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Le camp des Lanciers.

Le quartier du Camp des Lanciers s'étend de la Jalle vers le centre-ville. Le parc des bords de Jalle est une belle plaine verdoyante ; il a été pendant longtemps un lieu de détente, avec quelques beaux platanes en contrebas de la route. Près du pont, un petit coin sablonneux servait de plage aux Saint-Médardais.

À partir de 1936 et des congés payés, elle fut fréquentée par les Bordelais les dimanches et jours de fête. Ils venaient en famille, avec le tramway, pique-niquaient sous les ombrages et prenaient un bain dans l'eau pure de la rivière. L’ensemble est toujours un lieu de détente très apprécié mais d'une manière différente. La placette est réservée aux cirques et chapiteaux. À l'arrière, les jeunes apprécient l'aire de jeux. Plus loin, les scolaires et les sportifs pratiquent tout au long de la semaine le football et le rugby. Au fond, les archers s'entraînent sur les cibles aménagées et le parcours santé-promenade est régulièrement fréquenté par jeunes... et toujours jeunes.

Le cœur de ce quartier était un vaste terrain communal, une lande stérile et marécageuse connue sous le nom de « Lumagne de Gajac », où avaient séjourné, lors du camp de la Gironde en 1845, les lanciers du duc d'Aumale. La municipalité a vendu l'ensemble afin d'y construire un lotissement qui sera appelé le « Camp des Lanciers », dont le plan a été établi par le géomètre Gaillard.

Ce lotissement aux rues perpendiculaires est le plus ancien de la commune. Une grande partie des maisons construites à la fin du XIXème et au début du XXème siècle est encore occupée par les descendants des familles d'origine. La plupart exerçaient les professions de poudriers, blanchisseuses ou maraîchers. Au hasard de la promenade, on emprunte des rues dont les noms évoquent des écrivains français ou l'histoire de Saint-Médard.

Le docteur Jules Eyquem, né en 1851, après des études à la faculté de médecine de Paris, s'installe vers 1880 dans sa ville natale dont il est certainement le premier médecin. Il soigne les militaires malades du typhus au camp de Caupian et devient le médecin de la poudrerie. Clément Dessales, né en 1872, agent administratif et militant syndicaliste à la poudrerie, devient adjoint au maire Antonin Larroque en 1925. Éloi Dugay, né en 1856, serrurier au bourg, est très connu pour sa participation à la vie de la commune. Il est conseiller municipal, puis premier adjoint au maire en 1912. Théobald Turon, né en 1869, pharmacien, est conseiller municipal en 1908. André Gendreu, bien que né en 1895 à Bordeaux et décédé en 1990 dans la même ville, a exercé une partie de ses talents de pédagogue à Saint-Médard. Après des études brillantes au conservatoire de Bordeaux, il y devient professeur de fugue et de contrepoint. Chef d'orchestre à la Société symphonique de Caudéran et directeur de la Société philharmonique de notre commune, il anime les chorales scolaires qu'il conduit au succès.

Une autre rue porte le joli nom de chemin de Cantelaude ; selon les origines latines et occitanes du verbe chanter et du nom alouette, c'est « le lieu où chantent les alouettes ». En continuant vers la piste cyclable, on rencontre une construction H.L.M. toute récente, la résidence Le Colombage.

La modernisation s'est poursuivie, suite à la décision de la municipalité de transformer le quartier en « zone 30 », c'est-à-dire vitesse limitée à 30 km/h. Les travaux ont été poursuivis en 1998 par l'édification de quatre portes en pierre, donnant au Camp des Lanciers l'allure d'une propriété privée de très bel effet. À l'intersection de l'avenue Montaigne et de la piste cyclable, se dresse une coquette maisonnette restaurée avec goût. Jusqu'à la fermeture de la ligne de chemin de fer elle était dénommée « la Halte ». Le train s'y arrêtait, évitant aux habitants des environs d'aller à pied jusqu'à la gare, assez éloignée. Ainsi, en semaine, chacun pouvait se rendre sur son lieu de travail plus facilement et le dimanche profiter des « trains de plaisir » vers la plage de Lacanau.

En suivant la piste cyclable vers Bordeaux, le Camp des Lanciers se trouve sur la droite et de l'autre côté, le lieu-dit « Preuilha » ou Preuilhac, où divers bâtiments ont été édifiés. D'abord, le lycée professionnel Jehan-Dupérier, construit en remplacement du vétuste collège d'enseignement technique, est l'œuvre des architectes Huguet, Prévost, Loirat, et a été inauguré le 5 novembre 1991 par le secrétaire d'État à l'enseignement technique. Le sieur Jehan Dupérier était un bourgeois négociant à Bordeaux. Il a construit les premiers moulins à poudre de Saint-Médard et est à l'origine de la création de la poudrerie. Un peu plus loin, se dresse le centre Marc-Bœuf, centre alternatif pour handicapés adultes. Le terrain mis à la disposition de l'A.P.A.J.H. (Association pour adultes et jeunes handicapés) a vu la première pierre posée le 8 mars 1991 en présence du secrétaire d'État aux handicapés et aux accidentés de la vie. Marc Bœuf (1934-1993) était sénateur et conseiller général de la Gironde, ancien professeur de collège et directeur de la section girondine de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale.

Enfin, allée du Preuilha, la salle « Ariane » jouxte le lycée professionnel. Elle présente une situation idéale pour regrouper les activités sportives des établissements scolaires voisins. Son aire de jeux importante permet de pratiquer le handball, le basket-ball, le tennis, le badmington... Elle accueille également les archers des bords de Jalle pour leur entraînement et des compétitions. Sept cents spectateurs peuvent y suivre les évolutions de leurs équipes. Inaugurée le 4 mars 1993 par le président de l'Assemblée nationale, son nom évoque bien sûr la célèbre fusée et rappelle la vocation spatiale de Saint-Médard-en-Jalles. Les deux quartiers ont marqué l'évolution de Saint-Médard. Le Camp des Lanciers évoque par son nom les activités rnilitaires de notre cité. Son habitat traditionnel typique de la région fait penser aux activités des hommes et des femmes de la première moitié du siècle : blanchisseuses, maraîchers, poudriers. Le Preuilha concrétise les nécessités de la fin du siècle : évolution de l'enseignement, activités sportives, protection des plus faibles. La piste cyclable les sépare. Elle a drainé au temps du chemin de fer beaucoup de voyageurs et de marchandises. Aujourd'hui, empruntée par de nombreux cyclistes, marcheurs et promeneurs, elle est le symbole de l'écologie et de la détente.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Le camp des Lanciers, par Guy Deyries, p.111-116.

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