Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

La famille Castaing au moulin de Gajac.

On lit dans Beaurein à propos des moulins à blé de la Jalle : il y en avait plusieurs, tout comme il en existe encore soit sur la Jalle de Castelnau soit sur celle de Blanquefort (Beaurein vécut à la fin du XVIIIème siècle). Ceux-ci étaient les plus fameux.

C'était principalement dans ces moulins qu'on faisait moudre le blé pour l'approvisionnement de cette ville. On remarquera pour cet effet que lorsque Bordeaux commença à se relever des ravages qu'elle avait éprouvés de la part des Normands dans le cours de tout le IXème siècle, les familles qui vinrent repeupler cette ville dans les siècles suivants fournissaient elles-mêmes à leur subsistance et faisaient faire le pain qui se consommait dans leurs maisons. Elles achetaient elles-mêmes le blé qui leur était nécessaire et le faisaient moudre aux moulins assis sur les Jalles de Blanquefort et de Saint-Médard, au moins on a des raisons de le présumer ainsi. C'était pour lors un usage sagement établi pour prévenir les friponneries des meuniers de leur donner le bled au poids et de faire peser également la farine qu'ils en rapportaient. On leur passait 5 livres de blé par quintal et on leur payait les frais de portages mais on usait à leur égard d'une manière fort sévère lorsque le poids de farine ne s'y trouvait pas.

gajac1

façade aval du moulin.

Voici les propres termes de l'ancien statut de la ville de Bordeaux dressé à cet égard. « À l'avenir, tout conducteur de bête de somme qui rapportera les farines du moulin ira tout droit chercher les personnes à qui elles appartiennent pour assister à la pesée et ces farines ne seront déposées en aucun autre endroit sinon au poids (public) et du poids à la maison de celui à qui elles appartiennent, sous peine d'une amende de trois cent sous ou d'avoir le poing coupé s'il ne peut payer.

Dans les actes de baptêmes, mariages et inhumations de la paroisse de Saint-Médard depuis 1751 jusqu'à 1792, puis, dans les actes de l'état-civil de la commune postérieurement à cette dernière année on trouve les mentions suivantes qui intéressent notre famille. Le premier ancêtre bien identifié est Pierre Castaing, valet de meunier, fils de Bertrand et Anne Branne, qui se maria avec Marie Danet le 1er décembre 1751. Il y avait des Castaing à Sérillan vers cette même époque mais comme l'acte de mariage ne fait pas connaître la paroisse natale de Pierre, on ne peut affirmer qu'il fut membre de cette famille oui ou non. Puis, on ne trouve aucune mention jusqu'au 22 juillet 1761 ; le même jour, fut baptisée Marie, fille de Pierre et de Magdeleine Delhomme. D'après cet acte, il est certain que Pierre avait contracté un second mariage avec M. Delhomme dont on ne trouve pas trace dans les archives de notre paroisse. Trois ans plus tard, le 21 mai 1764, eut lieu le baptême de Marie et d'Elisabeth, filles de Pierre et M. Delhomme de cette paroisse. Pour Marie, furent parrain et marraine Jean Peychaud, forgeron, et Marie Lestage ; pour Elisabeth, le parrain fut Jean Darrys, brassier (journalier), la marraine Élisabeth Barre de la paroisse du Taillan. Ont seuls signé Peychaud et Darries. Le 8 mars 1767, fut baptisé un autre enfant, Pierre, fils de Pierre, meunier et de M. Delhomme. Le parrain Pierre Lestage, maître poudrier, et la marraine Catherine Eyquem « n'ont sçu signer ». Malheureusement, Pierre, meunier, mourut jeune étant âgé de 45 ans, le 24 novembre 1772, après avoir été confessé et reçu l'extrême onction. Il fut inhumé le lendemain comme l'atteste l'acte dressé par Linars, curé. Un des enfants de Pierre et Magdeleine Delhomme, qui naquit dans une autre paroisse puisque son acte de baptême ne figure pas sur les registres de Saint-Médard, André, fut parrain le 14 janvier 1775 et signa l'acte de baptême. Il se maria plus tard à Gajac et y fit souche. Dans un acte de 1813, André déclare être âgé de 55 ans, ce qui fixe son année de naissance à 1758, sa sœur Magdeleine était probablement née un peu auparavant. Magdeleine, née elle aussi hors de la paroisse, se maria avec François Andraut, brassier, à Gajac le 21 novembre 1777. Pierre, meunier, fils de feu Pierre Castaing et de Magdeleine Delhomme, meunière, se maria avec Jeanne Toulouse, fille de Jean Toulouse, vigneron, le 17 décembre 1792. Entre autres enfants, ils eurent Guillaume, né le 23 frimaire an VI, notre arrière grand-père. Pierre, meunier, fils de feu Pierre Castaing et de Magdeleine Delhomme, meunière, se maria avec Jeanne Toulouse, fille de Jean Toulouse, vigneron, le 17 décembre 1792. Cette énumération montre qu'il existe un trou dans nos renseignements puisés dans les registres des sacrements de la paroisse de Saint-Médard entre le 1er décembre 1751 et le 22 juillet 176l. On ne peut l'expliquer que par l'absence de notre famille pendant cette décade. Vraisemblablement, Pierre est allé exercer son métier au moulin du Ciron qui appartenait au même propriétaire que le moulin de Gajac où il était occupé en qualité de valet de meunier, ou à quelque moulin près de la Brède. Il y serait resté une dizaine d'années pendant lesquelles il avait contracté un second mariage avec Madeleine Delhomme. Une fille Madeleine et un fils André naquirent pendant cette période. À l'appui de cette hypothèse, on peut invoquer la tradition conservée dans notre famille que le moulin de M. de la Salle était situé sur le Ciron à peu près comme le nôtre, sur le cours même de la rivière.

