnée dés le début du Moyen-âge. Aujourd'hui, malheureusement, il n'en reste que quatre murs entourés d'une végétation importante entre le chemin de fer de la ligne Bordeaux-Soulac et les vignes du domaine.

Des origines au XVIème siècle.

Au Moyen âge, le château Cantemerle, siège de la juridiction du même nom, se trouvait prés du petit port sur la Garonne et faisait partie de la ligne de fortifications qui défendait les rives du Médoc (un boulet de canon a été d'ailleurs retrouvé lors de prospections de surface par les membres de l'association Thesaurus, il se trouve exposé dans les vitrines du château), à environ un kilomètre de l'actuel château construit dans l'intérieur des terres, sur l'emplacement d'une forteresse appelée Sauves, qui dépendait de Cantemerle, dont subsiste encore une échauguette datant du XVème siècle (guérite de pierre placée en encorbellement sur une muraille fortifiée au sommet d'une tour) et une des tourelles, datant du XVIème siècle. La Baronnie de Cantemerle, rivale de celle d'Agassac, étendait ses droits féodaux sur divers fiefs, paroisses et repaires nobles. Durant les XIIIème et XIVème siècle, les puissants sires de Blanquefort s'unirent à leurs vastes possessions. En 1579, un haut magistrat, Jehan de Villeneuve, acquit cette terre seigneuriale qu'il transmit à ses héritiers. Les Villeneuve ont conservé ce domaine de plus de 340 hectares englobant les communes de Macau, Ludon et le Pian durant plus de trois siècles. Dès le XIIème siècle, on trouve le nom des seigneurs de Cantemerle, vassaux guerriers du roi d'Angleterre. Ponset de Cantemerle, chevalier, en était seigneur en 1241. Il fut appelé par Henry III roi d'Angleterre de 1216 à 1272, à se rendre à la bataille de Taillebourg en Saintonge, qu'il perdit contre Saint-Louis (ou Louis IX) en 1242. Ponset de Cantemerle était propriétaire de la seigneurie en 1340. Les premières traces de production viticole sur le domaine ont été trouvées en 1354 : le seigneur de Cantemerle payait la dîme des vins avec un tonneau de clairet.

Au XVème siècle, la seigneurie de Cantemerle appartenait à la famille de Caupène, originaire des Landes. Suivant un titre de 1422, Jean de Caupène, damoiseau, est qualifié seigneur de Cantemerle. Son fils, Médard de Caupène, fut seigneur à son tour jusqu'à la fin du XVème siècle. L'armorial de Bordeaux nous apprend, qu'au cours de ce siècle, une alliance a eu lieu entre les familles de Caupène et de la Rocque. En effet, Jeanne de Caupène épousa Henry de la Rocque et leur fils Charles, écuyer, devint seigneur de Cantemerle au début du XVIème siècle et se maria à Isabeau de Lanes. Un titre de 1536 montre que Jean de la Rocque, écuyer, seigneur du Gua, l'était aussi de Cantemerle. Les archives historiques de la Gironde nous indiquent qu'en 1540, Jehan de la Rocque tient la maison noble de Cantemerle, juridiction de Blanquefort et recevait par l'impôt soixante francs bordelais de rente en deniers, environ cinq ou six barriques de vin d'agrière (l'agrière était une redevance féodale en nature qui représentait en Médoc 1/5 ou 1/6 de la récolte de vin des tenanciers). L'armorial de Bordeaux précise que la famille De Geoffre était à la tête de Cantemerle au XVIème siècle. Le 20 août 1579, François De Geoffre vendit les maisons nobles de Cantemerle, la Raze et Mestérieu, avec leurs dépendances à Jean de Villeneuve, second président du Parlement de Bordeaux pour 12 500 livres, soit 1 466 écus et deux tiers d'écu.

1579-1892 : les Villeneuve de Dufort.

Jean de Villeneuve, seigneur en pays Toulousain, en Agenais, de Cantemerle, Macau, Ludon-Dehors et autres places en Guyenne, épousa Antoinette de Dufort, de la maison Duras et de Blanquefort. C'est par cette alliance que, depuis l'an 1600, les Villeneuve de Cantemerle se sont appelés Villeneuve de Dufort. Ce changement de propriétaire fit apparaître un nouveau mode de faire-valoir qui commençait à se développer dans le Médoc viticole. Le domaine de Cantemerle ne fut plus soumis à une gestion seigneuriale médiévale qui lui imposait cens et agrières mais géré directement par le seigneur par un bail à métayage, ce qui permit au vignoble de se développer grâce aux capitaux investis. Au XVIIème siècle, la juridiction de Cantemerle s'étendait sur un grand nombre de maisons nobles et notamment sur celles de Gironville, Maucamp et Sauves. En 1643, Sauves était habitée par Hector de Villeneuve, frère de Louis alors seigneur de Cantemerle. C'est à Sauves, aujourd'hui rebaptisée Cantemerle, que le seigneur faisait porter sa vendange. Après la ruine de l'ancien château de Cantemerle, Sauves devint la résidence des barons de Villeneuve et le chef-lieu de leur juridiction. Les archives ecclésiastiques de la Gironde, nous apprennent qu'en 1654, Louis de Villeneuve, seigneur de Cantemerle, encourut l'excommunication « pour avoir commis grand scandale dans l'église de Macau et troublé le service divin ». Il avait enlevé la sœur de Pierre de Lacornière, écuyer et seigneur de Gironville et l'avait battue dans l'église. Pierre de Villeneuve, époux de Marie-Anne de Loupes, était seigneur de Macau et co-seigneur de Cantemerle en 1698. En 1713, il eut des démêlés violents avec le vicaire perpétuel de la paroisse de Macau et il mourut en 1742. Un autre Villeneuve, conseiller au Parlement, remplaça Pierre, avant l'arrivée à la tête du domaine de son fils, Joseph-Emanuel de Villeneuve de Dufort, chevalier. C'est ce dernier qui comparut, en1789, à l'assemblée de la noblesse et fut le dernier baron de Macau. À la mort de Joseph-Emmanuel de Villeneuve, Mme d'Abbadie hérita de Cantemerle. En 1841, elle fut rejointe par Fleuret-Jean-Bastide, comte de Lavergne (né le 23 décembre 1807). Il fut pionnier, en 1852, dans la lutte contre l'oïdium : les premiers essais de soufrage de la vigne ont été réalisés au château de Sauves. Il fut récompensé de son zèle par plusieurs médailles et par un prix de l'académie de Bordeaux.

