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Quelques événements paroissiaux de 1889 à 1945.

Le 10 novembre 1889, exécution à l'église d'un « oratorio » composé par M. Chaumet, châtelain du domaine de Monplaisir, actuellement Stade Municipal. Les paroles de cet oratorio sont de M. l'abbé Laffargue, curé de la paroisse. Exécution pour le chant, piano, harmonium par Mlles Castaing, M. Dethomas, Sarraut, Mlle Meynac, et de l'harmonie Sainte-Cécile de Saint-Médard. Par la suite, M. Laffargue est nommé archiprêtre de Lesparre. M. Gougon, nouveau curé de la paroisse, M. Carteau remplace à son tour le curé précédent.

Le 17 juin 1905, M. l'abbé Canac est nommé curé de Saint-Médard, Il publie avec le concours de son vicaire M. l'abbé Moulin un bulletin paroissial. M. Canac crée deux écoles libres, l'une de garçons avec M. Lugan comme directeur, l'autre de filles avec Mlle Cadiou comme directrice et Mlle de Lasseigne comme adjointe. Le personnel affecté à l'église se composait d'un porte pique, d'une sacristaine, d'une chaisière, d'un chantre et d'un sonneur de cloches. Peu après, intervint l'inventaire exécuté à l'occasion de séparation de l'Église et de l'État. Quelques personnes s'interposèrent dont M. Jean Castaing.

1911 : grosses difficultés avec la municipalité à l'occasion du renouvellement du bail du presbytère. Une personnalité nouvelle, turbulente, commence à se manifester : Antonin Larroque, à l'origine sabotier, appointé par l'église en qualité de sonneur de clocher. Ce personnage fait à la municipalité des propositions supérieures à l'ancien prix de location. Certains autres conseillers imaginent de faire du presbytère une annexe à l'école laïque. Résultat : le prix de location jusque là assez symbolique comme il était d'usage dans toutes les paroisses, est majoré de trois cents francs. Le cardinal Andrieux, archevêque de Bordeaux, en prend prétexte pour retirer les prêtres de la paroisse.

L'église est fermée le 14 décembre 1913 pour tous offices et toutes autres cérémonies. Désormais, les paroissiens pratiquants doivent aller à Saint-Aubin ou au Haillan où s'est fixé l'abbé Moulin, le vicaire. Entre temps, les conseillers modérés du conseil municipal : docteur Eyquem, Benerut, Thibeau, ont donné leur démission en raison de l'affaire du presbytère, le maire Henri Martin doit composer avec Larroque qui s'affiche de plus en plus comme un militant, se livrant impunément à toutes activités politiques et qui va jusqu'à se déguiser en prêtre pour tourner en dérision la religion lors des fêtes carnavalesques alors en grand honneur à Saint-Médard, à Caudéran et à Bordeaux où il se fait interpeller pour sa tenue jugée scandaleuse.

Le 3 mai 1914, le cardinal Andrieux se rendant compte que la situation s'éternise, au détriment de la seule population pratiquante de la paroisse, décide d'affecter un prêtre pour assurer le service de la paroisse. C'est l'abbé Mounier, futur aumônier des marins de Bordeaux, qui est nommé. Comme il n'y a plus de presbytère, il trouve un lieu d'accueil dans la maison à proximité de l'église où se trouvent actuellement le bureau d'assurances et la recette buraliste qui appartenait à Mlles Laporte, vieille famille Saint-Médardaise qui se consacraient à tous les menus services de l'église et notamment aux catéchismes. Au premier jour de la mobilisation de 1914, l'abbé Mounier, officier de réserve part aux Armées. Par la suite, le service paroissial est assuré par deux prêtres : l'abbé Machinal et l'abbé Marty qui trouvent asile dans la partie d'un immeuble actuellement détruit qui était situé sur la petite place entre la mairie et la boulangerie.

