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Joomla : Porte du Médoc

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Le passé protohistorique médocain.

Dans l'état actuel de nos informations, les traces les plus anciennes de l'occupation des sols par l'homme sur les communes de Macau et de Ludon remonteraient au l'Age du Néolithique (-5 000 avant J. C. à -2 000 avant J. C.). Cependant, le faible matériel lithique découvert, notamment sur les terres du château Cantemerle, ainsi que l'absence de sols argilo-calcaires propices à la culture des grains induisent que, durant cette période de la pierre polie le territoire de ces communes ne connut probablement pas une intense occupation des sols. Par contre, l'âge du Bronze serait mieux représenté dans le passé des sols de Cantemerle, car, récemment, au cours d'une prospection archéologique menée au détecteur de métaux par une association macaudaise, un lingot en cuivre en forme de hache plate, la partie centrale d'une hache massive de bronze et une petite hache destinée au travail de finition du bois ont été mises à jour sur les terres du château Cantemerle ainsi que dans ses proches environs. Le fragment de la hache massive devait être en attente de refonte lors qu'elle fut inhumée, c'est pourquoi il est dommage que cette découverte ne fut pas associée à une fouille systématique des abords portant sur des objets non métalliques qui auraient peut-être pu permettre de comprendre partiellement le contexte historique de la découverte, nous donnant ainsi de plus amples renseignements sur la présence de l'homme sur les terres de Cantemerle, il y a trois millénaires et demi.

Selon Julia Roussot-Larroque, archéologue patentée, directeur de recherches au CNRS, très appréciée depuis plus de vingt ans parmi les bénévoles de la recherche archéologique, autant grâce à ses qualités de cœur que pour son immense savoir sur notre passé protohistorique, cette hache d'un poids originel d'un kilogramme environ et de 21 centimètres de long, dans son parfait état, pourrait appartenir à une hache de bronze de type ibérique. Ces proportions font de ce profil particulier de hache de bronze une géante parmi les autres haches découvertes couramment en Médoc. De plus, ce type de hache est très rare, Julia n'ayant eu connaissance que d'une dizaine de spécimens au cours de sa longue carrière. Autre fait exceptionnel, sa provenance, probablement la Galice, montrant qu'il existait un trafic maritime entre cette contrée et le Macaudais, en particulier, et le Médoc en général. Ce ne sont pas les découvertes de haches qui manquent en Médoc, mais les découvertes ont porté principalement sur la production bronzière locale, les fameuses haches médocaines, type « médocaine » I ou II, à rails latéraux, dont la fabrication remonterait à l'âge du Bronze Moyen (vers -1500 avant J. C.).

Compte tenu de l'intensité des campagnes de recherches entreprises au détecteur, cette période de l'âge du Bronze est cependant représentée d'une façon marginale dans les objets exhumés récemment à Cantemerle, sous réserves que l'ensemble du matériel ait été inventorié et restitué. Cette relativement faible représentation de cette civilisation du Bronze Atlantique se compare à celle de Margaux, où deux haches de bronze, seulement, ont été découvertes, alors que les caches de bronziers des environs de Pauillac, de Saint Germain-d'Esteuil et du Bas-Médoc comptaient parfois plusieurs dizaines de haches encore vierges d'utilisation, signe d'une florissante industrie.

Largement exportée, la production des bronziers médocains, principalement des haches, laissa de nombreux indices de sa présence par une succession de découvertes faites depuis le début du XIXème siècle, principalement au cours de labourages profonds pour planter en vignes. Caches de bronziers, dépôts votifs, offrandes contenues dans les nombreux tumulus du Médoc ou objets isolés se retrouvent ainsi depuis des siècles en Médoc, surtout vers la Pointe du Médoc et dans le triangle Saint-Julien/Saint-Estèphe/Saint-Laurent, avec pour centre, Pauillac, qui disposait alors d'une gigantesque nécropole d'une vingtaine de tumulus, ou cairns, au lieu dit les Carruades (nous retrouvons partiellement le mot cairn dans Carruades), situées sur les arrières du château Lafite.

Étude historique du terroir du château Cantemerle, Grand cru classé en 1855, Jean-Pierre Salles, avril 2003, 208 pages, Société Albedo, Gaillan-en-Médoc, p. 10.

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