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Le départ de l’occupant.

Le 23 août 1944, les Allemands font sauter leur arsenal au Haillan. Trois jours plus tard, ils quittent Saint-Médard. Un discret bunker rappelle cette période, à Corbiac ; ce blockhaus est très discret, quasi invisible dans sa gangue végétale, à l’entrée de Saint-Médard, au rond-point de Gajac. C’est par là que l’occupant allemand arriva dans la commune à l’été 1940.

Saint-Médard fut un acteur de premier ordre durant les années de l’Occupation. Pour quatre raisons : du fait de la présence de la poudrerie ; du voisinage de la base aérienne de Mérignac ; de la route vers le mur de l’Atlantique ; de la proximité du camp de Souge où tombèrent 300 otages et patriotes sous les balles ennemies.

Le 22 juin 1940, l’Armistice est signé avec le maréchal Pétain. Le 25, la France est coupée en deux suivant la ligne de démarcation. Dans la foulée, la 7ème armée allemande envahit la région bordelaise. Elle occupe toutes les installations militaires et stratégiques.

À l’été 40, les premiers détachements, avec des motocyclistes en tête, passent la Jalle. Les éclaireurs se méfient d’un éventuel sabotage du pont de Gajac. Une fois que la voie est jugée libre, un gros convoi de matériels traverse la ville pour se diriger sur l’Atlantique. Ce sera le premier contact des Saint-Médardais avec l’occupant.

Sujet explosif par excellence, la poudrerie. Les Allemands ont tôt fait de s’en emparer. Pour y fabriquer les explosifs, ils recrutent des anciens ouvriers locaux. Les installations sont opérationnelles fin 1942. 10 000 ouvriers y travaillent alors jour et nuit.

La résistance des poudriers : de nombreux personnels déploient des trésors d’imagination pour ralentir la production tandis que le réseau Scorpion coordonne, de l’intérieur, le renseignement nécessaire aux futures attaques aériennes alliées. « Les Poudriers dans la Résistance », Claude Courau, Princi Néguer.

Des troupes allemandes sont alors stationnées aux camps de Caupian et de Souge.

Les bombardements alliés : le 5 avril 1944, une centaine d’avions survole Saint-Médard, mais le bombardement sera réservé à l’aéroport de Mérignac. Trois semaines plus tard, dans la nuit du 29 au 30 avril, 70 Lancaster et 5 Mosquito de la Royal Air Force pilonnent la poudrerie. 500 bombes sont larguées. De nombreuses propriétés et maisons sont touchées, à Hastignan la voie ferrée est coupée. Les dégâts sont partout : mairie, église, poste, bains douches, écoles.

Enfin, l’été 44 : en août, les Allemands commencent à quitter la région. Ils font sauter les chaufferies de la poudrerie et des dépôts de munitions, occasionnant d’importants dégâts dans les quartiers de Corbiac et de Magudas. Le 23, c’est l’arsenal du château Bel-Air, au Haillan, qui saute. Le 26 août, la Kommandantur est évacuée, avenue Montaigne.

Des femmes tondues : peu de temps après quelques femmes sont tondues sur le perron de la mairie. Le 1er septembre 44, le chef local des FFI, un certain Boyau, réinstalle l’ancien maire Antonin Laroque, un poudrier cégétiste qui avait été élu avant guerre. Les Allemands ne sont pas tous partis : il reste des prisonniers, internés à proximité du moulin de Caupian. On les utilise au déblaiement de la poudrerie dévastée. Plusieurs de ces hommes sont victimes d’une épidémie de typhus. Ils seront enterrés à la butte de tir de Caupian. « Saint-Médard au fil du temps », publié en 1999 par la ville. Encore disponible à la mairie.

Victimes de la guerre ; les fusillés de Souge comptent un Saint-Médardais : Fernand Labrousse, un syndicaliste exécuté avec 49 otages en représailles du meurtre d’un intendant allemand.

À Corbiac, André Roux et sa grand-mère trouvèrent la mort sous le bombardement allié de la Royal Air force. Au total, à Saint-Médard et sur des terrains d’opération extérieurs, une trentaine de morts est à déplorer.

Journal Sud-ouest du 23 août 2013, Hervé Pons.

Source : reportages publiés dans « Sud Ouest » les 10 février et 7 mai 2010.

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