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Joomla : Porte du Médoc

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Des premiers occupants à la Renaissance.

Il est difficile de déterminer l'arrivée des premiers hommes dans le Médoc, mais leur implantation paraît très ancienne puisque des fouilles permettent d'attester leur présence vers le Xème millénaire avant J.C. Au Taillan, une hache polie de l'époque néolithique a été retrouvée vers 1906. Cette découverte fut annoncée lors d'une conférence sur la préhistoire faite au Cercle d'étude populaire de la paroisse du Taillan. La hache mesure l8 cm, elle est en quartzite et en parfait état de conservation lorsqu'elle est découverte à proximité de la jalle (entre Bussaguet et le presbytère). Ceci laisse supposer que les premiers occupants du Taillan s'étaient installés au bord de la rivière, ce site offrant les meilleures conditions de vie. Il ne faut pas oublier que la préoccupation première de ces hommes était l'alimentation, que les rivières et les forêts constituaient leur « garde-manger », par la possibilité de pêcher et de chasser. C'est au néolithique que l'agriculture et l'élevage ont permis à l'homme de prendre le dessus sur la nature, entraînant une sédentarisation des tribus qui se groupent en camps ou en villages.

Puis, vient l'âge des métaux dans le Médoc. Ils sont importés de la péninsule Ibérique et de la Bretagne. Le premier, le cuivre est introduit vers la fin du IIIème millénaire avant J.C. Son apparition est contemporaine de la civilisation dite « du vase campaniforme ». Arrivée par la mer, elle s'implante en Médoc où de très nombreux objets de cuivre ont été découverts.

À l'époque du Bronze moyen, le Médoc connaît une grande activité qui va durer jusqu'en 700 avant J.C. En effet, la région se trouve sur une des deux grandes voies qui amènent l'étain des îles britanniques vers la Méditerranée et l'Orient. Vers 1500 avant J.C., la presqu'île du Médoc qui est alors découpée par des golfes et prolongée au nord par un archipel, devient selon Antoine Lebègue, auteur de l'« Histoire des Aquitains », « une véritable zone industrielle qui reçoit l'étain d'Armorique méridionale et le cuivre ibérique, en échange de l'ambre ».

Avec l'âge du fer, au VIIème et Vème siècle avant J.C., le Médoc voit arriver des bandes de pillards et de conquérants. Puis entre le Vème et le IIIème siècle, s'établissent, sur les rives de la Garonne, les Bituriges venus de Bourges, le plus puissant des peuples gaulois. Ils colonisent Burdigala, et prennent le nom de Vivisci. Autour d'eux, d'autres peuplades gauloises s'installent sur les deux rives du fleuve, à Blaye les Blavias, à Langon les Alingo ; les Boïens (Boii) campent sur les bords du bassin d'Arcachon, dans le pays de Buch. Les Belendi fondent Belin, enfin les Médulli occupent, entre la Gironde et l'Océan, la vaste presqu'île nommée par leur présence, le Médullicum, puis le Médoc.

La situation de Burdigala, au confluent de trois rivières, le Peugue, la Devèze et le Caudéran, permet de créer un port abrité, où les Grecs de Marseille et les Romains de Narbonne viennent s'embarquer à destination de l'île de Bretagne (Angleterre). Les échanges avec les Grecs et les Romains initient les Bituriges à la grande civilisation méditerranéenne. Ils connaissent le vin avant d'avoir la vigne. Les classes aisées découvrent le luxe de la vaisselle campanienne. En dehors des villes comme Burdigala ou Noviomagus, l'habitat est relativement dispersé au milieu de profondes forêts peuplées de bisons, d'urus et de loups. Les maisons construites avec une ossature de bois et des murs en argile sont recouvertes de roseaux disposés en forme de pain de sucre. Les hommes de taille moyenne portent les cheveux longs et leur corps est couvert de tatouages ; leur tenue se compose d'une tunique retenue par une ceinture rouge et d'un pantalon qui s'enroule en spirale autour des jambes. Les Bituriges se nourrissent invariablement des produits de la pêche et de la chasse ; ainsi, se présentaient sans doute les habitants du Taillan de l'époque, qu'ils soient Bituriges Vivisque ou Médulli.

