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Marius Besnier.

Un proverbe africain dit : « un vieillard qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle ». Comment ne pas garder en mémoire cette phrase au contact de Marius Besnier qui court sur ses 95 printemps ? Cet homme-là a connu beaucoup de choses. Il a surtout conservé toute son énergie pour partager ses souvenirs : « J'ai connu l'arrivée de l'électricité en 1924, de l'eau, les lampadaires dans les rues, le travail des blanchisseuses et le lavoir, les routes en terre, les avions transportant des blessés se posant sur ce qu'on appelle la zone industrielle, la culture de l'artichaut de Bacalan à Macau, ma maison au Maurian isolée au milieu des vignes, l'arrivée de Ford, le jour d'ouverture du restaurant à Corbeil, l'organisation de messes en plein air avec chevaux et cors de chasse, les ballets nautiques à la piscine... » Une vraie encyclopédie, un grand livre ouvert où l'on prend plaisir à feuilleter les pages, un album de photos de famille qui pourrait être la nôtre... On en oublierait presque le but de notre rendez-vous : comment vit-on le « grand âge » à Blanquefort ? Son expérience à la présidence des associations de pêche, de chasse ou du Club de l'Amitié, son statut d'administrateur du Centre Communal d'Action Social depuis 18 ans, son implication dans des actions comme « Je me souviens » ou avec les petits du centre de loisirs maternel La Charmille et le fait d'être utilisateur des services de restauration ou d'aide à domicile en font un témoin privilégié.

Marius nous parle de lui avec simplicité : « C'est ma 78ème carte de chasse, c'est à dire sans interruption depuis 1929. Avant, on pouvait chasser dans toute la Gironde. Aujourd'hui, c'est plus limité alors je vais derrière Tanaïs avec mon épagneul breton. C'est ma sortie ». Bien évidemment, ce n'est pas la seule. Les mardis et jeudis, il ya la belote au Club de l'Amitié où il rencontre des ami(e)s. « C'est important de trouver quelqu'un, de la compagnie. Tout seul, c'est pas bien.» Il y a aussi toutes les sollicitations auxquelles il participe de bon cœur. Il est content d'avoir fait le stage de sécurité routière (organisé par les médiateurs) l'an dernier et d'avoir réussi la conduite. « Le code, on a tous été collés mais il paraît que même après 5 ans de permis, les jeunes rateraient aussi l'examen. L'ophtalmologiste m'a dit de ne pas conduire de nuit. De toute façon, cela ne m'arrive jamais ». Etre autonome est une réelle satisfaction qui lui permet de profiter de ses 500 m² de jardin à cultiver et de passer du temps avec ses petits-enfants. Valérie, son aide à domicile lui est précieuse ; elle vient deux fois par semaine. Elle a toute sa confiance. Quand on lui demande quels nouveaux services il souhaiterait pour les anciens, il ne voit pas ce qui pourrait être fait. « Si les gens restent chez eux, c'est à cause de la télévision. Je leur dis pourtant de sortir ». Son vrai plaisir reste le repas des Anciens pour fêter la nouvelle année, c'est le temps des retrouvailles entre copains. Il n'était pas peu fier en janvier dernier, d'être avec sa cousine germaine, Henriette Thomila, les doyens de la fête. Et si cette longévité était contagieuse...

Équinoxes et Solstices, juin 2007, n° 24, p. 14. Le magazine de la ville de Blanquefort. Avec l’autorisation de la ville de Blanquefort.

La nostalgie de Marius Besnier.

