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Le domaine de Germignan et la ferme de Moncheuy.

La propriété de Germignan a été achetée à M. Béchade vers 1835 par la famille Réglade. C'était une propriété agricole tournée surtout vers la vigne, environ 66 hectares d'un seul tenant vers la Jalle, avec dans le fond une forêt mixte. En 1860, cette propriété produisait 20 à 25 tonneaux de vin rouge. Nous pensons que la maison actuelle était aménagée vers 1900 en chais. Elle a été remaniée en 1905 en maison d'habitation par l'architecte, M. Allo. Dans ce qui est la ferme à l'heure actuelle, il y avait des vestiges d'une ancienne bâtisse où ont été récupérées les pierres sculptées et les cheminées qui ornent actuellement la maison.

Hélène Réglade

Sur l'origine de l'ancienne bâtisse.

La seigneurie du Tiran, du nom d'un puissant seigneur du Moyen-âge, Gombaud de Tiran, rend hommage à Édouard, fils d'Angleterre, le 14 juillet 1268, pour ses possessions à Saint- Médard et Saint-Hilaire du Taillan. De ce puissant ensemble, il ne reste aujourd'hui que la maison noble dite « de Germignan du Tiran ».

À la fin du XVIIème siècle, la maison appartient au fief de la famille d'Estignols. Le 17 novembre 1690 et le 4 juillet 1699, Jeanne Dumas, veuve de Christophe d'Estignols, écuyer et seigneur de Germignan du Tiran, rend hommage au roi pour la dite maison. Le 27 mars 1726, François Bouix, gendre de la défunte Dame d'Estignols, se soumet au dénombrement de la maison noble de Germignan du Tiran : « je possède une maison et corps de logis basty à la guise de France et en tiers-point élevé (…) avec écuries, basse-cour, chay, cuviers, (...), jardin, verger et clos de vigne appelé Jaudan ».

Une maison bâtie à « la guise de France » est une construction qui suit les modèles architecturaux de l'Ile-de-France, ce qui est vraiment très étonnant pour un petit village comme le Taillan aux XVII et XVIIIèmes siècles. C'est la preuve irréfutable de la puissance des d'Estignols et du prestige de cette vieille seigneurie féodale. À la lecture de ce dénombrement, on imagine une maison constituée d'un seul corps de logis, en pierre de taille, recouvert d'ardoises et dont l'entrée devait être marquée et surmontée d'un arc en tiers-point élevé.

Le 28 juin 1757, Christophe et Marie Bouix, les enfants de François Bouix, vendent à François de Cursol, seigneur haut justicier de la paroisse et de la maison noble de Bussaguet, la maison noble de Germignan du Tiran. Dans cet acte, la maison est qualifiée de masure : « le tout en très mauvais état et presque ruiné ». La propriété est restée pendant presque 30 ans sans entretien ; par manque d'argent ou d'intérêt. La belle demeure à la mode parisienne n'est plus qu'une ruine laissée à l'abandon.

Une question se pose : où se trouvait cet ensemble exceptionnel ? On a longtemps pensé qu'il s'agissait du château de Jau, situé allée de Curé, à cause du nom donné à l'ensemble « jaudan ». Or, une tradition orale raconte que la ferme de Moncheuy, située à l'entrée de Germignan, réaménagée entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème, par l'architecte Gustave Allaux, aurait conservé des éléments décoratifs et architecturaux du XVIIème siècle. De plus, au fond du parc de cette habitation, il reste quelques vieux murs que cette même tradition donne pour être les vestiges d'une ancienne demeure. Il est très séduisant de penser que celle-ci est notre maison noble de Germignan du Tiran. Ainsi, la ferme aurait été réaménagée dans les anciens chais de la maison noble, et Allaux aurait réutilisé toutes les anciennes pierres à sa disposition. Ce nouvel ensemble, en forme de U, est doté d'un décor de pierre de taille du XVIIème siècle. Les encadrements des portes et fenêtres de l'étage sont composés de matériaux réutilisés, alors que les autres sont des imitations refaites à l'identique. Les différents bâtiments sont distribués autour d'une cour intérieure. Une petite tour carrée, couverte d'ardoises, est disposée dans l'angle du corps de logis principal qui se compose d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré. La façade sur rue est animée de trois travées irrégulières séparées par des pilastres colossaux sans chapiteaux. La porte d'entrée, située sur la travée centrale, est surmontée d'un fronton cintré brisé dans lequel s'inscrit un cadran solaire. La façade sur jardin ne bénéficie d'aucun décor architectural. Encore aujourd'hui, rien ne prouve que cette propriété serait les vestiges du siège de cette puissante seigneurie féodale.

Laurence Chevallier, Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.147-148.

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