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Les hommes blanquefortais à la guerre.

Les soldats français qui ont été mobilisés et ont participé à la guerre de septembre 1939 à juin 1940 sont au nombre de 301.

hommes

1. La mobilisation – 1939 –

* Un télégramme officiel du Ministère de la Guerre : date de mobilisation. « Ordre de mobilisation ».

Le 1er jour de la mobilisation est le samedi 2 septembre 1939. Le cachet de la poste du télégramme à la poste de Blanquefort est du 1er septembre 1939.

* Un bulletin de transmission de dépêches n° 6 confirme le télégramme officiel.  Le 1er septembre à 15 h 30 la dépêche suivante est transmise à M. le Maire de Blanquefort. « Extrême urgence lettre recommandée. Ordre de mobilisation générale. Le premier jour de la mobilisation est le samedi 2 septembre 1939 à zéro heure ».

Les réservistes : 39 sur 301 mobilisés.

Leur statut n’est pas précisé en dehors du titre des listes.

reserviste

On trouve non datée et non signée une liste émanant de la gendarmerie nationale, de 31 réservistes de Blanquefort démobilisés par la gendarmerie (figurent seulement 4 mentions marginales, Louit Anne Marie Paulin est « parti à Bordeaux », et Dagouassat Joseph Eugène « était commis à Florimond », Bardet Pierre Raoul est à la Rivière et Dupuy Pierre Roger à Saint-Haon). La grande majorité de ces 31 noms figure sur la liste des soldats démobilisés, à l’exception de 3 noms nouveaux : Jeantet Maurice, Bernatets Jean Joseph, Dugravier Marie Pierre, et pour 4 autres il y a doute sur le prénom.

Une autre liste non datée et non signée de la gendarmerie de Blanquefort porte le titre suivant : Réservistes libérés par les Autorités Allemandes en résidence à Blanquefort : ils sont au nombre de 8, mais ils figurent également sur la liste des soldats démobilisés avec un doute sur les prénoms de deux d’entre eux. Des mentions marginales précisent que 3 ont été libérés sanitaires, 3 ont été réformés car ils étaient internés en Suisse, et 2 employés, l’un à la SNCF et l’autre à la Régie du Gaz avec la mention : conditions de libération non connues de la gendarmerie nationale. On peut seulement noter que 4 sont de Caychac, 2 de Peybois, 1 de la Landille et 1 de Saumos, donc assez proches géographiquement au nord de la commune.

2. Les 175 soldats démobilisés en 1940.

Les dates de retour à Blanquefort sont mentionnées dans un cahier ou sur des fiches ; elles vont de novembre 1939 à mai 1940.

Ceux qui sont rentrés avant l’armistice ont dû être rapatriés sur le plan sanitaire, mais nous n’avons plus de précision.

1 soldat démobilisé en décembre 39,

3 en janvier 40 ;

4 en mars ;

1 en avril ;

2 en mai.

La grande vague des retours des soldats intervient en juin, 54 hommes démobilisés :

3 le 25 ;

1 le 27 ;

2 le 28 ;

14 le 29 ;

34 le 30 juin.

43 en juillet,

43 en août,

Ces retours sont dispersés durant les mois de l’été, un peu chaque jour.

9 en septembre.

Les autres retours interviendront de façon plus individuelle :

1 par mois d’octobre 40 à mai 41, sauf 4 en janvier 41 et 2 autres sans date.

Sur ce total de 175 démobilisés, on relèvera 6 en affectation spéciale, 5 réformés, 5 prisonniers, et le docteur Castéra, démobilisé par limite d’âge, sans que la date en soit notée, sans doute aussi parce qu’il était médecin…

On reconstitue aisément le retour des soldats : une dizaine avant la fin de la guerre ; 80 % des hommes de retour entre la fin juin et la fin du mois d’août 1940, une autre dizaine après.

Les retours étalés dans le temps s’expliquent aussi par le fait que l’armée a été totalement désorganisée et qu’un certain nombre de soldats ont été livrés à eux-mêmes et ont du s’échapper et sont revenus en se cachant le jour et en ne circulant que la nuit. D’autres ont attendu dans les régions qui n’étaient pas occupées avant d’être démobilisés officiellement.

Notons encore le cas de 4 prisonniers en congés, un autre « prisonnier sanitaire démobilisé » le 8 mars 1941.

On peut sans doute aussi imaginer le désarroi de ces hommes, partagés entre l’humiliante défaite, le sentiment d’impuissance, la révolte contre les responsables politiques et militaires, la joie de retrouver leur village et leur famille, la tristesse en pensant à leurs compagnons moins fortunés qui feront cinq longues années de captivité.

3. Les prisonniers.

Le total des lieux d’internement recensés s’élève à une centaine, avec quelques imprécisions.

On peut dénombrer 91 stalags et 56 oflags.

