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Les moulins à eau sur la jalle de Blanquefort.

«  Comment dire toute la beauté de nos cours d’eau ? Jalles de la lande où une nappe liquide de quelques centimètres de profondeur glisse sur un sable d’or... » « La jalle sort de terre avec l’abondance d’un torrent, dans la commune même de Saint-Médard, à neuf kilomètres du bourg au milieu des bois, en un site sauvage, nommé « Cap de Bos » village d’Issac. » Après avoir baigné dans la poudrerie le vieux Castéra, elle se partage au Thil en deux bras, qui se réunissent au lieu dit « les Quatre Ponts », et se jette ensuite dans la Garonne, au pont des Religieuses à Grattequina, commune de Blanquefort. Dès sa source, elle reçoit de nombreux affluents, appelés indistinctement, crastes, berles, petites jalles et autres ruisseaux qui alimentent sa course paisible, d’une trentaine de kilomètres, vers le fleuve. Elle a de tout temps constitué la limite méridionale du Médoc. Le moulin à eau, déjà connu des Romains avant leur invasion de la Gaule, se répand bien vite et devient d’un usage courant au XIIème siècle. La jalle était toute indiquée pour recevoir des installations de cette nature. L’ordonnance du roi Louis-Philippe du 22 mai 1844 « portant règlement pour les moulins établis sur la jalle de Blanquefort » signale encore douze moulins qui étaient les plus fameux de la région. C’est principalement eux qu’on utilisait pour moudre les grains destinés à l’approvisionnement de Bordeaux. Ces grains étaient charroyés le plus souvent par des animaux de bât, mulets ou bœufs. Que sont devenus ces moulins aujourd’hui ?

Moulin de Bonneau. Commune de Saint-Médard-en-Jalles.

De construction classique, le moulin de Bonneau situé près de la source de la jalle, est le premier et le plus petit de la série sur ce cours d’eau. Une retenue d’eau fut nécessaire sous la forme d’un lac qui a complètement disparu depuis peu. En 1842, une forge s’ajoute au moulin. En 1877, une scierie actionnée par l’eau est déjà installée ; le mazout a, plus tard, remplacé l’eau. Rien ne subsiste de cette construction qui ne remplissait plus sa fonction de moulin depuis le milieu du XIXème siècle. Toutefois, il reste le pont et une partie du déversoir qui nous donnent approximativement l’emplacement de ce moulin. La jalle est belle à cet endroit et la végétation luxuriante. Dans les années trente, Bonneau était un lieu de promenade fréquenté surtout le dimanche.

Moulin de Caupain ou Caupian. Commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Mentionné dès 1593 sur le registre du clerc de la ville de Bordeaux, le moulin de Caupian, remanié au XIXème siècle, est de nos jours une propriété privée entretenue. Très joli moulin à trois corps de bâtiment situé dans un cadre de verdure exceptionnel. Il fait toujours frais l’été à l’ombre des vergnes et autres espèces spécifiques des bords de jalle. On peut l’apercevoir depuis le pont. À la belle saison, cet endroit très connu, était le rendez-vous de la jeunesse saint-médardaise et des environs : on se baignait, on faisait du bateau, on dansait, on riait beaucoup, on refaisait le monde et surtout on avait vingt ans.

Moulin de la poudrerie. Commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Par bail à fief du 19 novembre 1660, le sieur Jean Duperrier achète un terrain ainsi que le cours d’eau pour aménager six moulins à poudre noire (mélange de salpêtre, soufre et charbon de bois). Peu de temps après, le sieur Duperrier meurt dans l’explosion des moulins. Ensuite, on retrouve la trace de deux moulins seulement. En 1808, le moulin Saint-Louis est détruit par la foudre ; en 1816, le moulin Sainte-Barbe subit le même sort : les deux sont reconstruits. Ils étaient dits à battants, c'est-à-dire à roue verticale. Ils figurent sur les plans cadastraux de 1808 et 1843. Par contre, l’ordonnance du roi de 1844 parle de « la porte d’entrée du moulin de la poudrerie » et de « la façade de la maison d’habitation de la poudrerie ». Les seuls vestiges présents de nos jours sont l’entrée et la sortie du canal de fuite et les emplacements taillés dans la pierre pour le passage des roues à aubes.

