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Souvenirs des années 1950-1960.

Je me souviens que dans les années 50 mes parents avaient, pour conserver les aliments, une glacière. Celle-ci était alimentée en pains de glace toutes les semaines par un livreur qui venait de Mérignac (lieu-dit La Glacière), avec un fourgon tiré par un cheval. Il découpait à l'aide d'un pic à glace la quantité souhaitée par le client. À la même époque, ma grand-tante possédait un réfrigérateur. Je me souviens avoir été fasciné par une petite lumière lorsqu'on ouvrait la porte. J'étais persuadé du haut de mes 6 ans que ce petit bac en métal qui fabriquait des glaçons était seul capable de procurer le froid nécessaire à la conservation des aliments. Dans les années 50/60, mes parents ont acheté une 203 Peugeot pour aller dans le midi voir nos cousins. L'intérieur sentait le neuf, une odeur que je n'ai jamais retrouvée dans d'autres voitures. Dans les années 60 nous avions un tourne-disque de marque Teppaz sur lequel nous écoutions des chanteurs tels que Montand, Tino Rossi... et surtout les premiers disques de rock’n’roll. C'est après avoir vu à la télévision le couronnement de la reine d'Angleterre en 1952 que mes parents ont décidé d'acheter un poste de télévision. Nos plus proches voisins n'étant pas encore équipés, nous nous retrouvions très vite une quinzaine de personnes dans la salle à manger où trônait cet appareil magique !

L'époque des « engins » vélomoteurs de 49,9 cm³.

Tout d'abord, il y avait les engins italiens, de vrais petits bolides ! Les principales marques étaient Flandria, Malagutti, Alpina, Benelli. Seul, le « Super Flash » arrivait à rivaliser avec ces petits bijoux. Le prix des vélomoteurs de marque Mobylette et Peugeot était bien plus abordable, mais ils étaient beaucoup moins rapides. Alors, pour rivaliser, nous « gonflions» les moteurs. L'opération consistait à raboter la culasse à l'aide de pâte à roder afin de donner plus de compression au moteur. Ensuite, il fallait aléser les lumières d'admission et d'échappement, supprimer les chicanes du tuyau d'échappement et surtout, changer le carburateur pour le remplacer par le fin du fin, un Delorto. Puis, avec un savant mélange de super, d'huile, et d'éther, nous étions en mesure de concurrencer les marques italiennes. Ce qui n'était pas toujours sans danger car, parfois, ces vélomoteurs trafiqués prenaient feu et il fallait alors tout recommencer ! C'était l'époque des yéyés, dans les années 60, nous conduisions nos petits bolides avec le casque posé sur le phare car il ne fallait pas abîmer nos cheveux peignés à la « banane ». Un peu plus tard vint l'époque des guidons bracelets, mais cela est une autre histoire...

Tour de France.

Le tour de France m’a toujours fasciné. Tout d’abord, c’était le passage de la caravane avec toutes ces voitures publicitaires, distribuant de petits cadeaux, faisant le bonheur des enfants. Puis, c’était le passage des motos des journalistes et celles des policiers, lesquels ouvraient la route aux coureurs que nous attendions depuis des heures et qui en quelques secondes passaient devant nos yeux émerveillés. Je me rappelle de l’année 1959, lorsque Federico Bahamontès, surnommé « l’aigle de Tolède », faisait la loi dans la montagne. Puis, ce fut Jacques Anquetil qui gagna quatre années consécutives. En 1962, mon père nous paya à mon frère et à moi deux places au stade-vélodrome de Bordeaux. Quel spectacle ! Les motards Cinzano faisant une pyramide humaine juchés sur leur moto, une dame assise à l’arrière d’une voiture, un sombrero sur la tête et jouant de l’accordéon. Puis, quelques minutes après, les coureurs déboulant sur la piste, la tête dans le guidon, bras écartés, des mollets comme des ventres de lapins, s’affrontant pour gagner le sprint final. Cette année-là, je crois bien que ce fut un régional qui gagna l’étape, André Darrigade devant Van Stenbergen.

Cinéma du samedi.

Tous les samedis après-midi après l’école, mes parents partaient à Bordeaux chercher notre grand-mère maternelle, que nous appelions « Mamée ». Elle habitait rue Sainte-Catherine, à côté des Nouvelles Galeries, où elle était couturière. Nous en profitions pour faire une bise à « Mémée », l’autre arrière-grand-mère, qui était marchande des quatre saisons place « Saint-Projet », et tout ce petit monde se retrouvait le samedi soir à « Maurian », petit hameau entre Blanquefort et Cachac pour s’oxygéner le temps du dimanche. Ce samedi-là, après être monté à l’appartement de « Mamée », mon frère et moi étions à la fenêtre, regardant la rue de haut en bas avec son flot de chalands, lorsque nous nous sommes mis en arrêt sur l’affiche du « Coméac ». C’était un cinéma de quartier comme il y en avait un peu partout dans Bordeaux. Cette salle de cinéma se trouvait pratiquement en face de l’appartement. Le film diffusé était « Les tuniques rouges ». Après avoir décidé mon père de nous accompagner au cinéma, ma mère partait faire ses courses aux Nouvelles Galeries, car à cette époque il y avait un rayon alimentation. Mon père prit les billets et nous entrâmes dans la salle. Elle était immense avec un balcon, des sièges rouges, beaucoup plus confortable que ceux de la salle de cinéma de Blanquefort. L’écran était caché derrière un grand rideau de velours pourpre. Mon père avait eu l’idée géniale de prendre des billets balcon. Accoudés au garde-fou, nous pouvions voir les gens entrer dans la salle, guidés par une ouvreuse. Après une bonne demi- heure d’attente, la lumière commença à décliner, le grand rideau s’ouvrit lentement et l’écran apparût. Les premières images montraient les actualités. Les troubles en Algérie, l’explosion de la première bombe atomique à Reggane au Sahara, le président De Gaulle recevant les vœux du Nouvel-an des « forts » des Halles qui étaient coiffés d’un immense chapeau. Puis, les actualités terminées, apparaissaient les publicités Jean Mineur : les bijoux Mornier, les costumes Dewatcher, les derniers appareils ménagers. Toutes ces publicités devaient, je pense, intéresser les adultes, mais je trouvais le temps très long avant de pouvoir m’évader dans les grands espaces de l’Amérique du Nord. Puis, il fallait encore patienter car c’était la présentation du film de la semaine suivante. Je me souviens très bien du prochain film car l’acteur était le comédien préféré de mon père, c’était Lino Ventura, et le film « Un témoin dans la ville ». Puis, le rideau se refermait, la lumière envahissait la salle et une dame parcourait les allées avec un panier à bretelles placé devant elle, en disant : « caramels, bonbons à la menthe, esquimaux glacés ». Enfin, après une attente d’une dizaine de minutes, le rideau se réouvrait, la lumière s’éteignait à nouveau, et enfin, le film pouvait commencer.

Jean-Pierre Jouglet.

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