En 56 avant J.C., afin de protéger la province romaine de Narbonne de son principal ennemi, les Helvètes qui veulent s'installer sur les rives de la Garonne, César décide d'envahir la Gaule. Un des meilleurs lieutenants de César, Publius Licinus Crassus, a la charge de conquérir le Sud-ouest de la Gaule. Les Bituriges offrent peu de résistance à leurs alliés commerciaux romains. En l'an 52 avant J.C, l'appel à la résistance du chef gaulois Vercingétorix ne changera en rien le cours de la guerre et la Gaule passe sous la domination romaine. Avec elle, vient la « Pax Romana » qui va permettre à Bordeaux et sa région de connaître une ère de grande prospérité. La romanisation entraîne une véritable révolution économique. Le commerce est prospère, l'agriculture se développe, les moissons de froment sont vantées pour leur abondance. Sous les Romains, l'organisation du territoire biturge est modifiée. Bordeaux demeure la capitale de la cité, la résidence du sénat et des magistrats. Les petites peuplades avoisinantes, comme les Médulli sont intégrées dans la cité des Bituriges Vivisques. Les Médulli forment un « pagus », ce qui sera plus tard un canton rural de la cité.

Pour assurer leur sécurité par le déplacement rapide des troupes, et le développement du commerce, les Romains construisent des routes. L'aménagement des voies commence en 16 avant J.C. De Bordeaux, partent plusieurs voies se dirigeant vers Dax, Toulouse, Lyon, Poitiers, mais également vers Noviomagus (près de Soulac), d'où part une autre voie en direction de Bayonne longeant la côte océane et portant le nom de Via Médullica. La « via » conduisant à la pointe du Médoc est appelée la Lébade ou Lévade. Elle débute au Palais Gallien, passe par l'actuelle rue Fondaudège (la font d'Audège était la fontaine la plus importante de Bordeaux du temps des Romains), emprunte l'avenue d'Eysines, traverse la jalle du Taillan à hauteur de Cantinolle, au lieu-dit Jallepont, puis se dirige sur le lieu-dit les Gahets vers le quartier Lacaussade qui lui doit son nom (la caussade est la chaussée de pierre) ; de là, elle continue vers Hontane et la lande de Cassenore, puis quitte la commune en prenant la direction des bois de Luget (Le Pian).

La création des voies permet l'implantation de domaines agricoles, véritables petits villages dénommés « villa ». Chaque domaine emploie de nombreux travailleurs dont certains sont des esclaves et d'autres des colons libres. Le long des routes, au départ de la cité, les riches romains ont pour coutume de faire construire leur tombeau. Si le tombeau d'Autellius peut avoir donné son nom au Taillan, il n'est pas impossible que celui de Germignan ait pour origine une petite exploitation appartenant à Germinianus... Rien ne permet de l'affirmer, rien ne prouve le contraire, seul le passage de la Lébade est attesté.

Si les Bituriges participent au négoce du vin à destination des îles britanniques, les Romains se gardent bien de planter la vigne dans la région afin de protéger le vin produit en Italie qu'ils acheminent depuis Narbonne et Marseille et sur lequel ils perçoivent d'importantes taxes. La conquête de l'Angleterre en 43 avant J.C. va donner aux Bituriges l'occasion de se lancer dans la culture de la vigne, car les troupes d'occupation romaines ont un grand besoin de leur boisson favorite que ne peuvent pas satisfaire pleinement les expéditions depuis Narbonne. Le sol pauvre des Graves, les pluies océaniques et les gelées précoces ne conviennent pas aux cépages italiens ou grecs. C'est en Albanie, à Dyrrachium (Durrès), qu'un plant adapté au milieu Aquitain est découvert. Il s'agit du Basilica qui sera baptisé Biturica ou Biturigiaca. Ainsi, la vigne apparaît en Médoc et plus particulièrement dans les environs immédiats de Bordeaux, là où le sol l'autorise. Le Taillan et Blanquefort sont très vite couverts de vignobles jusqu'à la limite des marais et de la jalle. Rapidement, avec l'arrivée du christianisme, ces vignobles assurent la fourniture du « vin de messe » du chapitre de Bordeaux et cela pendant plusieurs siècles. Les élèves biturges dépassent très vite leur maître dans la vinification et les vins gaulois sont très réputés. Le vin qui était produit à cette époque n'avait pas grand-chose à voir avec celui que nous dégustons aujourd'hui. Les recherches effectuées à partir de textes anciens et des instruments retrouvés au cours de fouilles, ont permis une approche de la « fabrication » du vin romain. Elle se déroulait de la façon suivante : la vendange était ramassée dans des paniers en osier, puis foulée aux pieds pendant plusieurs heures. Le jus obtenu s'écoulait dans un cuvon de pierre ; le raisin foulé était ensuite pressé. Le liquide ainsi obtenu après ces deux opérations, était transvasé à l'aide d'un seau de bois dans des jarres en terre cuite de 500 litres (dolia), qui étaient enterrées.

