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La commune de 1919 à 1939.

En 1918, notre commune reconnaissante cède gratuitement à l'autorité militaire 1232 mètres carrés à Balanguey pour l'inhumation des 148 soldats de Saint-Médard tués au champ d'honneur.

Les élections municipales du 30 novembre 1919 permettent à Henri Martin, au sein d'un conseil comprenant dix membres sortants, de renouveler son mandat de maire, sans aucune difficulté. Il est élu avec vingt-deux voix sur vingt-trois votants, en compagnie des adjoints Éloi Dugay et le Dr Alcide Castaing, préférés au candidat Firmin Montignac.

anc-mairieL'ancienne mairie.

 

Les premiers dossiers étudiés par cette nouvelle municipalité sont, outre le monument aux morts, l'électrification, l'entretien de la voirie avec le rétablissement du poste de chef cantonnier et la nomination d'un cantonnier supplémentaire en 1921. Vient ensuite la fixation des taxes annuelles sur les spectacles. Un vent de modernité souffle sur nos industries comme l'automobile, la mécanique, la construction aéronautique, la chimie… laissant en retrait l'agriculture. Au programme communal sont projetés et réalisés outre l'électricité, l'agrandissement du bureau de poste (le tri s'effectue en mairie !), la captation de la source de Gamarde (1922-1928), la plantation d'arbres au champ de foire (1921-1922), la démolition du parc à vaches de la future place de Gajac (1923) et la reconstruction des tribunes en bois du stade, détruites lors d'une tempête au printemps 1923.

Dans le domaine économique, le conseil municipal, eu égard aux prix très élevés des denrées de toutes sortes et à la rareté des loyers, émet le vœu que la commune soit considérée comme banlieue de Bordeaux pour la fixation du taux de l'indemnité de résidence. À Saint-Médard, en 1920-1922, l'abandon de diverses industries et la compression du personnel de la poudrerie nationale obligent près de quatre cents ouvriers à aller chercher du travail à Bordeaux. En janvier 1924, suite à la loi du 27 juillet 1923, modifiant les articles 73 et 77 de la loi du 5 mai 1884, le conseil municipal procède à la nomination de deux adjoints supplémentaires, Firmin Montignac et Alexis Puyo. Les élections municipales de 1925 voient, le 3 mai, s'affronter au premier tour la Liste ouvrière des candidats membres du parti socialiste avec Antonin Larroque, Gaston Pioton, Maximilien Fitte, Albert Laurent, Clément Dessales... et celle du Parti républicain radical et radical socialiste menée par Henri Martin, Élie Courbin, Firmin Montignac, Alexis Puyo, Théobald Turon... C'est « une victoire nettement républicaine, radicale et socialiste » ; lors du second tour, le 10 mai, une liste unique du Cartel des gauches est proposée aux électeurs. Le citoyen Larroque ayant été élu au premier tour, il reste donc vingt-deux candidats à élire ; la liste sera donc composée de onze radicaux-socialistes et de onze socialistes. Ainsi, a-t-on sous la même étiquette Martin, Dessales, Courbin, Fitte, Montignac, Dubet, Puyo, Destang, Turon, Laurent, Pioton, Duport...

Le 17 mai, Antonin Larroque est proclamé maire par 12 voix contre 10 à Henri Martin. Ses adjoints sont Maximilien Fitte, Clément Dessales, Albert Laurent et Ismaël Castaing élus avec 12 voix sur 22 votants. La nouvelle municipalité poursuit l'électrification des villages, entame des pourparlers pour l'établissement du réseau de distribution de l'eau potable, entretient les bâtiments scolaires et signe un bail avec la poudrerie pour la location des anciennes prisons des Annamites sur la route de Caupian afin d'y aménager des logements ouvriers. De nombreux travaux de voirie, caniveaux, pavage, ponts avec l'aide du génie militaire, écoulement des eaux avec tuyaux en ciment..., sont réalisés dans les différents quartiers de la commune ainsi que l'aménagement de la place de Gajac (1926-1928) presque sous sa forme actuelle. Plus tard, sur une longueur d'environ deux kilomètres, la traversée du bourg sera pavée. Une plage est créée au pied du pont de Gajac. Un lavoir est construit en 1928 sur la rive droite de la rivière, les lavoirs existants restaurés, celui du Pont-Rouge et celui du « 113 » à proximité de l'ancienne usine Salières, spécialisée dans le lavage des laines, occupée de nos jours par les sociétés carnavalesques.