montfort

Le temps de la guerre 1914-1918 se passe sans incidents dans une commune en effervescence du fait de l'activité accrue de la poudrerie, ce qui amène une population très cosmopolite (Annamites, Arabes, etc.). Après l'armistice de 1918, arrive à Saint-Médard avec le titre de curé de Saint-Aubin, M. l'abbé Monfort récemment démobilisé, il est accompagné de M. l'abbé Breiman, prêtre libre, ancien professeur. Bien que pouvant résider à Saint-Aubin, M. Monfort est recueilli par la famille Chevallereau-Castaing, parents de Mme André Berniard. M. l'abbé Monfort avait mission, après une période d'essai, de communiquer ses impressions sur la paroisse de Saint-Médard et celle de Saint-Aubin qu'il ne devait administrer que provisoirement. Mais après cette période probatoire, il décida de demeurer à Saint-Médard. Dès lors, il s'est mis en devoir de chercher un immeuble pour y fixer le presbytère. L'immeuble actuel, quasi à l'abandon depuis de longues années, a retenu son attention. Il a tout d'abord envisagé de solliciter ses paroissiens. Mais Mme Chaumet, veuve du compositeur qui avait fait l'oratorio exécuté en 1889, jugeant ces consultations « longues, pénibles et peu fructueuses » a pris la décision charitable et généreuse de fournir les subsides pour l'acquisition du presbytère actuel. M. Montfort fut dès lors seul propriétaire de cet immeuble. Cette situation n'a pas manqué de l'inquiéter pour l'avenir. Au cours d'une conversation qu'il eut à ce sujet avec son ami et confrère de Caudéran, il apprit que ce problème avait été résolu dans cette paroisse et qu'il y avait été constitué une Société civile dénommée Société Saint-Amand qui groupait et gérait des immeubles, en fait, propriété de la paroisse, afin que ces biens ne puissent faire l'objet d'une nouvelle spoliation de la part de l'État comme lors de la séparation de l'église et de l'État. Les hommes de loi consultés, la certitude fut acquise que cette société pouvait également gérer et assumer la propriété de biens situés hors de Caudéran. Les immeubles de la paroisse, c'est à dire, presbytère et écoles libres, furent incorporés à la Société Saint-Amand.

La période de l'entre deux guerres fut assez calme, M. le curé et son vicaire s'occupant plus spécialement de Saint-Médard, M. Breiman de Saint-Aubin. Cependant, la guerre de la laïcité ne perdant pas ses droits, on fut contraint de fermer l'école libre de garçons par suite du manque d'élèves, le directeur M. Lugan fut nommé dans un autre établissement de Bordeaux. L'école des filles continue de subsister avec Mlle de Lasseigne comme Directrice, Mlle Cadiou étant décédée. Un patronage de jeunes filles dénommé « Bérets Blancs » comme l'association diocésaine du même nom fut créé, il donnait des concerts appréciés par la population. L'abbé Breiman mourut en 1930. Il en résulta que le service paroissial de Saint-Aubin ne fut plus assuré que d'une façon assez précaire, une seule messe y était assurée un dimanche par mois. Les relations municipalité-église furent au fil des ans moins tendues. Larroque qui n'avait plus rien à attendre de la politique devenait moins sectaire que ses acolytes.

Peu de temps après le début de la guerre 1939-1945, le gouvernement de Vichy étant en place, la municipalité socialiste fut dissoute et remplacée par une municipalité non élue. Le 16 novembre 1942, cérémonie sans précédent dans la paroisse ! M. le curé Montfort, élevé à la dignité de chanoine honoraire par l'archevêque de Bordeaux, reçoit son camail des mains du maire entouré d'un comité d'une vingtaine de notables dont le colonel Roux, M. Arvingas, directeur de la poudrerie etc., la cérémonie se fit au fond de l'église, fut suivie d'un discours du maire et de celui de M. l'abbé Monfort ; ensuite, fut célébrée une messe solennelle avec diacre et sous-diacre et le concours de la foule des grands jours. La guerre terminée, la municipalité de Vichy fut à son tour dissoute et les socialistes reprirent les rênes. Il n'y eut pas de brimades, tout se passa dans le calme. Durant cette guerre, Saint-Médard eut droit à quelques bombardements assez disséminés et sans gravité. Les rapports population-occupants ne donnèrent lieu à aucun accrochage, malgré l'afflux d'une population très disparate ; des gens mobilisés ou volontaires venaient de toutes les parties de la France, voire même du monde... Il y eut des Indous, des Arabes, des Espagnols, des Italiens des Russes. Sur la fin, les Italiens furent eux-mêmes internés par les Allemands.