La fermentation durait environ trois semaines. Au cours de celle-ci, étaient rajoutés, des herbes (fenouil), des épices ou des aromates (safran) ou du miel, et même de l'eau de mer. Tout était bon ou presque pour parfumer le vin à la demande.

Pays de la douceur de vivre, l'Aquitaine l'est assurément pour les membres de l'aristocratie gallo-romaine. Le poète Ausone, né à Bordeaux vers 309-310, D. Magnus Ausonius, grammairien et rhéteur, précepteur du futur empereur Gratien, riche propriétaire terrien, apprécie la gastronomie du Médoc. Il écrit dans ses lettres à son ami Théon propriétaire d'une villa vers la pointe du Médoc : « ces huîtres du Médoc qu'on nomme bordelaises sont exquises pour moi. César lui-même enfin à sa table les loue autant que notre vin ». Il les désigne comme « les plus précieuses de l'océan des Médules ».

Les richesses de la région sont une proie tentante pour les envahisseurs traversant la Gaule. En 406, ce sont les Vandales qui déferlent, puis en 415 les Wisigoths. « Plus de bétail et plus de semence ; plus un coin de terre pour les vignes et les oliviers. La violence du feu s'est abattue sur les terres des domaines » écrira un auteur anonyme de l'époque.

Les Francs, appelés par les évêques, avec à leur tête Clovis, viennent au secours du peuple gaulois et sont accueillis en libérateurs. Pour la Gaule, commence la période Mérovingienne. Vers 675, un premier duché d'Aquitaine est fondé par un prince Gascon du nom de Loup. La Vasconie qui deviendra la Gascogne s'étend des Pyrénées à la Garonne.

Depuis 720, la menace musulmane pèse sur le Sud-ouest de la Gaule. La grande offensive de l'Islam déferle sur la région, Abd-el-Rahman s'empare de Bordeaux. Le duc d'Aquitaine, battu par les Arabo-Berbères, en appelle à Charles Martel qui arrête ces derniers dans la région de Poitiers en 732. La présence arabe dans le Médoc a donné naissance à une légende attachée à la forteresse de Blanquefort. Cette dernière aurait été édifiée au VIIIème siècle par une dame Blanche « Bianca », fille d'un chef arabe ou maure établi à Gironville (Macau). Le château du Taillan, dépendant des comtes de Durfort, seigneurs de Blanquefort, prendra plus tard le nom du château de la Dame Blanche.

En 781, Charlemagne crée en faveur de son fils, le futur Louis le Pieux, le royaume d'Aquitaine. À la mort de « l'Empereur à la barbe fleurie », son fils Pépin règne sur l'Aquitaine de 817 à 838, mais son pouvoir s'arrête à Bordeaux, région devenue une « marche » tenue par les comtes de la famille Seguin, face à une Gascogne indépendante.

Dans le milieu du IXème siècle, de nouveaux envahisseurs, les Normands avec leurs bateaux (drakkars) longent les côtes et remontent les fleuves et les rivières. Ils suivent la Garonne détruisant et pillant tout sur leur passage. Ils s'attaquent d'abord aux campagnes, aux moissons, aux trésors des villas, aux monastères isolés. Dès 844, les pirates réduisent en cendres les faubourgs et les environs de Bordeaux. Le Taillan, comme le reste du Médoc subira leur passage. En 845, le comte Seguin est tué et en 848, Bordeaux est pillée et incendiée. La région connaît une période noire qui va durer jusqu'à l'an mil.

C'est au Xème siècle que le nom de la paroisse du Taillan apparaît dans une donation faite en 950, sans doute par Guillaume le Bon, duc d'Aquitaine, à l'abbaye bénédictine de Sainte-Croix de Bordeaux. L'église du Taillan se situe parmi les premiers bâtiments religieux du Médoc. Avec l'an mil, la région connaît un certain renouveau dans une Aquitaine indépendante.