lavoir

Par une décision du 3 juin 1926, le conseil municipal adopte le principe de la création d'une succursale de la Caisse d'épargne de Bordeaux. En août, la liste des administrateurs est établie avec, entre autres, Maximilien Fitte, Clément Dessales, Albert Laurent, Charles Capsec, Alexis Puyo, Ernest Marchanseau, Ferdinand Loutrein, Marcel Dubet, Maurice Duport... Il y a aussi la création d'un service hebdomadaire de nettoiement (1925), l'étude pour la réalisation des bains-douches, dont la première pierre ne sera posée qu'une dizaine d'années plus tard ! Malgré les très nombreuses pétitions, démarches et interventions tant auprès de la Compagnie des tramways que des élus départementaux, jamais la municipalité n'obtiendra la prolongation de la desserte d'Astignan par le tramway. Par arrêté du 16 octobre 1926, le maire fixe la vitesse maximale dans l'agglomération pour les camions à 20 km/h et pour les automobiles à 30 km/h. Signe des temps, J. Arnaudin demande en 1925 à « être autorisé à établir sur le trottoir du chemin de grande communication n° 6 [grand-rue], deux distributeurs automatiques d'essence, fixes, alimentés par une canalisation souterraine ». En 1929, deux autres points de distribution d'essence, Baqueyau Camp des Lanciers et Feugeas au bourg, puis en 1932 un troisième à Issac chez Dubet sont créés. Le conseil municipal autorise, en juin 1924, la maison Citroën à placer, à ses frais, différents panneaux de réclame dans la commune, après consentement des propriétaires. En 1925, Arnaudin affiche « Toneline huile pour autos » et en 1929, le mécanicien Degenne en installe deux pour sa propre publicité au tournant de la route de Lacanau. Une course automobile sera même organisée le 26 juin 1932 sur le circuit route de Lacanau, La Vierge, Astignan, Picot.

pompe

Les élections de mai 1929 ne sont qu'une simple formalité pour la Liste ouvrière et paysanne du Parti socialiste (S.F.I.O.) menée par Antonin Larroque, Maximilien Fitte, Albert Laurent, Ismaël Castaing, Gaston Pioton, tous conseillers sortants. Malgré une campagne de protestation exprimée dans le quotidien La Petite Gironde par la liste du Comité républicain, radical et radical-socialiste dirigée par Henri Martin, André Lesportes, Élie Courbin, Maurice Duport, Hippolyte Greleau, elle est battue dès le premier tour. Le 19 mai, Larroque est réélu maire, avec pour adjoints titulaires Maximilien Fine et Albert Laurent, adjoints supplémentaires Gaston Pioton et Marcel Dubet. Tous obtiennent le même nombre de voix : 23 sur 23 votants.

Les premiers effets de la crise mondiale de 1929 ne se font sentir en France qu'en 1931. De nombreuses entreprises font faillite ; l'État doit secourir l'agriculture frappée par la chute des prix en 1932-1935. De mai 1929 à l'éclatement du Front populaire, la municipalité d'Antonin Larroque continue le programme entrepris depuis 1925 : extension du réseau électrique, distribution d'eau potable, entretien de la forêt et des passes communales. L’amélioration de la voirie nécessite l'ouverture à Pichelèbre d'une gravière et l'achat d'une autre à Astignan pour exploitation. En même temps, sont effectués l'entretien et l'agrandissement des locaux des écoles et de la poste.

Les deux grandes réalisations de cette municipalité sont sans conteste l'hôtel de ville et les bains-douches. Le projet des bains-douches a été adopté par le ministre de l'Intérieur le 9 septembre 1935 et la première pierre posée le 17 mai 1936, jour de l'inauguration de la nouvelle mairie. Ces deux constructions ont été réalisées grâce à un emprunt, décidé par le conseil municipal, en date du 6 novembre 1932, auprès du Crédit foncier s'élevant à 700 000 francs remboursables en 30 ans, à compter de février 1933.

mairieLa nouvelle mairie.