Ils sont répartis en 17 secteurs militaires sur l’ensemble du territoire allemand, plus en Pologne, 20 stalags et 4 oflags dans les secteurs 1, 2, 20 et 21, et quelques uns camps en Autriche.

Dans un même secteur militaire, les différents camps sont indiqués par des lettres de A à J. Selon les secteurs, on trouve une moyenne de 5,3 stalags et 3,3 oflags par circonscription militaire.

Les prisonniers français d’un même village pouvaient donc se retrouver assez proche géographiquement sans jamais se voir. Cette impression de solitude se retrouve du reste dans les témoignages des anciens prisonniers.

* Oflags. Les 5 prisonniers blanquefortais sont notés présents dans les oflags numérotés : II D, III C, X D, et 2 dans le XVII A à Edelbach.

* Stalags. Les 90 prisonniers blanquefortais se sont retrouvés dispersés dans toute l’Allemagne et quelques uns en Pologne et en Autriche.

On peut penser que ce dispersement est le résultat de leur incorporation différente dans des unités dans l’armée française.

Voici l’affectation militaire de 94 prisonniers en septembre 1939 ; on peut supposer que la répartition suivante s’applique approximativement à l’ensemble des 300 soldats blanquefortais :

- 38 dans l’Infanterie (40 %)

- 24 dans l’Artillerie (26 %)

- 19 dans le Génie dont 9 pionniers (20 %)

- 7 dans le Train (7 %)

- 4 dans la Cavalerie (4 %) : 2 dans les Dragons, 2 seulement dans les Chars,

- 2 divers (état-major et ambulance).

Certaines affectations sont surprenantes :

éclaireur motocycliste,

compagnie muletière,

escadron hypomobile (sic),

escadron à cheval,

mitrailleurs coloniaux,

agent cycliste…

Plusieurs unités portent le nom de coloniale, on y rencontre des tirailleurs algériens, nord africains, marocains, sénégalais…

Les localisations des bataillons sont assez rares, mais on retrouve : Bordeaux – Libourne - La Rochelle – Rochefort – Brive – Montluçon – Auch – Tarbes – Limoges – Coëtquidan – Tours – Angers - Fontainebleau…

La répartition par arme et par localisation est l’affaire de l’État-major et relève d’une vue d’ensemble dont on ne peut avoir idée ici, mais cela démontre que les 300 blanquefortais partis à la guerre se sont trouvés dispersés et apparemment assez isolés.

Les 90 prisonniers blanquefortais ont été présents dans la totalité des secteurs recensés :

15 prisonniers dans les secteurs II à Hammerstein dans le Nord Est de l’Allemagne ;

13 prisonniers dans le secteur VI en Rhénanie du Nord, mais à l’intérieur de chaque secteur, ils sont à nouveau dispersés dans les différents camps ;

7 prisonniers se sont retrouvés dans le stalag II B ;

4 ou 5 prisonniers dans quelques autres camps ;

La plupart des autres prisonniers étaient soit tout seul soit à 2 ou 3 ;

4 prisonniers étaient en Pologne ;

2 prisonniers en Autriche.

La dispersion géographique se vérifie encore si l’on situe les camps sur la carte de l’Allemagne : du nord au sud, ils étaient 20 à l’ouest, 33 au centre et 31 à l’est.

On peut imaginer que le froid a dû être un élément important des conditions de survie.

À ce jour, nous n’avons pas trouvé de décès chez les prisonniers de Blanquefort, ce qui hélas n’a pas été le cas partout.

* Lieux d’origine.

À partir du cahier des prisonniers qui intègre aussi les hommes partis en STO, nous avons recensé 129 noms d’hommes domiciliés en 1938 à Blanquefort.

Les lieux de naissance sont assez éclatés, ce à quoi on ne s’attendait pas :

38 % seulement des hommes sont nés à Blanquefort ;

15 % sont nés à Bordeaux ;

9 % nés dans le canton de Blanquefort et communes limitrophes ;

9 % dans le Médoc ;

12 % dans le reste du département ;

12 % dans d’autres départements :

3 des Landes,

2 du Lot et Garonne,

2 de Dordogne,

2 des Deux-Sèvres,

2 de Loire Atlantique,

1 des Pyrénées Atlantiques,

1 des Hautes Pyrénées,

1 de Paris 14ème,

1 de Lille dans le Nord,

1 de Bruxelles en Belgique

1 d’Espagne.

Un seul lieu est imprécis, Charjal ?

* Âge des soldats en 1939-45.

Toujours dans le cahier des prisonniers, nous avons relevé la date de naissance des hommes, ce qui permet de vérifier l’amplitude de l’âge auquel les mobilisés ont du partir à la guerre.

Le plus ancien est né en 1899, il avait 40 ans en 1939 et le plus jeune est de 1925, il fut requis par le STO en 1943 à 18 ans.

naissance

* Grades des soldats en 1939-45.

