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La chasse aux criquets à Blanquefort en août 1946.

La commune de Blanquefort, comme l’ensemble de la région, a été envahie par des millions de criquets. L’affolement fut général, le phénomène n’avait pas de précédent et il ne s’est pas encore renouvelé ! Tout était bon pour les chasser des jardins et les pousser un peu plus loin ! On envoyait les enfants courir dans les rangées de vigne ou les allées des jardins ; c’était peine perdue, car en réalité chacun les envoyait chez les autres et réciproquement. Ce fut une immense fête qui suivit la grande peur.

« Un jour d’été, les criquets étaient annoncés. Le soir, on est allé au jardin faire du bruit avec des vieilles casseroles. Je crois que ça a été efficace, le jardin n’a pas souffert. »

Souvenirs de Roger Bret.

 

criquets

Sur la photo, figurent René Marque, Suzanne Delhomme, Joseph Delhomme, entre autres… qui ont réquisitionné les instruments de fortune pour faire le plus de bruit possible !

« L'invasion de criquets. Une nouvelle expérience, arrivée au mois d’août 1946, est en outre à signaler. Le lundi 12 août, il y eut une invasion de criquets. Il s’agissait de milliards de ces insectes voraces venant d’Afrique du Nord. Ces bestioles, qui n’étaient pas originaires d’Europe, envahirent la région et ravagèrent en l’espace de quelques heures toute la végétation. Une équipe, à laquelle j’appartenais, fut rassemblée en toute hâte. Le 13 au matin, le soleil ne s’étant pas encore levé et les insectes ne devant pas encore être réchauffés, nous fûmes emmenés dans des camions. Dans la fraîcheur de la soirée, il avait été creusé des tranchées, avec des charrues devant les insectes couchés sur le sable. Nous attendions alors que les insectes, que la fraîcheur de la nuit avait rendus incapables de voler, rampent et tombent dans les tranchées. Notre tâche était de jeter du sable avec des pelles sur les insectes ne pouvant s’envoler. J’eus encore l’occasion, après, d’être employé comme « chasseur de criquet » (en français dans le texte). »

Extraits du livre d’un prisonnier de guerre allemand du camp 1102 Rennais à Hourtin en Gironde : « Errinnern ohne Groll » de Horst Fusshöller (Sans ressentiment) Témoignage de Horst Fusshöller - Rheinallee 50 - D. 56154  Boppard.

Invasion de criquets 1946.

Après plusieurs années torrides, un vent du Sud avait amené des criquets qui se sont reproduits par millions, oui par millions, ils mangeaient toutes les récoltes sur leur passage.

Toute la région avait été envahie par un vol, c'était impressionnant ! Le soir, les criquets cherchaient à se poser, tout Blanquefort était dehors avec des casseroles, des bassines pour faire du bruit et empêcher les criquets de s'arrêter. L'armée est finalement intervenue avec des sulfateuses à vigne pendant plusieurs semaines. Les criquets sont allés se reproduire dans les landes. Il a fallu deux ans avant d'en être débarrassés.

Le petit Blanquefortais illustré, supplément d'actualité de l'exposition : La mémoire de Blanquefort. 1ère année, n°1, octobre 1994.

Poème.

Je suis un criquet aux pattes et aux dents longues qui eut un jour envie de voyager loin, loin...

Je voletais de-ci de-là parmi mes compagnons pour savoir ce qui se tramait au sein de cette tribu effervescente, j'appris qu'une grande expédition se préparait, nous allions traverser des pays, des mers, nous retrouver en France, en Médoc plus précisément. C'était en l'an 1946 de notre ère, date mémorable, même pour une petite tête de criquet. Nous étions des milliers et des milliers volant en rangs serrés, bourdonnant comme des bombardiers, assombrissant le ciel, nous étions les envahisseurs, c'était grandiose ! Tout en bas, des gens gesticulaient, criaient, faisaient du tam-tam avec des casseroles, jouaient du clairon. Les militaires tiraient en l'air, une vraie fantasia ! Quelle fête ! L’accueil nous plut, nous décidâmes de faire halte, nous étions affamés, le festin était avancé, nos mandibules en action, nous avons fait table rase (surtout du mais), sans laisser de miettes ! Les gens d’en bas n’ont pas compris, nous ont traités de « Huns », ont commencé à nous pourchasser à coup de pelles, de pioches, de sulfateuses(en Médoc, c'est normal) ; bleus de peur nous sommes devenus ! Ça suffit !... Nous avons décidé de tirer nos ailes ailleurs, mais foi de pèlerin criquet je me rappellerai cette région ! Après tout, ces gens du bas de quoi se plaignaient-ils, nous n'aimions pas la vigne. Sans quoi !... . Signé : Mijo.

Le petit Blanquefortais illustré, supplément d'actualité de l'exposition : La mémoire de Blanquefort. 1ère année, n°1, octobre 1994.

Au conseil municipal : lors de la séance du 30 août 1946, il est noté que dans le cadre de la lutte contre les criquets… du pétrole a été acheté pour les lance-flammes aux établissements Bayard à Blanquefort et Paillasse à Caychac… Remerciements aux officiers commandant le camp du Tanaïs et les militaires de ce camp pour l’aide apportée…

Extraits du registre du conseil municipal du 11 septembre 1932 au 27 novembre 1948, séance du 30 août 1946 : 784.

 

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