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La création du camp de la Gironde en 1845.

En 1845, un événement important se passe à Saint-Médard-en-Jalles : la création du camp de Gironde décidée par le roi Louis-Philippe.

Dans les délibérations du conseil municipal du 12 mai 1845, nous trouvons : « Monsieur le Maire est autorisé à offrir gratis à Monsieur le Ministre de la Guerre, la disposition des landes communales de Saint-Médard-en-Jalles pour l'établissement du camp près du champ de manœuvres projeté, la commune s'estimant heureuse de l'occasion qui lui est offerte de posséder en son sein les fils du Roi des Français. »

Le 12 août 1845, M. le duc et Mme la duchesse de Nemours viennent à Saint-Médard pour, suivant la décision du roi Louis-Philippe, créer le camp de la Gironde.

Le chroniqueur de l'époque nous relate que « M. Delmestre, maire, est allé recevoir LL AA RR [leurs Altesses Royales] au-delà du pont jeté sur la Jalle, en avant du bourg » (le pont de Gajac n'était pas encore construit). Une foule nombreuse s'y était rassemblée.

Placé sous le commandement de S.A.R. [son Altesse royale] le duc d'Aumale, quatrième fils du roi, héros de la campagne d'Algérie avec la prise de la smala d'Abd el-Kader en 1843, le camp se compose de deux brigades d'infanterie, deux batteries d'artillerie, une compagnie de génie, le tout à proximité du moulin de Caupian, sur la rive gauche de la Jalle, ainsi que d'une brigade de cavalerie, dont les chasseurs sont à Astignan et à Saint-Aubin, tandis que les lanciers séjournent à Gajac près du moulin, d'où le nom de Camp des Lanciers à l'actuel quartier.

Le grand champ de manœuvres, toutes armes réunies, se trouve en pleine lande, au sud-ouest de Belfort, lieu du quartier général. La cavalerie manœuvre dans « la lande du Tronquet, de l'autre côté de la route projetée de La Canau à Saint-Médard [...].  C'est sur cette lande qu'eurent lieu plusieurs revues passées par LL. AA. RR. » Durant un mois, les troupes évoluent, à raison de quatre à six fois par semaine, sur ces vastes étendues de lande. Autour de Belfort, on voit la tente du prince, celle des officiers généraux, et celles destinées à servir de salles de conseil aux colonels commandant les régiments.

La route de Bordeaux à Saint-Médard-en-Jalles est « sillonnée par de nombreux équipages : omnibus, chariots de fournisseurs, fourgons du train et de l'artillerie [...]. Cela ne s'arrête pas une minute du matin au soir. »

À proximité de la Jalle, sont installés les restaurants, cafés et magasins d'approvisionnement du camp. Cet ensemble forme la partie la plus animée et la plus fréquentée.

À la mi-septembre, le duc et la duchesse de Nemours donnent à Belfort une fête splendide :

« Le château avait été métamorphosé en palais féerique par les soins de l'architecte Burguet. Des pavillons, une salle de bal et une buvette y avaient été annexés ; bientôt, le tout se remplit d'une société nombreuse et en grande toilette que recevaient à la porte des officiers de tous grades et de nombreux valets de pied, à la livrée rouge de la maison d'Orléans. À deux heures, le duc d'Aumale ouvrit le bal avec la duchesse de Nemours, dansa ensuite avec la fille de M. Sers, le préfet du département, et les danses devinrent très animées. L’élite de notre population se pressait dans les salons de Belfort, et il serait impossible de citer les noms de toutes les notabilités politiques, militaires, administratives et judiciaires qui s'y faisaient remarquer. Pairs de France, députés, officiers supérieurs, colonels, lieutenants généraux, magistrats, tous les corps étaient pour ainsi dire représentés à cette matinée dansante qui ne cessa d'être aussi brillante qu'animée. « Les danses se succédaient pendant qu'une pluie battante tombait au-dehors ; puis vint le souper, ensuite les danses reprirent et continuèrent une partie de la nuit [...]. Jamais le château de Belfort n'avait abrité sous son pavillon une fête pareille » (d'après Guillon, Les Châteaux de la Gironde).

Le 17 septembre, c'est la clôture des opérations militaires.

Le 19, le duc de Nemours, de retour d'Espagne, passe la revue d'honneur qui termine les manœuvres du camp de la Gironde. Quarante mille Bordelais se rendent à Saint-Médard-en-Jalles.

Le 20 septembre 1845, le duc d'Aumale fait ses adieux à ses troupes et quitte le château. Il n'y reviendra plus.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 23-25.

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