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1939-Les réquisitions de logements.

La réquisition est un acte administratif auquel le propriétaire d’un bien ne peut, théoriquement, se soustraire.

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Durant la guerre de 1939-1945, la réquisition à Bordeaux a concerné des locaux scolaires et des immeubles pour loger les troupes : 822 immeubles, 669 chambres, 207 hôtels, 127 garages ; bâtiments : 32 publics, 31 scolaires, 16 militaires, et 4 cinémas.

Dès le 1er septembre 1939, les ordres de réquisition vont intervenir à Blanquefort. Le château Saint-Ahon doit fournir 100 fagots de chêne ainsi que 300 bottes de foin pour les troupes françaises, d’une valeur de 850 F ; l’unité du 196ème RAC de 170 hommes y sera cantonnée du 2 septembre au 14 septembre 1939. Remboursement de dégâts pour un devis de 300 F.

Puis arrivent les réfugiés, principalement du Nord de la France. Le rôle des mairies a été essentiel pour organiser et réguler l’ensemble des opérations de réquisition.

La municipalité de Blanquefort s’est servie des listes qu’elle avait établies à la demande du gouvernement français, en 1935 pour la désignation des maisons vides, des demeures avec des pièces non occupées ou sous-occupées, des châteaux à réquisitionner en partie ou en totalité, mais aussi des chais ou de tout endroit clos et couvert. La préfecture lance un appel aux maires en octobre 1939 pour obtenir de la population des couvertures pour les soldats de l’armée française.

etat franais

En début d’année 1940, la mairie doit reloger les dizaines de familles qui arrivent, désemparées, parfois avec leurs meubles. Pour éviter les contestations futures, la municipalité de Blanquefort établit chaque fois un état des lieux ; ce sont 41 logements qui sont réquisitionnés pour accueillir les premiers réfugiés :

- maison de quatre pièces, libre le 19 février 1940 ;

- chai servant de dépôt, réquisitionné le 1er mai 1940 pour les meubles destinés aux réfugiés, jusqu’au 24 août ;

- grand chai servant de dépôt de meubles donnés pour les réfugiés du 1er juin 1940 au 27 juin 1941 ;

- maison de dix pièces principales meublées, située Grand Rue, réquisitionnée par la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles à partir du 23 avril 1940 ;

- atelier de charpentier, rue de la République, du 10 mars 1940 au 10 septembre 1942 ;

- maison en pierre, aux Arroques, chemin de Macau, composée de trois pièces, souillarde et deux chais, WC, pas d’électricité, puits devant la maison ; bon état, libre à compter du 15 mai 1940 ;

- maison en pierre à Andrian, composée de trois pièces et un chai, WC commun, bon état, pas d’électricité, libre à compter du 1er février 1940 ;

- maison, rue de la République, de quatre chambres, deux cuisines pour huit personnes, avec hangar ; libre le 25 février 1940 mais a besoin de réparation ;

- maison à Caychac, occupée le 1er février 1940, au rez-de-chaussée, une pièce carrelée, une petite souillarde, un escalier bois pour monter au premier, une chambre, un grenier, sans jardin, ni électricité.

La municipalité se devait de remettre en état si nécessaire les logements réquisitionnés : remplacement de vitres, installation électrique, badigeonnage en blanc des murs, construction de toilettes en bois avec siège et fosse en maçonnerie étanche, vérification des serrures.

Des propriétaires posent leurs conditions à la réquisition : à Andrian pour une métairie, quatre pièces, bon état, à meubler par la mairie, le propriétaire indique “ accepte la réquisition sous réserve que la partie du bâtiment servant de garage dans laquelle je mets mon auto ou mon cheval lorsque je travaille mes terres ne soit pas occupée et soit laissée à ma disposition. Il y a six pièces habitables ”; réquisition faite à compter du 22 février 1940.

Texte et illustrations extraits du livre « Années sombres à Blanquefort et dans ses environs 1939-1945 », Catherine Bret-Lépine Henri Bret, publication du G.A.H.BLE, 2009, page de 191 à 193.

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