Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

La Seigneurie de la Motte-Gajac.

Le style architectural, s'il rappelle les anciens châteaux forts, ne présente pas les mêmes caractéristiques. Aucune trace d'éléments défensifs : ni pont-levis (pourtant signalé par Guillon en 1867), ni meurtrières, ni créneaux, ni mâchicoulis. Les douves n'offraient qu'une protection illusoire.

Ce château n'aurait résisté à aucune attaque. Il ne parait pas être antérieur au milieu du XVème siècle. Léo Drouyn n'en fait aucune mention dans « La Guyenne militaire ». Il fut sans doute construit à la fin de la guerre de Cent Ans. Était-il le château de la Paix ou celui d'un seigneur peu fortuné vivant de l'exploitation de ses terres ?

Jehan Rostaing, mari de Marguerite de La Rochechandry, fut-il le premier seigneur de Gajac ? Vers le milieu du XVème siècle, le château passe à la famille Ayquem (ou Eyquem). Ramon Ayquem (1409-1478), marchand de poissons salés rue de la Rousselle, s'enrichit. II acquiert « la terre noble de Montaigne » en Dordogne. Son fils Grimon Ayquem fut dénommé « noble homme » dans un acte de 1517. En 1573, décède Pierre Ayquem, « seigneur de Montaigne et seigneur de La Motte-Gajac ». À la fin du XVIème siècle, Geoffroy de Montaigne, conseiller au parlement de Bordeaux, est seigneur de Bussaguet et de La Motte-Gajac. Il possédait, outre le château, le moulin et le village de Gajac, les biens La Fon avec Le Castéra et une grande étendue de terres avec le fief de Corbiac. Le 19 novembre 1660, Henri de Montaigne vend à Jehan Duperier, par bail à fief pour six cents livres, un terrain au lieu-dit « Le Castéra entre Caupian et Gajac ainsi que l'eau de la Jalle qui le traverse », pour y construire des moulins à poudre « et non des moulins à moudre le blé ».

C'est la naissance de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles (l'acte original dressé par Me Vigier se trouve aux Archives départementales). Un an plus tard, une explosion détruit les moulins et tue Jehan Duperier.

Par héritage, le château passera successivement : en 1711, à messire Bernard de Portepain de Lasalle du Ciron, conseiller au parlement de Bordeaux, époux de Marie de Montaigne, fille unique de Henri de Montaigne décédé en 1679. En 1765, aux « demoiselles de Montaigne », qualifiées de baronnes de Saint-Médard, Marguerite, Thérèse, Anne et Jeanne. En 1770, à messire Daugeard de Basterot qui émigre au début de la Révolution et meurt en exil. Sa veuve Marie Daugeard de Basterot émigre à son tour. Leurs biens sont déclarés biens nationaux, vendus aux enchères à de nombreux acquéreurs, donc dispersés. Un titre du 14 juin 1296 indique « un château au milieu de la Jalle en un lieu appelé le Puch du Castet » ; il pourrait s'agir du Castéra (aux XIII et XIVèmes siècles, un castéra est un petit manoir fortifié.) On ignore tout de lui avant le XVIème siècle ; il « dépend de la maison de Courbiac, elle-même dépendance de la seigneurie de la Motte-Gayac » dont le seigneur est Geoffroy Ayquem de Montaigne.

Ce château était petit, de forme quadrangulaire, avec à chacun des quatre angles une tour ronde dirigée vers un point cardinal, des murailles d'un mètre d'épaisseur, des fenêtres à meneaux et une porte s'ouvrant dans la courtine nord-est sous une arcade ogivale. Il comprenait un rez-de-chaussée éclairé par huit meurtrières courtes et un étage, auquel on accédait par un escalier en bois, éclairé par huit fenêtres, cinq petites et trois grandes, et chauffé par quatre cheminées. Trois des tours d'angle ont une petite fenêtre, la quatrième, à l'est, renferme l'escalier qui monte au chemin de ronde. Il fut construit en pierre jaunâtre, certainement de la molasse de Caupian.

D'après Léo Drouyn, qui l'a visité déjà en ruines en 1853, il fut bâti sur « des terres d'alluvions qui étaient bien au-dessus du niveau du sol au XIIIème siècle ». Comme toutes les anciennes forteresses, « il se composait d'une enceinte particulière entourée de fossés alimentés par la Jalle et d'une basse cour protégée par un second fossé, mais des fossés et de la basse cour il ne reste plus de traces ». En 1887, lors de l'explosion d'un dépôt de poudre, la tour nord et le mur nord-ouest s'écroulent dans la Jalle. Ses ruines, à l'intérieur de la S.N.P.E., baignent dans un marais et sont envahies par la végétation.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 11-14.

 

Pour en savoir plus sur les Seigneuries de la commune, cliquez ICI.

joomla template