Malgré son passé historique, le domaine de Cantemerle n'en reste pas moins un château d'un grand vin du Médoc. En 1858, le plantier de Cantemerle comptait 91 hectares : une partie des vignes était située dans Ludon et joignait celles de la Lagune, les autres occupaient les plus belles hauteurs de Macau. La production annuelle était de 160 tonneaux de premier vin et 30 tonneaux de second vin. Soit un rendement par hectare d'environ 19 hectolitres, relativement faible par rapport à la productivité actuelle. En 1866, la partie de la propriété consacrée à la vigne était d'un seul tenant de 110 hectares (sur les 400 que compte le domaine) qui produisait en moyenne 150 à 160 tonneaux de premier vin et 50 à 60 de second vin. En 1892, les héritiers de la dernière Villeneuve, Jeanne Armande, baronne Charles d'Abbadie, vendirent Cantemerle à la famille Dubos, mettant ainsi fin à plus de trois siècles de règne des Villeneuve de Dufort.

1892-1981 : les Dubos.

Théophile-Jean Dubos, époux de Charlotte Delbos, reprit en 1892 le domaine, avec l'aide de ses deux fils Pierre et Bernard.

Le Médoc sous l'occupation. Le domaine de Cantemerle n'a pas été épargné par l'occupation, plus particulièrement l'ancien château et ses pourtours, qui auraient abrité un camp de prisonniers (travailleurs forcés). Ce camp était sous l'égide de l'organisation TODT, l'immense organisme gouvernemental allemand chargé de diriger en France sous l’occupation, les opérations de construction et de travaux publics utiles à l'occupant et en particulier pour notre région à la construction de la base sous-marine de Bordeaux. Il n'en reste aujourd'hui qu'une vague infrastructure autour d'une lagune construite également par les Allemands pour y extraire la grave nécessaire à la construction d'un quai ferroviaire d'embarquement. Ce camp aurait été en activité de 1942 à 1945. Par chance, le château actuel de Cantemerle n'a pas été occupé par les officiers allemands par manque de commodité (les chambres ne possédaient pas l'eau courante).

Thesaurus. Des rêveurs de l'histoire qui retrouvent les traces du passé.

L'histoire pourrait s'arrêter là, si l'association Thesaurus n'avait pas eu un jour l'idée de faire une campagne de prospection de surface sur les zones viticoles du château. Au cours de leurs 18 mois de prospections (les dimanches matin seulement), ils ont découvert, sous le fait de travailler et retravailler cette terre ce que l'on appelle en archéologie des « remontées ». Du mobilier trouvé parfois à même le sol a été identifié et répertorié de manière à ce que l'on puisse connaître l'emplacement exact des vestiges. Ces vestiges sont dans la plupart des cas, des monnaies de toutes époques avec notamment des restes de fonderie de bronze, des monnaies romaines et objets de mêmes époques attestant un riche passé sur ce domaine, correspondant à deux mille ans d'histoire et d'occupation continue. Tout ce mobilier est exposé par ordre chronologique dans quatre vitrines dans la salle de dégustation du château et peut être visité sur simple demande. Château Cantemerle, route de Pauillac 33460 Macau.

Rêveurs de l'histoire : contact Georges Béduchaud 05.56.73.70.52.ou 06.66.67.51.39.

Sources : Archives ecclésiastiques de la Gironde. Archives historiques de la Gironde. H. Ribadieu, les châteaux de la Gironde, 1856.Malvezin, Bordeaux, histoire de la vigne et du vin en Aquitaine depuis les origines jusqu'à nos jours, 1919. Archives privées du château Cantemerle (cahier des vendanges, 1892-1907). Informations sur la période de l'occupation : Monsieur Bertrand Clauzel. Archives de la résistance dans le Médoc (Centre Jean Moulin à Bordeaux). Revue Aquitaine Historique, Journal de l’Association Réseaux, novembre-décembre1999, n°43. Association Réseaux Tél 05 56 9811 74, 16, rue d'Artiguemale 33600 Pessac. Directeur de la Publication : Stéphane Rousseau.

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