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Souvenirs de deux guerres, à la poudrerie.

Les effets des deux conflits mondiaux sur la poudrerie sont encore présents dans les mémoires familiales des Saint-Médardais. Plusieurs lecteurs, anciens poudriers et habitants de Saint-Médard, nous ont fait part de leur intérêt pour cette longue histoire, et aussi d'un regret : être rapidement passé sur l'épisode des deux conflits, encore dans les mémoires familiales, voire individuelles en ce qui concerne le conflit 39-45. (Un ancien poudrier, Claude Courau, a fait un gros travail d'historien et publié notamment « Les Poudriers dans la Résistance ».)

Gros plan donc, aujourd'hui, sur les deux conflits mondiaux.

1914-1918.

Durant la Première Guerre mondiale, la poudrerie connaît une activité considérable, avec un effectif qui passe d'environ 1 000 à 18 000 employés. Les personnels locaux n'étant pas assez nombreux pour faire face aux besoins, on fait appel aux colonies avec des Nord-Africains et des Indochinois. À Caupian, un camp en bois est construit pour accueillir ces travailleurs venus de loin. Les gazettes de l'époque relèvent des problèmes de cohabitation et une défiance de la population locale face aux coloniaux. Il s'agissait d'hommes jeunes, venus dans une période où les Saint-Médardais étaient au front, laissant les femmes seules « au pays ». Fantasmes ou réalité des faits, la réponse est confuse. En 1916, la production de poudre est de 65 tonnes par jour ; elle atteint 110 tonnes en 1917. La poudrerie s'agrandit jusqu'à 227 hectares. On y ajoute le site de Sainte-Hélène, vaste lui de 159 hectares.

1940-1944.

Comme en 14-18, plusieurs milliers d'ouvriers sont réquisitionnés pour assurer la production. En juin 1940, l'effectif est de 8 000 ouvriers, soit huit fois plus qu'avant la guerre. Dix cantonnements sont construits, partout à Saint-Médard, pour les accueillir. Cet épisode d'intense production ne dure pas longtemps : la poudrerie est désertée avant l'arrivée des Allemands. Le directeur, l'ingénieur général Arvengas, a alors la sage précaution de détruire les archives et documents secrets de l'entreprise.

Sous autorité allemande. En 1942, le site reprend son activité avec une société franco-allemande, l'Omnium des produits azotiques. Elle remet en marche les ateliers de production.

Dans l'ouvrage publié pour le 350ème anniversaire de la poudrerie, réalisé et édité par SME-Safran Communication, auteurs Jean-Michel Tauzia, Pierre Dezemery, Sylviane Beaubois, Didier Hivert, les auteurs mentionnent que le « personnel de l'OPA était composé majoritairement de personnes sans aucune compétence, réquisitionnées par les Allemands. Il s'agissait de Belges, de Hollandais, de Maghrébins, d'Africains de l'ouest, d'Alsaciens, de Parisiens et de Marseillais ». Anecdote, on y fit travailler aussi des Bordelaises, ex-vendeuses des Nouvelles Galeries et des Dames de France.

La production des poudres se fait alors dans des conditions d'insécurité et une pagaille monstre. S'ajoutent de nombreux actes de sabotages. « Les Allemands n'étant pas eux-mêmes des spécialistes, ils ne pouvaient se rendre compte des conditions de production et du faible rendement » poursuit le collectif d'auteurs. En 1943, un effectif de 15 000 personnes travaille en 2 x 8.

Morts sous les bombes. C'est alors que tout s'arrête, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1944, quand les alliés bombardent l'usine, sans qu'ils n'enregistrent aucune perte. 80 tonnes de poudre explosent, ajoutant cette déflagration à l'effet des bombes. Les dégâts sont importants dans Saint-Médard où deux habitants et deux Allemands trouvent la mort.

Toutefois, huit jours après ce bombardement, le site de l'ancienne poudrerie était déjà en marche. Par contre, les installations baptisées « nouvelle poudrerie », très touchées, ne reprennent pas leur activité avant la fin de la guerre.

Seconde et dernière série d'explosions, quand les Allemands quittent les lieux en détruisant les installations et en faisant sauter les stocks de poudre. Les villages de Corbiac et Magudas sont touchés. Il faudra attendre 1954 pour que la poudrerie efface les effets de la guerre.

Article du journal Sud-ouest du 15 mars 2013, Hervé Pons.


baraque

Les baraquements construits durant la guerre de 14-18. Ceux-là accueillaient des Asiatiques. (Document poudrerie Saint-Médard)


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