C'est dans la nuit du 29 au 30 avril 1944 qu'eut lieu le fameux bombardement de la poudrerie. Il est juste de dire que la poudrerie fut seule visée, car à une exception près, pas un seul bâtiment hors l'enceinte de la poudrerie ne fut touché, malgré les quelques 80 bombes qui tombèrent au sud de la poudrerie ; seules victimes une grand-mère et son petit-fils près du village de Corbiac. Par contre, tous les immeubles de la commune subirent des dégâts forts importants causés par l'explosion d'un stock de 80 tonnes de poudre noire atteint par une bombe. L'église ne fut pas épargnée : tous les vitraux cassés, la grosse porte d'entrée enfoncée. La période d'après guerre a été assez calme. Antonin Larroque, de moins en moins virulent, entretenait des relations correctes avec le clergé à condition qu'on ne lui demande rien. Il est décédé subitement le 14 octobre 1944, ses obsèques furent naturellement civiles. Son successeur fut Albert Menaut qui n'a guère laissé de traces de son passage.

Aux élections suivantes, le 31 octobre 1947, des modérés furent en majorité, ils placèrent à leur tête Pierre Ramond. L'école libre des filles continua à subsister malgré le petit nombre d'élèves qui la fréquentait, grâce au dévouement de tous et aux subsides annuels d'une kermesse organisée sous les ombrages du parc de la propriété Eyquem, actuellement propriété de Mme Silhouette. La kermesse se perpétue désormais en face, dans le parc du presbytère au profit du centre paroissial. Mlle de Lasseigne, âgée puis malade, fut remplacée par d'autres directrices moins zélées peut-être, découragées par le manque de fréquentation, ce qui décida de la fermeture de l'école en 1961.

En 1948, furent célébrées en grande pompe les noces d'or sacerdotales de M. le chanoine Monfort. Cette cérémonie, présidée par Monseigneur Feltin, entouré de ses vicaires généraux, dont M. l'abbé Guyot, futur cardinal, donna lieu à un énorme rassemblement de toute la population, le maire, le directeur de la poudrerie y prirent part ainsi que des prêtres de Bordeaux et de Lesparre et tous les anciens vicaires qu'avait eu M. Monfort. À cette occasion, M. le curé qui ne voulait rien pour lui comme cadeau personnel employa la collecte qui fut faite à la sonorisation électrique des cloches.

L'année 1954, le 16 juin, M. Monfort est décédé dans son presbytère après une très courte maladie. M. l'abbé Gisclard lui succéda. Au cours de son passage dans notre paroisse, il faut noter la vente du local de l'ancienne école libre de garçons qui était située dans la rue Francis Poulenc. Le produit de cette vente a été affecté à des aménagements divers : presbytère, salle Saint-Paul, véranda, chauffage notamment. Durant la même période, la municipalité de tendance modérée avec ses maires successifs, MM. Ramond et Dussedat, fit procéder à des réparations importantes dans l'église, ainsi qu'à divers aménagements tels que réfection des sacristies, construction d'un escalier en remplacement de l'ancien en bois, peinture intérieure de l'église, installation du chauffage, bancs, orgue électronique.

En 1964, M. l'abbé Jaguelin a été nommé curé de Saint-Médard. Dès son arrivée, il a eu l'heureuse idée de créer un centre paroissial dont la nécessité se faisait de plus en plus sentir du fait de l'augmentation de la population. On ne disposait jusque-là que de l'église et de l'école des filles pour faire le catéchisme. Et même les locaux de l'école des filles avaient été loués depuis plusieurs années à là municipalité qui envisageait d'acheter ce groupe d'immeubles, ce qui se réalisa en 1976. Les hommes de l'art, consultés, tirèrent des plans pour placer ce centre paroissial dans le fond du parc tel que nous le voyons, en utilisant notamment l'emplacement de vieux bâtiments quasi inservables. Les moyens financiers les plus divers furent imaginés ; finalement, deux prêts furent consentis par la caisse d'Épargne grâce aux relations de certains paroissiens, grâce aussi au concours de personnes généreuses. La kermesse d'automne annuelle a pour mission de procurer les subsides indispensables au règlement des annuités d'emprunt. Désormais, toute la vie paroissiale est concentrée à l'église, au presbytère ou au centre paroissial.

Depuis que le centre hippique existe à Issac, une chapelle y a été crée, une messe dominicale y est célébrée, mais la fréquentation y est peu importante. Ces dernières années, des modifications furent apportées à la constitution de la société Saint-Amand qui a été dissoute. Une association Saint-Médard a été créée et à la demande de la chancellerie de l'archevêché et pour ménager la sécurité des biens de l'association à long terme, il a été convenu de céder les biens immeubles et les fonds provenant de la vente du local de l'école libre à l'association diocésaine. Toutefois, il a été entendu que l'association Saint-Médard continuera à gérer et à utiliser les fonds, mais à condition d'obtenir l'approbation de la chancellerie.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.68-71.

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