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L’origine de la vocation viticole de Bordeaux et du Médoc.

Avant de rencontrer le premier « Age d'Or » des vins de notre Pays, résumons l'épopée médiévale de cette terre qui deviendra le grand Terroir des vins de Bordeaux plusieurs siècles plus tard, supplantant alors le vignoble citadin de cette « bonne ville (= ville fortifiée) de Bordeus » de l'époque médiévale. Nourri de cette paix relative durant les temps obscurs du haut Moyen-âge, le développement du Bordeaux médiéval et de son vignoble citadin s'inscrivit, sans hiatus, dans le sillage de sonantique cité de droit romain, Burdigala, devenue patrie du droit et du vin, au Vème siècle avec Ausone, et l'aristocratie de son temps, bien avant la fin de l'Empire Romain. L'histoire devait les faire fructifier à merveille pour asseoir Bordeaux comme cité de la primauté du droit, grâce à la puissance politique de son Parlement, origine de la richesse de ses parlementaires, et comme patrie du grand vin, porté aux sommets en Médoc, comme en Pays de Graves et de Sauternes. La science des vins des anciens s'étant en partie perdue dans la « nuit des temps mérovingienne », le vignoble bordelais de l'époque médiévale, discontinu et d'extension réduite, ne produisait plus que du « Claret », vin nouveau, fort prisé par les Britanniques, ainsi que des vins blancs concentrés, plutôt appréciés par les Cités Hanséatiques. Les secrets des vins de garde, parfois centenaires, consommés par les anciens, s'étaient perdus, car ces vins antiques étaient fort éloignés du goût et de la structure des vins nouveaux de l'âge médiéval.

Ces vins médiévaux perdaient plus de la moitié de leur valeur d'une année sur l'autre et étaient peu enclins au voyage, sauf pour les vins de palus, acides et alcooleux, et les vins blancs liquoreux. Les vins de palus, « roulés en mer » pour les « attendrir », étaient les vins rouges qui tenaient le mieux l'épreuve du temps. De tout temps, signe de raffinement et de richesse, le vin, doté de vertus thérapeutiques depuis l'antiquité, allait bénéficier du retour de la prospérité postérieur à l'an mil, période d'abondance et de croissance largement méritée après les dures épreuves que furent, pour le Médoc et Bordeaux, les invasions à répétition des Vikings (rois, «kings », de la mer, «vi »), au cours du IXème siècle.

La culture de la vigne devait alors sortir des enceintes des sanctuaires et des monastères pour se répandre autour de toutes les grandes cités de la chrétienté. Depuis le déclin de l'Empire Romain, l'Église avait su préserver une partie du savoir-faire des anciens vignerons, cependant, les vins du Moyen-âge n'étaient plus propres à la grande garde, comme leurs illustres prédécesseurs romains, les Faleme, les Chio, ou les vins de Campanie, vins préférés des Césars et des Augustes. Rien ne nous interdit de penser que, à l'ombre des quatre croix de la sauveté de Macau et autour du Prieuré des Jalets de Ludon, la vigne se développa avec la montée du repeuplement de ces paroisses dévastées autour de l'An Mil. Il existe quelques pistes qui peuvent nous conforter dans l'idée que les vignobles vivriers des grandes villas gallo-romaines du Médoc eurent pour filiation directe les vins d'Église des premiers sanctuaires du Médoc, car « il n'y a pas de messe sans vin ». Premier indice, l'Abbé Baurein nous certifiait, dans son ouvrage, que le Médoc fut la première terre chrétienne du diocèse de Bordeaux. Indice confirmé par le Grand Atlas Historique Hachette qui signale que le Médoc et le Pays de Buch furent des « régions fortement christianisées », avant le concile de Nicée de 325. Deuxième indice, les abords de la plupart des sanctuaires romans du Médoc, où la vigne figure toujours dans les thèmes décoratifs des absides et chapiteaux, ont fourni leurs lots de sarcophages mérovingiens, pour les périodes allant du VIème au IXème siècle.

Associés à ces nécropoles, nous trouvons aussi, des vestiges romains, preuves que les chrétiens du Moyen-âge s'inscrivirent durablement dans la romanité chrétienne. À notre avis, les ruines des villas, ou leur remaniement quand il n'y eut pas de destruction, devaient aussi offrir un important gisement de matériaux groupés en un lieu situé sur une éminence du terrain, situation propice à l'édification d'un sanctuaire, comme il se doit à cette époque. Ainsi, les différents destins de l'occupation des sols de l'emprise des villas gallo-romaines recensées en Médoc divergèrent en sanctuaires ou châteaux, mais, parfois, demeurèrent en ruines, cas fréquemment observés quand les villas n'étaient pas bâties sur des hauteurs, comme la Villa du Bois Carré, à Saint-Yzans, ou la Villa de Terrefort, à Gaillan. Les églises de Ludon, Moulis, Pauillac, Ordonnac, Saint-Christoly, Bégadan, Valeyrac et Sainte-Hélène, les chapelles de Birac, à Arsac, et d'Escurac, à Civrac, ainsi que les abbayes de Vertheuil et de l'Isle, sont mentionnées comme étant installées sur des sites d'édifices antiques dans l'inventaire archéologique d'Hubert Sion. Il y a lieu de penser, pour ces villas de Médoc, comme pour la villa de Saint-Médard d'Eyrans, dans les Graves, qu'un mausolée chrétien, ou une « paléo-chapelle », faisait partie des dépendances de ces villas et que l'usage a fait le reste ensuite. Ces réflexions impliquent, pour la terre chrétienne de Médoc, une continuité dans la civilisation et dans la culture de la vigne, emblème chrétien s'il en est. D'autres villas offrirent leur première assise à des châteaux-forts, des maisons fortes ou des maison nobles, comme à Blanquefort, pour sa forteresse blanche, Gironville et probablement Cantemerle, pour Macau, ou le château de Romefort, le bien nommé, à Avensan, les châteaux de Villambis (la villa du croisement des routes) et de Lamothe à Cissac, entre autres. Troisième indice, le découpage du Pays Bordelais et de l'Aquitaine, établi à l'issue du Traité de 806, fait par Charlemagne, pour ses fils Louis, Charles et Pépin. Nous retrouvons dans ce partage de souveraineté les contours de la chrétienté des premiers âges, amputée du Pays de Buch, cette fois.

Étude historique du terroir du château Cantemerle, Grand cru classé en 1855, Jean-Pierre Salles, avril 2003, 208 pages, Société Albedo, Gaillan-en-Médoc, p.25.26.

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