D'autres projets sont menés à bien. En 1931-1933, la municipalité loue une partie du champ de foire pour la construction de deux courts de tennis. Elle fait aussi placer des douches à l'arrière des tribunes du stade de Gajac. En 1934, la couverture de l'église est remaniée, les murs vétustes du parc de la mairie sont supprimés et remplacés par une clôture métallique, le cimetière est aménagé et agrandi par l'achat de terrains limitrophes. En 1933, la location à la ville de Bordeaux du champ de tir de Caupian et en 1936 le bail avec la poudrerie concernant l'ancienne prison des Annamites sont renouvelés. Enfin, des subventions sont accordées comme chaque année à diverses associations : AS.S.M., Société des fêtes de la Muse de Gajac, rugby-club (à XIII) de Saint-Médard, batterie et sonnerie de la poudrerie, Club du Levant, comités des fêtes de Gajac, de Corbiac, du Camp des Lanciers, d'Issac, d'Astignan, de Caupian, de Magudas, du bourg et de carnaval. Ceci prouve la vitalité de la commune et de ses 5 200 habitants.

Le 5 mai 1935, sous l'étiquette Parti socialiste, la liste de la municipalité sortante sollicite les suffrages de nos concitoyens. Elle est opposée à la Liste de défense des intérêts communaux, liste « au-dessus des partis, libérée de toute action de comités, de coterie ou de loges ». Dirigée par le Dr Édouard Robert, chevalier de la Légion d'honneur, avec François Mazières, Jean Pallares, Théodard Turon, Jacques Lestage, elle critique la gestion de la municipalité en place depuis dix ans en ces termes : « Nous nous sommes dressés et unis pour arrêter le gaspillage et l'incohérence depuis déjà trop longtemps dans l'administration de Saint-Médard-en-Jalles. La gestion de la municipalité sortante se solde par un déficit, par une telle dette, qu'elle n'a pas encore osé vous en avouer le chiffre [...] cette dette grève d'impôts extrêmement lourds toutes les familles... à une période où il est si difficile de gagner simplement sa vie. Nous assistons à une véritable débauche de dépenses inutiles ; le seul exemple de notre hôtel de ville est suffisant, je crois, pour le démontrer. Si encore ces travaux avaient atténué le chômage ! Non seulement nos chômeurs n'y ont pas trouvé de travail, mais le fonds de chômage n'a pas fonctionné, il a été dévoré par ces dépenses inutiles. Le coût de la vie a diminué dans les communes voisines [...] à Saint-Médard, au contraire, la vie reste, à cause d'un organisme quasi municipal [il s'agit de l'ancienne coopérative], plus chère qu'à Bordeaux et que dans les plus grandes villes de la France entière. » La bataille électorale est âpre mais la liste entière présentée par Antonin Larroque est élue au premier tour. Dans les remerciements des élus socialistes, notons un dernier mot à l'adresse du Dr Édouard Robert : « Ce n'est pas tant le maire Larroque qu'il voulait remplacer à l'hôtel de ville, mais c'était plutôt le colonel de La Roque [président des Croix de Feu] qu'il voulait y implanter. » Le 19 mai 1935, par 22 voix pour et un nul sur 23 votants, Antonin Larroque est réélu et s'entoure des mêmes adjoints qu'en 1929, titulaires Maximilien Fitte et Albert Laurent, supplémentaires Gaston Pioton et Marcel Dubet. Mais Marcel Dubet décède le 1er décembre 1937. Joseph Gaillard est élu quatrième adjoint le 11 mars 1938 par 17 voix sur 17 votants. Ce conseil municipal restera en place jusqu'en mars 1941.

Grâce au Front populaire sorti des urnes, et aux lois sociales, en particulier les quinze jours de congés payés, c'est la découverte en été 1936 d'une autre vie pour beaucoup de Français : trains spéciaux pour les bains de mer, camping, promenade du dimanche en famille souvent à bicyclette, parfois en tandem. Les plages de Caupian et de Gajac attirent beaucoup de monde ; elles sont aménagées avec eau potable et toilettes ; des autorisations sont accordées pour des débits de boissons « hygiéniques » (non alcoolisées) et pour l'installation de cabines de bain.

Texte et photographies extraits de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 52-57.

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