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La galeuse d'Eysines.

Les cucurbitacées sont les stars des marchés d’automne : courges, potirons, butternut, potimarron, citrouille… toute une belle famille de couleurs et de saveurs. Mais connaissez-vous leur cousine bordelaise qu’on nomme familièrement la galeuse d’Eysines ? Tous les vendredis, on se presse chez les maraîchers, Henri Durousseau et son fils, autour des bacs de tomates, poireaux, salades, pommes de terre, carottes, oignons et… potirons mais aujourd’hui, les étals sont presque vides, ils ont été dévalisés ce matin. La vente directe du producteur au consommateur est de plus en plus appréciée : bas prix, qualité, goût, culture de proximité. Après avoir vendu pendant longtemps aux grossistes, Henri Durousseau a choisi depuis 20 ans ce mode de distribution et ça marche ; toutefois, il a gardé un stand au marché des Capucins le samedi matin pour les Bordelais.

C’est chez lui que vous trouverez la fameuse courge galeuse que l’on cultive à Eysines, sans doute depuis le XIXème siècle. Une spécialité locale : chaque ville de la région bordelaise avait sa spécialité autrefois : à Bègles c’était le radis, au Bouscat le cresson, à Blanquefort l’artichaut, à Pessac la fraise et à Eysines la pomme de terre mais aussi un fameux potiron. Dans le catalogue des graines de 1895, il était nommé « courge brodée galeuse d’Eysines ». C’est une citrouille aux formes généreuses, à la peau ferme et rosée mais qui se recouvre à maturité d’excroissances pour se protéger des agressions (intempéries, insectes, manutention). Cet aspect lépreux est unique et l’a rendue célèbre. Elle n’est pas très avenante mais elle est tout de suite reconnaissable. Henri Durousseau aime la cultiver à l’abri des regards, dans les marais de la vallée de la Jalle : c’est une coureuse, il lui faut beaucoup d’espace, d’humidité et de soleil. Elle est très résistante si elle est cultivée dans de bonnes conditions.

Pour ne pas dénaturer l’espèce, le maraîcher recueille les graines et veille à éviter les hybridations naturelles avec d’autres citrouilles. Une fois séchées ou achetées chez un semencier, les graines sont semées en plein champ dès que la terre est réchauffée en avril ou en mai. Les fruits sont récoltés en automne avant les premières gelées dès que les feuilles commencent à jaunir. Ils se conservent très bien plusieurs mois dans un endroit sec, plutôt chaud (10 à 15°C) et à l’abri de la lumière. Un légume savoureux : c’est une boule aux joues ingrates et grumeleuses mais à la chair jaune d’or, tendre et légèrement sucrée ! Il est succulent, parfait pour les veloutés, purées ou gratins. D’autant qu’il apporte comme tous les membres de la famille, vitamines, potassium et fibres. Certains vont jusqu’à fabriquer des tartes, des flans ou des fruits confits avec ce légume débonnaire.

Une culture menacée ? Les terres d’Henri Durousseau se trouvent dans le « potager de Bordeaux » : une zone maraîchère qui comptait 208 ha et occupait 600 personnes au début du XXème siècle. C’était un marais, traversé par la Jalle. En le drainant par tout un réseau de fossés (les réguettes), il est devenu le jardin des Bordelais. Mais aujourd’hui, la zone est menacée : l’urbanisation implique de gros besoins de terrains à bâtir, le maraichage en déclin (15 exploitations seulement aujourd’hui à Eysines) laisse les friches envahir le marais et les canaux sont parfois mal entretenus.

Eysines souhaite protéger ce site majeur pour maintenir l’équilibre entre nature et urbanisation et la qualité de vie des habitants. À l’aide du Conseil général de la Gironde, la ville a mis en œuvre un Périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PPEANP) qui permet de réserver la zone aux activités agricoles, jardins familiaux, réserves naturelles, espaces verts et sentiers de découvertes. Près de la ferme des Durousseau, se trouve la Cabane du maraîcher, évocation de la vie quotidienne des anciens du marais et point de départ de visites organisées par l’association Connaissance d’Eysines (05 56 28 46 62). Chaque année au printemps, tout le monde est invité à participer au Raid des maraîchers. Courez, marchez, roulez sur les sentiers de cette plaine fertile à la découverte de ce riche patrimoine naturel et culturel.

Texte extrait de : L’observatoire, journal de l’Université du temps libre, Bordeaux-CUB. Reflets d’automne n°88-décembre 2013.

Pour découvrir le site de l'observatoire, cliquez ICI

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