Sur les 87 prisonniers dont les grades sont indiqués, on trouve :

6 % d’officiers, 4 lieutenants et 1 sous-lieutenant

8 % de sous-officiers, 1 sergent-chef et 2 sergents et 4 maréchaux des logis

NB : le maréchal des logis est l’équivalent du sergent dans certaines armes comme l’artillerie, la cavalerie, le train… et de même le brigadier correspond au caporal.

86 % d’hommes de troupe dont :

17 % : 2 caporaux-chefs et 1 brigadier-chef, 7 caporaux et 5 brigadiers

69 %, 4 de 1ère classe et 56 de 2ème classe

À noter que 2 hommes sont notés comme engagés volontaires.

grade

Les professions.

La liste des prisonniers indique 114 professions :

* Le travail de la terre : 36 soldats-prisonniers avaient des professions liées à la terre :

8 cultivateurs,

7 propriétaires exploitants,

6 agriculteurs,

5 ouvriers agricoles,

3 métayers,

1 auxiliaire métayer,

1 vigneron,

1 garçon de ferme,

1 bûcheron,

1 journalier agricole,

1 résinier,

1 jardinier,

7 hommes avaient des métiers liés à la vigne :

4 tonneliers,

2 ouvriers de chai,

1 échantillonneur en vins,

soit 43 emplois dans les activités agricoles avec une importance réelle accordée à la vigne.

* Les artisans sont bien représentés : 25 hommes

4 charpentiers,

3 serruriers,

2 artisans,

2 peintres,

2 plâtriers,

2 ajusteurs,

2 électriciens,

2 mécaniciens dont 1 ajusteur,

1 menuisier,

1 maçon,

1 maréchal ferrant,

1 sellier,

1 zingueur,

1 bourreur,

* Les commerçants au nombre de 5

2 boulangers,

2 bouchers,

1 coiffeur,

* Les emplois de l’industrie : 16 prisonniers

5 manœuvres (imprécis…) ;

2 contremaîtres ;

2 briquetiers fumiste ;

2 ajusteurs ;

1 ouvrier en chaussures ;

1 coupeur chaussures ;

1 chauffeur ;

1 chef turbineur ;

1 cimentier.

* Les employés : 8 personnes

3 aux TEOB ;

1 au tram ;

1 dans un bureau ;

1 régie du Gaz ;

1 aux pompes funèbres ;

1 ville de Bordeaux.

* Les emplois divers : 17

1 infirmier ;

1 inspecteur ;

1 livreur ;

1 porteur ;

1 représentant de commerce ;

1 rouleur ;

1 séminariste ;

1 surveillant ;

1 valet de chambre ;

1 étudiant ;

1 officier de carrière ;

1 engagé volontaire ;

1 agent des pompes funèbres ;

1 arbitre de commerce ;

1 architecte ;

1 approvisionnement de bateaux de pêche ;

1 sans emploi.

(une fois, la même personne est noté ayant 2 emplois : maréchal-ferrant et jardinier).

* Sur ces 114 emplois,

38 % en primaire,

36 % en secondaire

25 % en tertiaire.

Soit :

38 % sont du domaine agricole ;

22 % sont artisans ;

4 % sont commerçants ;

14 % dans l’industrie ;

7 % sont employés ;

15 % en divers.

Il faut observer que les CSP ne sont pas toujours faciles à identifier, car les mentions de professions sont parfois imprécises, on rencontre des propriétaires exploitants agriculteur ou des propriétaires cultivateur éleveur, 3 mentions sur la même ligne… mais la tendance générale est correcte.

Pour la localisation des emplois, les employeurs recensés se situent :

* à Blanquefort : 48 soit 41 % ; dont 17 portent la mention : lui-même (ce sont des artisans, des commerçants et surtout les agriculteurs),

* à Bordeaux : 50 soit 43 %, dont plusieurs négociants en vin,

* d’ailleurs : 18 soit 16 %, surtout les communes voisines Le Bouscat, Eysines, Parempuyre, Mérignac

* de Paris :   4.

On peut observer que la majorité des lieux de travail se partagent entre Blanquefort et Bordeaux.

4. Les STO.

Quelques uns sont partis de la commune pour fuir le STO et ne sont pas recensés. (Pierre Rouillard, René Michel…), d’autres (Robert Piet…) ont bien été requis, mais se sont enfuis à l’occasion d’une permission. Cette attitude se reproduisant dans toute la France, cela a entraîné en conséquence l’arrêt brutal de ces permissions dans toute la France.

Catherine Bret-Lépine et Henri Bret, Années sombres à Blanquefort et ses environs 1939-1945, Publications du G.A.H.BLE, 2009 et cahier n° 12 « Les soldats de Blanquefort 1939-1945 ».

 

 

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