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La conquête de l'eau.

La présence de sources nombreuses sur le territoire de Saint-Médard-en-Jalles, sur les rives des jalles de Martignas, de Bonneau et leur prolongement la jalle de Blanquefort ont permis à notre ville de jouer un rôle important dans l'alimentation en eau de notre région. Les eaux de source et de captage sont puisées dans des nappes issues des calcaires à astéries de l'oligocène supérieur, tandis que celles des forages proviennent soit du miocène, soit de l'oligocène, soit de l'éocène moyen, à des profondeurs variant de 50 à 400 mètres.

Cette richesse a permis à notre cité, à la ville de Bordeaux, à la Lyonnaise des eaux, de vivre des périodes parfois mouvementées depuis la deuxième moitié du XIXème siècle. Il faudra cependant attendre 1907-1908 pour que puisse être exploitée la première d'entre elles, celle de Cap-de- Bos, à l'origine de la formidable entreprise actuelle.

La source de Cap-de-Bos.

Longtemps considérée, à tort, comme la source de la jalle de Blanquefort, elle se trouve à la sortie de Saint-Médard-en-Jalles, direction Le Porge, au bout d'une route forestière. Dans un sire clôturé, la source se trouve à l'intérieur d'un bâtiment en béton, carré peu esthétique, remontant à 1908, date à laquelle a commencé son exploitation. Elle est profonde de vingt-neuf mètres.

Au débit immuable, elle est captée par un puits artésien et s'écoule dans deux grands bacs ; des filtres en grillage simple posés verticalement arrêtent des particules rougeâtres abondantes : il s'agit de fer. En effet, cette eau est ferrugineuse et devra subir un traitement adéquat. À l'extrémité de chaque bac, deux grosses vannes laissent partir l'eau vers le canal d'amenée long de 8 940 m. Elle arrive ainsi à l'usine Berdus de Gajac par gravitation naturelle.

Le captage de cette source a conduit, dès 1907, à l'expropriation pour une cause d'utilité publique des terrains l'environnant et de ceux du tracé du canal d'amenée de Cap-de-Bos à Berdus, ceci au profit de la Lyonnaise des eaux.

La source de Berdus.

En 1908, cette même Lyonnaise des eaux a fait construire une usine de refoulement au lieu-dit Berdus, rue Alcide-Castaing. À cette époque, des pompes à piston entraînées par des machines à vapeur élevaient l'eau provenant de la source de Cap-de-Bos pour la mettre en pression et alimenter le réseau de distribution. Avec un débit de trois cents mètres cubes à l'heure, l'eau était acheminée au réservoir de La Forêt et de là, alimentait les communes du Bouscat et de Caudéran. Le réservoir a été remplacé en 1990-1991 par le château d'eau de Mermoz, d'une capacité de quatre mille mètres cubes, à la sortie du Haillan.

Entre 1920 et l930, l'installation est modifiée afin de permettre l'amenée des eaux du captage de la galerie de Caupian et celles des forages semi-profonds de Gajac. C'est aussi à cette époque que sont mises en place les premières pompes centrifuges et les installations de déferrisation sous pression et de chloration.

L’usine gardera cet aspect pendant trente ans. En 1950, les installations de Gajac s'insèrent parmi les ouvrages du S.I.A.B.A.D.E. (Syndicat intercommunal de l'agglomération pour l'adduction et la distribution de l'eau). Cette association regroupe Bordeaux et douze communes périphériques. La Lyonnaise des eaux est nommée régisseur de l'exploitation de ce syndicat. Les besoins devenant de plus en plus grands, une eau abondante et de bonne qualité ne peut plus être fournie : en 1961 l'usine est réaménagée.

Une nouvelle station de traitement et de déferrisation est construite avec matériel de pompage et installations électriques. La production passe à six cents mètres cubes à l'heure. Un réservoir de deux mille mètres cubes situé deux cents mètres plus loin, route de Corbiac, entre le Pont Rouge et le stade, stocke l'eau brute. Elle est ensuite amenée à la station de traitement où elle est pulvérisée à l'air libre ; le fer y est ainsi oxygéné et les gaz en excès éliminés. Cette pulvérisation était faite jusqu'en 1973 au-dessus d'une couche de lave volcanique : des filtres à sable récupéraient l'hydrate ferrique qui s'y déposait et étaient nettoyés à la main. Ce lavage deviendra automatique en 1988 grâce à une programmation par ordinateur. Toutes les informations sont alors transmises et centralisées rue Paulin, à Bordeaux, où se font depuis tous les contrôles et toutes les opérations.

En 1998, après l'installation d'un réservoir de 2 300 mètres cubes à Cap-de-Bos, un nouveau bassin pour la déferrisation est construit. Vu l'augmentation de la population, en 1999, le canal d'amenée de la source de Cap-de- Bos à l'usine de Berdus est doublé et le débit est augmenté grâce à de nouveaux forages, dont celui de la Lande de Piquès.

La station de traitement des eaux de Gamarde.

Le 5 février 1922, la mairie de Bordeaux achète la source de Gamarde avec les terrains et les paie deux cent vingt-cinq mille francs. La commune de Saint-Médard-en-Jalles dispose du capital mais doit verser chaque année les intérêts de celui-ci pour les améliorations qui intéressent les habitants de Gajac et de Bos.

En 1928, la ville de Bordeaux fait procéder au captage d'une nappe aquifère au moyen d'une galerie drainante de quatre cent dix mètres de longueur, dans sa propriété du Thil. Dès 1957, de brusques variations de couleur apparaissent dans les eaux extraites de la galerie et les qualités bactériologiques se détériorent.

En 1959 et en 1960, ces eaux sont inutilisables pendant trois mois et leur coloration reste gênante plus de deux cents jours. Le bon traitement est enfin trouvé. En 1965, l'entrée en fonction de cette nouvelle station de traitement permet de résoudre le problème de production d'eau potable. Celle-ci est acheminée vers le réservoir de Cap-Roux à Mérignac. Les sources du Thil alimentent Le Taillan, Eysines, Bruges, Le Bouscat et Bordeaux.

Actuellement, le télécontrôle Ausone à Bordeaux, rue Paulin, permet de gérer en permanence la production et la distribution. L’intérêt majeur de ce centre de contrôle est qu'il fournit en temps réelles indices de qualité et toute production peut être immédiatement arrêtée si elle ne répond plus aux normes. Le contrôle de la qualité des eaux fait de toute façon l'objet d'une triple surveillance par le laboratoire du service des eaux, le laboratoire municipal de la ville de Bordeaux et par des analyses établies en accord avec la D.D.A.S.S. Deux mille cinq cents analyses par an sont effectuées sur les sources, les stations élévatoires, les forages et les conduites de distribution. La terre girondine nous a dotés d'un breuvage extraordinaire, le vin de Bordeaux, mais son patrimoine souterrain recèle un privilège rare, celui de nous permettre de puiser dans d'immenses réservoirs souterrains qui fournissent une eau potable de très bonne qualité.

Notre cité contribue efficacement, grâce à ses réserves, à fournir cette eau naturelle possédant même les qualités intrinsèques d'une eau minérale ; c'est le cas du captage du Thil. Les réserves sont évaluées à plusieurs milliards de mètres cubes... Cependant, l'eau est un bien précieux, elle représente la vie et sa qualité doit être irréprochable. Ceci justifie le soin apporté à sa surveillance. Notre rôle à tous est d'œuvrer contre la pollution pour la garder et la léguer pure à nos enfants.

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 89-91.

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