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L’histoire de la paroisse de Ludon.

Abbayes et cures du Médoc se constituèrent alors dans la foulée du grand élan de foi de l'An Mil selon des règles que nous résumerons brièvement ainsi : les abbayes se chargeaient de l'éducation morale et spirituelle de clercs pour qu'ils prennent la tête d'une communauté paroissiale en temps que curé tandis que la paroisse dépendait à vie de cette abbaye qui préluda à sa fondation. Parfois, une paroisse pouvait aussi dépendre de l'Archevêché lui même, elle était alors « chapitrée » par le Chapitre de Saint-André de Bordeaux, cure régulière comme cure séculière. Le revenu accordé par les paroissiens pour les services religieux et pour la rédaction de l'état-civil, la dîme, était versé aux deux parties en présence assez diversement selon le type de fondation de l'église paroissiale, directement à l'abbaye le cas des prieurés qu'elle avait créé avec ses moines en temps que nouvelle implantation paroissiale d'initiative religieuse, prieurés-cures ou cures régulières, ou bien en faveur du curé, devenu alors « gros décimateur » ; dans le cas des cures séculières, divers rangs rang de vicairies existaient, mais elles n’en dépendaient pas moins d'une abbaye et lui versait alors une« collation ». Cependant, dans certains cas, il pouvait arriver que la dîme soit fractionnée au profit d'autres parties que la cure et l'abbaye, alors, ces ayants-droits percevaient des « dimons », vestiges des dîmes seigneuriales ou provenant de donations anciennes à des tiers, clercs ou laïques.

Pour nos paroisses de Macau et de Ludon, ou plutôt de « Ludedon » selon les cartulaires et lièves [le liève est un extrait du terrier qui comptabilise les données principales en matière de redevances seigneuriales] de l'Archevêché de Bordeaux, Sainte-Marie, ou Notre-Dame, de Macau était une cure avec rang de vicairie perpétuelle, à la collation de l'Abbé de Sainte-Croix de Bordeaux, tandis que la cure de Saint-Martin de Ludon était séculière, à la collation de l'Abbé de Sainte-Croix Bordeaux. Pourtant il exista dans cette paroisse de Ludon une autre église, probablement de fondation plus ancienne que l'église Saint-Martin et, donc, qui ne fut pas son annexe car elle jouissait d'une cure régulière. Église prieurale de surcroît, placée sous le patronage de Sainte-Marie comme Macau, le Prieuré de Gilet, ou plutôt de Jalets, selon Baurein, dépendait du monastère de Notre-Dame de Bournets, établissement situé dans le diocèse d'Angoulême obéissant à la règle de Saint-Benoît. L'intervention d'un établissement ecclésiastique extérieur au pays bordelais dans la fondation d'une paroisse fut relativement fréquente en Médoc, paroisses, prieurés ou chapelles. Citons, entre autres, la cure de Grayan, dépendante de l'Abbaye de Maillezais, le prieuré des Couleys et les deux chapelles de Saint-Estèphe, tous trois au bord de la Rivière et tous trois disparus. Généralement, la vocation maritime de l'établissement ou l'assainissement des marais de la paroisse expliquaient probablement cette apparente « infidélité » au Diocèse de Bordeaux. Toujours sur Ludon, située entre les deux églises, existait aussi une chapelle qui était déjà désaffectée du temps de l'Abbé Baurein, vers 1770-1780, mais dont les croisées d'ogive subsistaient. Nous ne commenterons pas particulièrement l'architecture de l'église de Saint-Martin de Ludon, cependant, par la forme de son clocher en pointe, elle dénote nettement parmi les églises romanes du Médoc avec son clocher-tour, qui dut être fortifié en son temps, et une si petite nef pour une paroisse de cette importance. Ce fait accrédite la thèse de la présence aux origines deux églises indépendantes sur cette paroisse, divisée, en outre, entre les juridictions de deux seigneuries, Cantemerle au nord et Agassac au sud. Ceci explique peut-être cela ?

Étude historique du terroir du château Cantemerle, Grand cru classé en 1855, Jean-Pierre Salles, avril 2003, 208 pages, Société Albedo, Gaillan-en-Médoc, p.24.

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