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La période antique.

Sur le domaine de Gironville, à près d' 1 km au nord du bourg, avant 1837, F.-V. Jouannet signalait des « fondations antiques » où l'on avait trouvé des monnaies romaines : Jouannet (F-­V.), 1837-1839, II, l, p. 138 ; ­Piganeau (E.), 1897, p. 6. H. Ribaudieu, vers 1876, indiquait dans la commune des vestiges de voie romaine : Ribaudieu (H.), 1855.

Texte extrait de  « Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost. Page 98 : le canton de Blanquefort dans La Gironde 33/1 par Hubert Sion, avec la collaboration du service Culture et Archéologie du Conseil Général de la Gironde. Diffusion : Fondation Maison des Sciences de l’Homme. Paris 1994. Canton de Blanquefort (Insee 06). 45 – Macau (Insee 262). »

À la fin de la période de la Tène (-450 avant J. C. à -56), les terres du château Cantemerle durent connaître une nouvelle vague d'occupation des sols, car ont été mise à jour pour illustrer cette période deux monnaies dites « à la croix » émises par la tribu gauloise des Volques Tectosages. Tolosa, l'antique Toulouse, était la capitale de ce peuple qui fut une des premiers de la Gaule à commercer avec les Romains, dès le IIème siècle avant J. C. Ces pièces, un denier d'argent type « flamboyant » et un denier d'argent classique, dateraient de la fin du deuxième siècle ou du premier siècle avant notre ère. Leur forme bizarre s'explique par l'ablation d'une partie de la pièce de monnaie pratiquée pour que le poids de celle-ci s'aligne sur le denier romain, alors que le poids originel de la pièce, quand elle fut frappée, correspondait au système monétaire grec, en usage chez les Volques Tectosages avant la conquête de la Province Narbonnaise (-172 à -176) et les Gaulois avant la conquête des Gaules (-56 à-52).

carte sion

Si les découvertes des âges antérieurs ne sont pas légion sur les communes de Macau et de Ludon, l'époque gallo-romaine offrit, par contre, un lot de découvertes sur leur territoire, principalement des vestiges d'emprises d'habitations et de chemins anciens. Le petit mobilier, qui n'a pas manqué d'apparaître sur ces sites au gré des explorations, voulues ou fortuites, semble avoir été dispersé entre les inventeurs et les propriétaires et leur mise à jour n'a donné lieu à aucune publication. L'intense occupation des sols de ces quartiers depuis l'âge Médiéval, par rapport au reste du Médoc, explique probablement le caractère ténu de nos actuelles trouvailles.

Auparavant, Hubert Sion, dans son pré-inventaire archéologique de 1994, (cf. le plan de situation des découvertes, plus bas), reprit les découvertes et conclusions d'auteurs et chercheurs du XIXème siècle, Jouannet, Piganeau et Ribaudieu qui signalaient une ville et une chaussée gallo-romaine passant par les secteurs de Cantemerle, Trois Moulins et Gironville. A la fin du XVIIIe siècle, l'abbé Baurein avait déjà aussi signalé une « ville romaine » au lieu-dit Gironville dans le texte consacré à la paroisse de Sainte-Marie de Macau inséré dans ses « Variétés Bordeloises ».

Le fait que l'abbé Baurein ait attribué les vestiges de Gironville à une « ville romaine » est important, car Baurein fut le premier à nous parler de la « ville romaine de Brion », à Saint-Germain d'Esteuil, qui s'est révélée être, au cours des fouilles programmées sur ce site au cours des dernières décennies, une ville s'étendant sur pas moins de 17 hectares. Dans ses carnets d'étude de 1837 à 1839, Jouannet signalait sur les terres de Gironville des « fondations antiques » où « l'on avait trouvé des monnaies romaines ». Dans son ouvrage de 1897 inventoriant les fouilles antérieures, Piganeau reprendra ultérieurement ces interprétations, tandis que H. Ribaudieu, quelques décennies plus tôt, vers 1876, avait détecté le passage d'une chaussée antique qui s'orientait selon l'axe suivant : château Cantemerle au sud, château Larrieu-Terrefort au nord. Ce nom de Gironville est très évocateur, car son signifiant indique directement que cet endroit fut le lieu de naissance originel de la cité de Macau, le mot « giron » devant être compris dans son sens ancien et classique : celui de mère, matrice, gestation. Ainsi, trois auteurs d'époques différentes furent en accord sur le fait qu'une importante implantation gallo-romaine gisait à Gironville, ce dont nous serions bien en peine de retrouver les traces de nos jours. Il suffit d'observer les environs de Gironville et de Larrieu-Terrefort pour constater que le modelé des sols de ce quartier de Macau n'a rien de naturel, mais aucun grand édifice n'apparaît distinctement comme à Brion, grâce, notamment à la présence d'un théâtre antique.

Pour ce qui concerne le château Cantemerle, les traces de l'occupation des sols que nous avons recensées depuis l'Age du Bronze jusqu'à la période gallo-romaine confirment que cette antique seigneurie, devenue indépendante de la Châtellenie de Blanquefort par l'importance de ses seigneurs, fut un lieu permanent dans l'occupation des sols depuis 3750 ans au moins.

Sources : Étude historique du terroir de château Cantemerle, Grand cru classé en 1855, Jean-Pierre Salles, avril 2003, 208 pages, Société Albedo, Gaillan-en-Médoc, p.15.

Carte des découvertes de la période gallo-romaine sur le canton de Blanquefort, selon Hubert Sion. La Gironde, carte archéologique de la Gaule, paru à la Fondation de la Maison des sciences de l’Homme, Paris, 1994.

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