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Souvenirs d’école.

Premier travail d’écriture.

Je me souviens de mon premier travail d’écriture sur une ardoise. Elle était entourée d’un cadre en bois percé d’un petit trou afin de permettre le passage d’une ficelle au bout de laquelle pendait un chiffon. L’exercice d’écriture terminé, nous utilisions une petite éponge ronde, toujours humide, logée dans une boite en plastique, et le chiffon permettait de sécher l’ardoise afin de pourvoir réécrire aussitôt. La maitresse écrivait sur le tableau noir les lettres de l’alphabet en minuscule. Cet apprentissage de l’écriture fut laborieux, sans oublier les soucis que procurait cette craie fragile et cassante. La maitresse, ayant constaté nos progrès, remplaça la craie par le crayon à ardoise ; c’était une grosse mine, enroulée d’un petit papier vert. Elle était enserrée dans un porte-crayon en fer-blanc terminé à son extrémité par une virole qui permettait de coincer le crayon. Puis tard, le crayon à papier et le cahier ont remplacé l’ardoise et la craie. Mon premier cahier d’écriture était tracé de lignes et d’interlignes qui nous servaient de repères pour la longueur des lettres. Ensuite, est venue l’utilisation du porte-plume et de l’encre : ce fut catastrophique ! Que de tâches, lorsque nous forcions trop sur la plume, mais avec persévérance et application nous avons réussi à former de belles lettres avec les pleins et les déliés. En cours moyen deuxième année, nous devions utiliser le crayon à billes, avec deux couleurs autorisées, le bleu ou le noir, le rouge et le vert étant réservés à l’instituteur. Nous utilisions aussi un stylo de marque Bic dont la pointe était munie d’une bille en tungstène et dont j’ai découvert, beaucoup plus tard, que l’on pouvait l’utiliser pour couper des carreaux de grès. L’année du certificat d’études, mes parents m’avaient offert une boite de crayons de couleurs de la marque Caran d’Ache : le top ! On humectait la mine du bout de la langue pour rendre la couleur plus intense ou bien on l’estompait avec un petit morceau de buvard. Tout cela remonte à plusieurs années, mais le fait d’utiliser un simple porte-plume me procure un certain plaisir et je remercie tardivement, mais sincèrement les maitresses et les maitres qui m’ont enseigné l’écriture.

Mathématiques indigestes.

De toutes les matières scolaires, les mathématiques ont représenté pour moi un plat assez indigeste. Tout d’abord, comme un hors-d’œuvre, c’est sans difficultés que j’ai appris les tables de multiplication. Je comparais ces lignes de chiffres à une récitation. Puis, en cours élémentaire deuxième année, il m’a fallu mettre cette récitation sans âme en application afin de construire les multiplications. Celles qui étaient à un chiffre furent avalées assez facilement, mais vinrent ensuite les opérations à deux, trois et même quatre chiffres, qu’il fallut multiplier entre eux, et moi je n’y arrivais pas. J’étais paniqué à l’idée d’abaisser ces chiffres les uns sous les autres, car il fallait décaler chaque fois d’une colonne pour avoir le bon résultat, sans parler de cette virgule qu’il fallait placer au bon endroit. Après bien des angoisses, je finis par comprendre la multiplication mais pour achever le tout, vint le plat de résistance, la division ! Malgré toute ma bonne volonté, je dois avouer que je n’y comprenais rien ! Le jeudi après-midi, ma mère avec une patience d’ange (au début) me faisait faire tout d’abord des divisions à un chiffre par pages entières, que finalement je réussis à ingurgiter. Ensuite, elle continua par deux chiffres et toujours avec cette fameuse virgule qu’il fallait enlever et remplacer par des zéros. Comme elle se lassait (après bien des après-midis de patience), elle fit appel à un cousin qui, lui devait être savant, puisqu’il allait au lycée Eiffel, cours de la Marne à Bordeaux. Finalement, après beaucoup d’efforts, je réussis par comprendre la méthode, et après toutes ces années, lorsque je l’applique dans la vie courante, je m’aperçois que cela n’était pas si indigeste que je l’avais pensé.

Passage en CM2.

Lors de notre passage en CM2, nous avions tous un peu d'appréhension car nous redoutions de passer cette année scolaire dans la classe du directeur. Sa classe se partageait entre les « grands », ceux qui passaient le « certif » et les élèves du cours moyen. Nous le redoutions car il était assez sévère. Il faut dire que nous étions assez turbulents et les années passant je comprends la sévérité de cet homme que je prenais pour un père fouettard.

Le passe temps de certains était de se teindre leurs bottes en caoutchouc à l'encre violette et ensuite ils piétinaient le sol les semelles chargées d'encre. L'été, ils attrapaient les mouches et leur trempaient les pattes dans l'encrier. Lorsqu'elles décollaient, les bureaux étaient constellés de taches d'encre.

Je me souviendrai toujours de la « rouste » infligée à un élève pour avoir rigolé après avoir entendu le directeur hurler : vos parents sont des cons, et vous vous êtes de petits cons. Il faut dire que c'était le lendemain d'élection municipale et qu'il était vraiment du parti opposé.

Dans cette classe, il y avait des élèves doués et d'autres qu'il aurait fallu aider, mais je pense que se n'était pas son but premier. Aussi, il fallait voir la mine déconfite des élèves, et surtout des parents le jour des résultats de ce fameux certificat d'études. Pour ma part, j'ai eu de la chance car un nouveau directeur a été nommé et, sur les treize élèves présentés, il y eu treize reçus. Les résultats étaient annoncés le soir même des épreuves sur les marches de la mairie devant un parterre de parents aussi anxieux que leurs enfants.

Retrouvailles.

Les élèves de l’année scolaire 1957 s’étant réunis afin d’évoquer quelques souvenirs ont été unanimes : c’est l’époque qui a succédé à la période de laisser-aller du au peu d’autorité de l’instituteur qui dut même faire un stage en maison de repos… Les uns et les autres, durant la période pendant laquelle il fit ce remplacement, ont souvenir d’avoir reçu au moins une taloche ou bien de s’être fait tirer les cheveux à la façon indienne, à la limite du scalp. Un élève se souvient des difficultés qu’il a eu à suivre le programme, car il avait quitté l’Indochine pour suivre ses parents en métropole où me disait-il, nous avons subi quelques railleries et réflexions qui nous ont fait serrer les poings. Un autre élève se souvenait des petits travaux de ferme qu’il devait effectuer avant de se rendre à l’école ; heureusement, l’école était tout proche de la ferme familiale. Un autre se souvient de la petite pointe de fierté qu’il avait en voyant son père entrer dans la classe car étant employé communal, l’hiver, il portait le bois de chauffage afin d’alimenter les poêles. Tous m’ont rappelé une activité que j’avais oubliée : la réfection des bureaux en fin d’année avant les grandes vacances. Il fallait gratter les tâches d’encre avec de petits bouts de verre, puis poncer avec de la paille de fer et finir le travail en cirant le bureau pour lui donner un meilleur aspect lors de la prochaine rentrée scolaire. Tous ont été ravis de cette journée souvenirs, mais regrettent un peu le manque de participants et auraient aimé connaitre l’autre moitié de la photo.

Jean-Pierre Jouglet, de Maurian.

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