À 85 ans, il se souvient avec nostalgique du Blanquefort de son enfance. Blanquefortais de génération en génération, M. Marius Besnier est né accidentellement à Bordeaux à la veille de la grande guerre, le 2 novembre 1913. Il mesure d’autant mieux l'évolution de la commune, qu'il a été précurseur dans beaucoup de domaines, souvent en compagnie de son copain Pierrot, décoder Jean-Pierre Delhomme, le maire de Blanquefort pendant 28 ans ! « J'ai connu Blanquefort, dit-il, petit village de 2 000 habitants, sans électricité, avec seulement quelques vélos et un tramway, des troupeaux de vaches et de chevaux. Je suis nostalgique de l'ancien Blanquefort même si la commune est très jolie aujourd'hui ». Fils d'un charretier et d'une femme de ménage, il habitait à la Landille et se souvient avoir été en maternelle, à l'école des sœurs à la Dimière. Âgé de 8-9 ans, il gardait les vaches le jeudi au château de Saint-Ahon, et c'est bien souvent que distrait par ses lectures et son grignotage de « pignottes », les bêtes s'échappaient ! Toujours à la même époque, le petit Marius faisait les vendanges, comme tous les enfants d'ailleurs. « Les vignes recouvraient une grande partie de la commune, se souvient-il. Le reste, c'était du blé, du maïs, des artichauts et des marécages, il y avait des cabanes à canards. Pendant les vendanges, on n'allait pas à l'école, le maître le savait ! On était content de vendanger, parce qu'on mangeait bien ; des pots-au-feu, des plats de morue... c'était aussi l'occasion de rencontrer les filles ! » Marius Besnier se rappelle encore du lavoir de Canteret. « Je poussais la brouette de ma grand-mère, raconte-t-il, avec des roues en fer sur la route en grave. Pour descendre cela allait, mais pour remonter avec le linge mouillé... Une vingtaine de lavandières se mettaient à genoux sur le bord du lavoir, mais dès les beaux jours elles se mettaient directement dans l'eau courante de la jalle, qui était propre et poissonneuse. Pendant la lessive, les enfants se baignaient ou faisaient quelques bêtises : on démolissait le vieux château pour faire des cabanes ». Marius Besnier se souvient encore des troupeaux de bœufs qui traversaient la commune le soir, venant de Bordeaux et allant jusqu'à Pauillac. Au fil du chemin, les bouchers achetaient leurs bêtes sur pied. Et la première voiture du docteur Castéra en 1924 ! Et Mme Dumora la sage-femme qui accouchait toutes les femmes de Blanquefort, le Pian-Médoc, Parempuyre, à la maison, elle sillonnait les communes à vélo. Et le mètre de neige de 1956, « on n'avait jamais vu ça ! » Et il se souvient aussi « qu'il n'y n’avait rien pour jouer ». Les garçons fabriquaient des frondes, jouait au cerceau, au carré (marelle), à cache-cache... » En 1928, le junior Besnier a été champion de Gironde de marche sportive, participant régulièrement et gagnant les tours de Bègles, Talence, La Bastide, le Grand Prix de Bordeaux... Puis est venu le temps service militaire à Tours. Marius Besnier avait toujours eu envie d'épouser une carrière militaire en Afrique, c'est pourquoi il avait fait la préparation militaire pendant trois ans, sortant troisième de Gironde ! Mais il est devenu électricien et a travaillé aux PTT. « Ensuite, je suis parti, dit-il, à la guerre comme sous-officier à Forbach, En 1933, j'étais un des rares à avoir mon permis de conduire moto et auto, et je suis donc devenu chauffeur du colonel pour les manœuvres de l'Est. Puis, j'ai été instructeur à Chartres et Dreux. J'ai rejoint Brive à pied avec mes hommes. On est arrivé pour la Libération. On empruntait les chemins vicinaux la nuit et on volait les poules pour manger. Ensuite, je venais juste de retrouver ma femme, j'ai été muté à Amiens pour refaire les lignes PTT. En novembre 45, j'ai sauté sur une mine en posant un poteau en Normandie ! ». Il a aussi pratiqué le football et été vingt ans le président du Fusil blanquefortais, la société de chasse, un sport qu'il apprécie beaucoup, mais là encore pratiqué comme dans le temps quand il n'y avait ni frigo, ni congélateur, « on ne tuait que ce que l'on mangeait, avec un fusil à un coup et vingt cartouches seulement ». En 1973, année de sa retraite, M. Besnier a créé le Moulinet blanquefortais, la société de pêche. « En 1975, raconte-t-il, je suis entré en Club de l'amitié, j'ai été président pendant huit ans. Tout le monde travaillait, on faisait des sorties et de beaux voyages : en Espagne, en Yougoslavie, en Alsace, en Bretagne, en Savoie… Après chaque voyage, je faisais un livre compte-rendu avec les photos pour chacun des participants ». Et encore, la nostalgie avec les magnifiques messes de Saint-Hubert organisées dans le parc de Corbeil. Aujourd'hui, Marius Besnier, vient toujours au club de l'amitié le mardi et le jeudi après-midi pour jouer à la belote. Il cultive aussi son jardin et va à la chasse pour le plaisir de marcher.et quelques faisans et grives qu'il donne volontiers. À 85 ans, il est sûrement un des plus anciens Blanquefortais de la société. Père de trois enfants, il a sept petits-enfants et six arrière-petits-enfants. Il est encore administrateur du CCAS et s'occupe toujours des listes électorales.

Article du journal Sud-ouest du 29 janvier 1999, Marie-Françoise Jay.

 

 

 

 

 

 

 

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