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Le régiment patriotique de Blanquefort.

19-22 juillet 1791. Décret relatif à l’organisation d’une police municipale et correctionnelle.

Rapport de M. Desmeuniers. Titre 1er. Police Municipale. Dispositions générales d’ordre public. Art. 1er. Dans les villes et dans les campagnes, les corps municipaux feront constater l’état des habitants, soit par des officiers municipaux, soit par des commissaires de police, s'il y en a, soit par des citoyens commis à cet effet. Chaque année, dans le courant des mois de novembre et décembre, cet état sera vérifié de nouveau et, on y fera les changements nécessaires : l'état des habitants de campagne sera recensé au chef-lieu du canton, par des commissaires que nommeront les officiers municipaux de chaque communauté particulière.

La municipalité de Blanquefort manquait de force en dépit des appels précédents au régiment patriotique. Ses arrêts étaient discutés et on ne les observait pas.

Aussi, les officiers municipaux écrivirent « à leurs concitoyens et amis composant le régiment patriotique de Blanquefort » une lettre dans laquelle nous relevons ceci :

Protéger efficacement les propriétés particulières publiques ; exercer la police, maintenir ou ramener le bon ordre ou la tranquillité ; faire exécuter les lois et les règlements relatifs à ces objets, tels sont nos devoirs.

Veuillez donc envoyer chaque dimanche et chaque fête, au bureau de la municipalité, quatre d'entre vous pour concourir à la paix, à l'union, et au bon ordre. »

Fort de l'appui obtenu, Couronneau repartit en guerre et pourchassa les abus dès les premiers jours de 1791. Il s'attaqua d'abord à la caste la plus puissante celle des cabaretiers.

On se plaignait publiquement que les aubergistes vendaient au détail et « se servaient de bouteilles et non de mesures décidées par les règlements.

Devant cette fraude, le procureur obtint de la municipalité une ordonnance qui enjoignait aux aubergistes, sous peine de 50 livres d'amende, « d'user de mesures d'étain dument estampées et étalonnées ».

« Le 17 février 1791, l’assemblée cantonale à Blanquefort se réunit.

Les édiles de Blanquefort, Eysines, Parempuyre, Saint-Aubin, Saint-Médard-en-Jalles et le Taillan, se réunirent pour délibérer « sur les travaux les plus utiles et les plus urgents dans l'étendue du canton ».

Le procès-verbal fut signé de : Saincric, curé-maire de Blanquefort ; Ponson maire d'Eysines ; Rondeau, maire de Parempuyre ; Bidon maire du Taillan ; et des procureurs et officiers municipaux présents.

Le 25 mars 1791, des vols ayant été commis chez la veuve Jean Baron, il fut décidé que des patrouilles sillonneraient les rues de la commune durant la nuit.

Le 10 avril 1791, à la Landille, eut lieu un remaniement des cadres du régiment patriotique.

Charles Taveau fut élu colonel à la place de M. Dutasta par 247 voix sur 264 suffrages émis. M. de Maurian fut élu lieutenant-colonel par 246 voix ; Mondon major par 167 voix, et Barada, aide-major par 82 voix.

Cinq jours après, un nommé Jean Jacquet fut malmené et « passé à tabac » par Jean B... et Marain dit Clairin. Sur un certificat du sieur Rossignol, chirurgien, produit par Jacquet, B... et Marain furent condamnés à « 12 heures et 24 livres d'amende chacun, dont la moitié sera pour payer le traitement de la maladie par eux occasionnée à Jean Jacquet, et l'autre moitié applicable aux frais et dépenses des patrouilles qui se font dans cette paroisse. »

D’autres procès-verbaux de ce genre sont dressés périodiquement.

Un arrêté du directoire du département vint très opportunément imposer à la municipalité la nomination d'un juge de paix. Il fut décidé :

1° d'écrire « à tous les maires et officiers municipaux de chaque commune composant le canton pour les prier de prévenir les citoyens assemblés, que la réunion pour procéder à l'élection du juge de paix et assesseurs, aura lieu dans l'église de Blanquefort, le samedi 28 mai à 8 heures du matin et de les inviter à s'y rendre ;

2° d'écrire également à M. de la V... (?) « pour lui demander son agrément à tenir la susdite assemblée dans sa maison, près le présent bourg, en cas que l'église ne convînt pas pour cet objet aux citoyens du canton ».

Nous n'avons aucun compte rendu de cette réunion. Mais si un juge de paix fut nommé, les officiers municipaux n'en continuèrent pas moins à rendre la justice.

Le 25 juin 1791, prestation de serment des membres du régiment patriotique « d'être fidèle à la Nation et d'obéir aux ordres qui pouvaient être donnés dans les circonstances présentes par les corps administratifs. »

Le 14 juillet, même cérémonie, plus solennelle encore, à la Landille : « Je jure d'employer les armes remises en mes mains à la défense de la Patrie et à maintenir, contre tous ses ennemis du dedans et du dehors, la constitution ; de mourir plutôt que de souffrir l'invasion du territoire français par des troupes étrangères et de n'obéir qu'aux ordres qui seront donnés en conséquence...

Nous sommes avancés vers l'autel de la Patrie où il est chanté un Te Deum en actions de grâces », ajoute la municipalité. »

Guy Dabadie, Blanquefort et sa région à travers les siècles, Imprimerie Samié de Bordeaux, 1952, p. 93-96.

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