gajac2

façade amont du moulin.

Et aussi plusieurs anecdotes inédites sur la vie de Montesquieu à la Brède avec des détails très précis recueillis de la bouche même des gens qui les avaient vécues ou tout au moins qui les leur avaient entendues raconter. On en a trouvé dans la notice de la paroisse à propos de la chasse, en voici une autre : à cette époque, les cercles des vaisseaux vinaires étaient faits en bois de châtaignier. Or, un habitant de la Brède, du nom de Mandou, fit sa provision dans la châtaigneraie de Montesquieu. Découvert par le garde et menacé d'une peine sévère pour son larcin, le délinquant partit à pied pour Paris où se trouvait « Moussu », c'est ainsi que les villageois désignaient Montesquieu. Comme on peut bien penser, celui-ci fut extrêmement surpris de l'arrivée imprévue d'un tel personnage : « Eh! Té balu, Mandou ! Mais qu'as heyt ? (Eh te voilà, Mandou, mais qu'as tu donc fait ? »), soupçonnant qu'il fut l'auteur de quelque méfait ; l'autre se jetant à ses pieds lui fit le récit de son aventure, en patois bien entendu, car Montesquieu ne se servait pas d'autre langage avec les habitants de la Brède. Après cette confession, Montesquieu jugea que le voyage à pied de la Brède à Paris constituait une répression bien suffisante, il garda Mandou pendant quelques jours dans la capitale chez lui, puis le renvoya absous.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.119.

 

gajac

façade aval du moulin.

Le moulin de Gajac est une ex-dépendance de la seigneurie de Gajac. Il est fait mention de sa présence en l'an 1289 mais il est probable qu'il existait auparavant. On y fait de la mouture jusqu'en 1945, il est transformé en fabrique de glace industrielle en 1946. Il goûte à présent une retraite méritée, bien qu'il soit toujours habité et en fonctionnement possible.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Gajac, par Pierrette Vergez, p.108

Pour découvrir les 18  moulins de la jalle de Blanquefort, cliquez ICI.

 

joomla template