Moulin de Gajac. Commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Propriété privée en bon état appartient aux descendants de la famille Castaing.

Moulin du Thil. Commune de Saint-Médard-en-Jalles.

Situé dans le domaine du Thil, zone de protection des sources de Gamarde appartenant à la Lyonnaise des Eaux. Au début du XVIIIème siècle, on retrouve encore la trace de deux moulins au Thil dont l’un possédait quatre meules. L’ordonnance du roi n’en signale qu’un seul. Aujourd’hui, subsistent les soubassements, avec douves, d’un de ces moulins.

Moulin de Moulinat. Commune du Haillan.

Adorable petit moulin de conte de fée qui enjambe un bras de jalle avec beaucoup de charme. Acheté en 1363, Moulinat était sous la « directe » du chapitre de Saint-André de Bordeaux. Actuellement, il appartient à la Communauté Urbaine de Bordeaux et est équipé d’une pelle hydraulique servant à l’irrigation. Il est en très mauvais état, une restauration urgente s’impose pour éviter sa destruction. Près de ce lieu agréable, l’association Cistude Nature s’est installée dans un bâtiment datant des années trente.

Moulin de Jallepont. Commune du Haillan.

De construction assez importante, le moulin de Jallepont a été démoli en 1940. Il se situait après le moulin de Moulinat sur le premier bras de la jalle d’Eysines. On retrouve sa trace en 1295 (édit de Philippe le Bel). Pendant un siècle environ, Jallepont était un moulin à papier. Près de lui, de nombreux chiffonniers, placés de part et d’autre d’une ruelle, amassaient des chiffons pour alimenter le moulin. De ce moulin où était installé un restaurant au début du XXème siècle, il ne reste que le barrage. À ses côtés, l’aqueduc construit en 1857, qui approvisionne Bordeaux en eau potable, venue de la source de Cap-de-Bos à Issac, est toujours là.

Moulin des Landes ou Landemoulin, dit « moulin blanc ». Commune d’Eysines.

Landemoulin était sous la « directe » des Templiers qui avaient reçu la terre entre 1135 et 1158 et qui ont ensuite construit ce moulin. Un restaurant portant le nom charmant de « au Goujon Vivant » s’installa dans la maison du meunier dès le début du XXème siècle. Des personnalités régionales, ou autres, ont fréquenté ce lieu. On raconte aussi que des demoiselles de petite vertu venaient s’y reposer. Plus tard, Marcel Cerdan, de passage dans la région, prit un repas ici, accompagné de son jeune fils, scène immortalisée par une photographie. Maintenant, plus de restaurant mais on peut louer la salle pour des mariages et fêtes diverses. Le pont du moulin blanc vient d’être entièrement reconstruit. Bâti au début du XXème siècle il était devenu dangereux. Son remplaçant, long de seize mètres, permet d’aller d’Eysines au Taillan en toute sécurité. Ce moulin est associé à une écluse permettant d’alimenter en eau les zones maraîchères d’Eysines et du Taillan. Il était spécialisé dans la mouture du grain blanc, c'est-à-dire le blé, d’où son surnom.

Moulin de Plassan, dit « moulin noir ». Commune d’Eysines.

Important moulin à quatre corps de bâtiment dont les deux derniers, à droite, étaient construits en bois. Cette partie est maintenant en mauvais état. Il est implanté à l’intersection des trois communes : Eysines, Blanquefort et Le Taillan. On retrouve sa trace en 1389. Au XIXème siècle, il appartenait à la famille Plassan. Il était spécialisé dans la mouture du grain noir, c'est-à-dire le seigle, produit abondamment aux alentours immédiats, d’où son surnom.

Moulin de Bussagnet ou Bussaguet. Commune du Taillan.

Situé dans l’enceinte de la propriété privée du château de Bussaguet, ce moulin a disparu depuis longtemps. Il resterait encore quelques pans de mur. C’était le premier moulin construit sur le deuxième bras de la jalle (dite jalle du Taillan)

Moulin de la Marjolaine ou Majolan. Commune de Blanquefort.

