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Montaigne un homme célèbre.

Le Parlement de Bordeaux a été la pépinière de grands hommes, humanistes célèbres aux écrits prestigieux, tels Michel Eyquem de Montaigne et Étienne de La Boétie, ainsi que le lieu de leur rencontre.

Les parents de Michel Eyquem, Pierre Eyquem et Antoinette de Louppes eurent sept enfants : quatre garçons et trois filles. Pierre Eyquem aimait les pierres et les immeubles. Il achète le château de Montaigne près de Lamothe-Montravel, en Dordogne où naîtra, le 28 février 1533, leur troisième enfant Michel, d'où son titre nobiliaire. Les frères cadets de Pierre Eyquem, donc les oncles de Michel, étaient chanoines de Saint-André. Raymond, le troisième oncle, était sieur de Bussaguet au Taillan et conseiller au Parlement de Bordeaux.

L'une des filles de Pierre, Jeanne, sœur de Michel, était l'épouse de Richard de Lestonnac et demeurait à Germignan, certainement à l'emplacement de l'actuelle ferme de Moncheuy. Leur fille, également nommée Jeanne, fonda la compagnie de Marie-Notre-Dame, rue du Palais Gallien à Bordeaux, qui se consacre encore aujourd'hui à l'éducation de la jeunesse. Elle fut béatifiée en1900 et canonisée à Rome le 15 mai 1949 par le Pape Pie XII. Mariée à 17 ans au baron de Monferrant-Landiras, elle dut assumer seule l'éducation de ses enfants.

Suite au décès de La Boétie, Montaigne écrit

« Qu'un ami est une douce chose... »

Ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi ».

Il y a, au-delà de tout mon discours et de ce que j'en puis dire particulièrement, ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports ; je crois, par quelque ordonnance du ciel. Nous nous embrassions par nos noms ; et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre...

Qu'on ne me mette pas en ce rang ces autres amitiés communes : j'en ai autant de connaissance qu'un autre, et des plus parfaites en leur genre, mais je ne conseille pas qu'on confonde leurs règles : on s'y tromperait. Il faut marcher en ces autres amitiés la bride à la main, avec prudence et précaution ; la liaison n'est pas nouée en manière qu'on n'ait aucunement à s'en défier...

Les Essais, livre I, chapitre XXVIII, De l'amitié.

Andrée Raymond, Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.154-155.

Pour son ami La Boétie, cliquez ICI.

montaigne

                                             Portrait de Montaigne. Peinture anonyme de la 2ème moitié du XVIème siècle. Musée de Chantilly.

Montaigne. (Michel Eyquem de), écrivain français (château de Montaigne, aujourd'hui commune de Saint-Michel-de-Montaigne, Dordogne, 1533-id. 1592). 5a famille s'était enrichie par le négoce, et la seigneurie de Montaigne (ou de la Montagne) n'avait été achetée que par son arrière-grand-père, Ramon Eyquem (1477). Son père fut le premier à vivre sur un train de gentilhomme ; sa mère, Antoinette de Louppes (ou Lôpez), descendait peut-être d'une famille juive qui avait fui les persécutions en Espagne. Montaigne reçoit une solide éducation : son précepteur allemand Horstanus ne s'adresse à lui qu'en latin. À six ans, il entre au collège de Guyenne à Bordeaux, où enseignent de grands maîtres tel Buchanan, puis fréquente la faculté des arts de Bordeaux, où professe Muret. Après avoir étudié le droit, sans doute à Toulouse (1549), il devient conseiller à la cour des aides de Périgueux (1554), puis au parlement de Bordeaux (1557). C'est la qu'a lieu sa rencontre avec son « frère » d'élection, Étienne de La Boétie à qui il vouera une indéfectible amitié. Éprouvant peu d'enthousiasme pour ses fonctions, il fréquente la Cour : il accompagne François II à Bar-le-Duc et Charles IX au siège de Rouen tenu par les protestants (1562). Son mariage avec Françoise de La Chassaigne, à laquelle il est loin de porter un grand amour, date de 1565. La mort de son père (1568) lui laisse un titre et des terres, et il peut vendre sa charge à Florimond de Raemond (1570). Dès 1569, il a publié, selon un vœu de son père, une traduction de la Theologia naturalis de Raymond Sebon, qui prétendait fonder la loi chrétienne sur la raison. En 1571, paraît par ses soins une édition d'œuvres de La Boétie (dont la Ménagerie de Xénophon) ; il se rend la même année à Paris, reçoit le collier de l'ordre de Saint-Michel, puis se retire dans son domaine. Installé dans sa « librairie », il commence à dicter les premiers Essais (1572). Son travail est interrompu quelque temps en 1574, à l'occasion de la quatrième guerre de Religion. En1580, parait la première édition des Essais, limitée alors aux deux premiers livres. Pour tenter de trouver des eaux salutaires à sa gravelle et également pour des raisons diplomatiques, il entreprend un long voyage à travers l'Europe, du 22 juin 1580 au 30 novembre 1581. Il prend les eaux à Plombières et à Bade, visite la Bavière et traverse l'Autriche avant de descendre vers l'Italie. Son séjour dans la péninsule se prolonge toute l’année 1581. Il s’enorgueillit de recevoir à Rome des lettres de bourgeoisie. Ses notes intimes, qui consignent par le menu ses coliques et ses maux de vessie aussi bien que ses promenades archéologiques, sont rassemblées dans son Journal de voyage, rédigé partiellement en italien et publié pour la première fois par Meusnier de Querlon en 1774. Ayant appris à Lucques son élection à la mairie de Bordeaux, il remplit sa charge en magistrat consciencieux (1581-1583),est réélu pour une seconde période (1583-1585). Durant ces deux années de troubles civils, Montaigne ménage habilement l'intérêt de la ville dont il a la charge. Il reçoit Henri de Navarre en 1584, se rapproche aussi du duc de Matignon, gouverneur de Guyenne, dévoué à Henri III. C'est ainsi qu'il peut déjouer les intrigues de la Ligue (1585). La même année, comme la peste sévit à Bordeaux, Montaigne s'en tient prudemment éloigné. Il achève enfin la deuxième édition des Essais, qui paraissent, accrus de nombreuses additions et d'un troisième livre (1588). Il se lie vers la même époque avec P. Charron, son futur compilateur, et Mlle de Gournay, sa « fille d'alliance ». Lors d'un voyage à Paris (1588), il est dévalisé, puis embastillé au cours des troubles qui suivent la journée des Barricades. Ses dernières années sont consacrées à préparer une nouvelle édition des Essais, qui sera publiée, avec des imperfections, par P. de Brach et Mlle de Gournay (1595).

Né dans le siècle de l'humanisme, mais appartenant à une époque de crise politique et intellectuelle, Montaigne n'a pas l'enthousiasme encyclopédique qui animait parfois Rabelais. Le catalogue des objets de savoir que l'on trouve par exemple dans l'Apologie de Raymond Sebon ne vise qu'à démontrer la faiblesse maladive de la raison humaine. Incapable de « se connaître soi-même », selon le vœu socratique, comment l'homme pourrait-il connaître « toute autre chose » ! D'où la question éternellement ouverte à laquelle se ramène la devise choisie par Montaigne : « Que sais-je ? ».

Grand Dictionnaire encyclopédique, Larousse, 1984.

 


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