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Comment échapper à l’impôt au XVIIIème siècle ?

N'étaient pas soumis à la taille les privilégiés comprenant les nobles, le clergé, les bourgeois de Bordeaux (ce qui ne signifie pas tous les habitants de Bordeaux) et les possesseurs de certaines charges. Non seulement les privilégiés sont exempts pour leurs personnes et les domaines qu'ils exploitent eux-mêmes ou par leurs régisseurs mais il leur suffit de prétendre que leur fermier n'est qu'un régisseur : le subdélégué ou l'élu n'y regardait pas de trop près. De cette façon, le privilégié s'affranchit de la taille lui et tout son bien y compris les fermes. En sorte que la plus grosse part du fardeau finit par retomber sur la classe la plus indigente et la plus laborieuse, sur le petit propriétaire qui cultive son champ, sur le simple artisan qui n'a que ses outils et en général, sur les villageois les impôts sont d'autant plus lourds qu'ils retombent sur la classe la moins riche du Tiers-État (Taine). La taille était plutôt mal répartie qu'excessive en son chiffre total, écrit Marion. Dans la paroisse, plusieurs privilégiés se sont élevés contre la prétention des collecteurs de les inscrire sur le rôle des impôts.

Le comble de l'audace appartient à Bertrand Fillon. Ce marchand et habitant du faubourg et paroisse de Saint-Seurin n'est pas bourgeois de Bordeaux, néanmoins « excipant de sa qualité d'habitants de la ville, il prétend jouir du privilège desdits habitants ». On sait que l'habitant de Bordeaux ne jouissait pas des privilèges des bourgeois de Bordeaux contrairement à l'affirmation de Fillon. Malgré les protestations, les collecteurs de Saint-Médard l'avaient inscrit sur le rôle de la taille et à juste titre. Malgré tout, Fillon adressa requête aux Présidents et Conseillers du Roi en la cour de l'élection de Guyenne pour demander à être exempté de la taille. Cette requête fut signifiée par Cotoula, sergent royal au Sénéchal et Présidial de Guyenne résidant au bourg de Blanquefort, à Guillaume Bérard, syndic des habitants et collecteur de Saint-Médard. La signification fut faite à l'issue des vêpres comme le peuple sortait de les entendre, en parlant au Marguillier, au devant de la porte de l'église, en présence de Jean Eyquem et de Jean Laporte qui ont refusé de signer (3 août 1772). On s'explique fort bien que les témoins ne veuillent pas apposer leur signature sur une pièce de procédure dont le but est d'augmenter leur quote-part d'impôts. Le procureur du roi déclare que le suppliant devra faire preuve de son habitation dans la ville comme y tenant pot et feu vif (10 septembre). La confusion entre le bourgeois et l'habitant de Bordeaux si adroitement faite par Fillon dans sa requête est donc avalisée par le ministère public à l'encontre de la réalité. Dès lors, l'issue du procès ne paraît pas douteuse. Et en effet, le 18 septembre, la cour fait défense aux collecteurs entrant en charge en 1773 et aux autres à l'avenir de cotiser Fillon tant que celui-ci sera domicilié dans la présente ville et qu'il fera cultiver ses biens par des prixfaiteurs et gens de journée. Le 25 octobre, Fillon signifie la sentence qui lui donne gain de cause à François Gourmeron, sacristain en l'absence des syndics et collecteurs. Massé, sergent royal à Blanquefort, lit la signification dans le cimetière en présence des témoins qui déclarent ne savoir signer. Les dernières lignes paressent avoir été écrites précipitamment par l'huissier pressé de se retirer pour échapper à la colère des contribuables dont le fardeau fiscal était augmenté contrairement à l'équité il faut bien le dire. Ce Fillon était vraisemblablement descendant de Raymond Fillon de Blanquefort qui en 1748 possédait la maison dite de Labadie avec la Terre s'étendant au levant de cette maison jusqu'au chemin de Saint-Auban à la croix blanche (chemin de la coopérative actuel) sur une partie de ce terrain est édifiée le café du levant. Un descendant de cette famille a été maire de Blanquefort pendant de longues années et jusqu'à la libération.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.238-239.

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