Il faisait partie du domaine du Luc où se dressait un château fort au Moyen-âge. En 1773, l’ensemble est vendu à la famille Dulamon qui laisse son nom à la propriété. En 1860, le vieux château Luc est démoli et l’actuel château Dulamon est bâti. En 1945, « les Orphelins apprentis d’Auteuil » achètent la partie nord du parc et le château et y installent en 1948 une école technique. En 1871, le moulin est acquis par Madame Piganeau. Au début du XXème siècle, il est encore là comme le prouve une carte postale ancienne. Démoli ensuite par le propriétaire de l’époque, on connait, tout de même, son emplacement exact grâce au canal de fuite et au petit pont sur la jalle, construit sur son soubassement, en limite ouest du parc de Majolan. Il reste encore quelques pierres près de ce lieu.

Moulin de Canteret. Commune de Blanquefort.

Dernier moulin avant que la Jalle n’atteigne la Garonne. On retrouve sa trace au XVIème siècle, il fut reconstruit en 1850. Une petite usine hydroélectrique s’y installe et devient en 1965 la propriété de l’usine Mauduit, fabrique de chaussures. Les ateliers sont aménagés dans les bâtiments annexes et le moulin abrite les bureaux de l’usine. Près de ce site remarquable subsiste encore le lavoir de Canteret construit en 1851. Appartenant à la ville de Blanquefort, il est dans un état de délabrement avancé [il a été restauré en 2013].

Le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, mai 2012, n° 35, cliquez ICI.

Les moulins disparus. Outre les moulins dont il ne reste que quelques traces, Bonneau, de la poudrerie, Thil, Jallepont, Bussaguet, on peut encore signaler deux autres moulins sur la commune de Blanquerfort : le moulin du Roi (Gua) qui figure sur le cadastre napoléonien un peu avant la sortie du domaine de Majolan et celui de Grangeot, qui a existé au XVIIIème siècle, dans les marais de Blanquefort.

Le moulin de Grangeot.

Les conflits autour de l’eau ont marqué toutes les communes traversées par des cours d’eau à l’importance économique non négligeable. « Durant le XVIIIème siècle, on assista à de longs débats entre les Jurats de Bordeaux, les seigneurs et les propriétaires des marais de Bruges et de Blanquefort. Discussions nombreuses sur la fixation des limites des paroisses d’Eysines, de Bruges, de Saint-Rémy de Bordeaux et de Blanquefort, sur l’implantation d’écluses ou de moulins, conflits au sujet des ponts à construire et la navigation sur la jalle, fâcheries sur les équilibres entre hauteur de l’eau nécessaire aux retenues des moulins et la présence des animaux dans les prairies, sur les écluses devenues obstacles à la navigation, sur l’entretien des fossés et canaux… Exemple du moulin de Grangeot : le seigneur de Blanquefort, duc de Durfort, propriétaire des moulins de Canteret et de Plassan [ces deux moulins existent toujours], veut en implanter un autre sur la jalle qui est navigable. En 1721, il obtient l’autorisation des Jurats de Bordeaux de créer un canal rectiligne qui évite les méandres de la jalle et alimentera le moulin qu’il construit. Longue période de querelles. Le 21 juillet 1760, le seigneur de Durfort et le syndic arrivent à un accord : le maréchal de Duras consent à démolir le moulin ; un pont sera construit sur ses fondations. »

Éléments extraits de l’étude d’André Guillocheau, Le Marais de Blanquefort et les terres environnantes, Publications du G.A.H.BLE, 1993, 128 p.

Noms des 18 moulins à eau qui ont existé sur l’ensemble de la Jalle de Blanquefort.

moulin de Grangeot (commune de Blanquefort)

moulin de Cantaret (Canteret) (commune de Blanquefort)

moulin de Goy (Gua) (commune de Blanquefort)

moulin de Majolan (commune de Blanquefort)

moulin Noir (ou Plassan) (commune d’Eysines)

moulin Blanc (ou Lalande) (commune d’Eysines)

moulin de Jallepont (commune du Haillan)

moulin de Bussaguet (commune du Taillan)

moulin du Moulinat (commune du Haillan)

moulin du Thil (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Cantelaure (commune de Saint-Médard-en-Jalles) à côté du Thil

moulin de Gajac (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulins de la Poudrerie (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Caupian (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Bonneau (commune de Saint-Médard-en-Jalles)

moulin de Peynau (commune de Martignas)

moulin de Bidon (commune de Martignas)

moulin de Grésillas (commune de Martignas)

 

Carte de l'emplacement des moulins.

plan.moulin

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