Un grand élan de foi envahit le pays, les papes prêchent les croisades. C'est aussi l'époque des grands pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le Médoc est traversé par deux chemins que les pèlerins empruntent pour se rendre en Espagne. Le premier longe la côte océane, il est utilisé par les Anglais, les Normands, les Bretons, qui débarqués à Soulac (Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres), se dirigent vers Saint-Jean-de-Luz. Le deuxième est emprunté par les pèlerins arrivés par bateau à Lamarque en provenance de Blaye et se rendant à Bordeaux. Là, les pèlerins vont se recueillir sur le tombeau du bienheureux Seurin, évêque et confesseur. Cette ville a beaucoup d'attraits, car elle est la capitale du duché d'Aquitaine. L'église Saint-Seurin remonte au XIème siècle. Dans la crypte se trouvent des colonnes avec des chapiteaux gallo-romains et des sarcophages, dont un aurait contenu les restes du saint évêque. Les pèlerins touchaient le marbre et d'après la tradition, le saint rendait « plus fort ». Beaucoup d'entre eux, sont sans aucun doute, passés par Le Taillan afin d'y franchir la jalle en toute sécurité. Ils n'y ont, semble-t-il, laissés aucune trace, mais il est vrai qu'il ne reste plus rien de l'ancienne église de la paroisse pour porter témoignage de leur passage.

Au XIème et XVIIème siècle, le particularisme des Aquitains se manifeste au travers d'une civilisation originale. Ils apparaissent comme des êtres différents en Europe médiévale, d'une part par leur langue, d'autre part, par leur manière toute nouvelle de considérer la femme et sa place dans la civilisation chrétienne. Des hommes désignés sous le nom de troubadours vont exprimer en chanson des sentiments nobles et généreux, afin de conquérir l'amour de la dame de leurs rêves. Au côté du très célèbre duc d'Aquitaine, Guillaume IX, apparaissent le sire de Blaye, Jaufré Rudel et le châtelain de Hautefort en Périgord, Bertrand de Born. Ces hommes chantent l'amour courtois.

Selon certains chroniqueurs, c'est à Belin que voit le jour la belle Aliénor d'Aquitaine vers 1122, fille de Guillaume X d'Aquitaine et d'Aénor de Chatellerault. Confiée par son père au roi de France, ce dernier s'arrange pour la marier à son fils, le futur Louis VII. Cette union est célébrée à la cathédrale Saint-André de Bordeaux le 25 juillet 1137. Le manque de fidélité d'Aliénor envers son mari et roi de France va conduire à la dissolution du mariage et au remariage de la belle avec Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, le 18 mai 1152. Par ce mariage, le duché d'Aquitaine devient terre anglaise, ce qui constitue une humiliation pour le roi de France Louis VII. Les conséquences en seront pour la région, l'obtention d'une grande liberté et le développement du commerce du vin avec l'Angleterre.

Une ère de prospérité s'ouvre à nouveau pour Bordeaux et sa région. La campagne bordelaise se couvre de vignobles. On plante en Médoc, et bien sûr au Taillan, à Saint-Emilion et dans les Graves. Le vin rapporte des fortunes considérables aux Bordelais.

Concernant les événements de la vie des habitants de cette époque, la traduction d'un acte de la sénéchaussée de Guyenne écrit en Gascon, cité dans le livre « Voyage dans les Landes » de Boudon de Saint-Aman (1818), relate un droit coutumier du seigneur de Blanquefort.

Sentence de la Sénéchaussée d'Aquitaine, le 30 juillet 1302 : « Ceci est la charte et le statut du droit de priorité et de défloration que le seigneur de la terre et de Blanquefort a et doit avoir sur toutes et chacune des filles non nobles qui se marient dans ladite seigneurie, le premier jour des noces.

Agissant suivant le droit et les coutumes anciennes, le puissant seigneur de la terre et seigneurie de Blanquefort, Le Taillan, Cantenac, Margaux et autres lieux, a le droit de priorité et de défloration sur toutes et chacune des filles non nobles qui se marient en ladite terre et seigneurie de Blanquefort et autres ci-dessus nommées, le premier jour des noces, le mari étant présent et tenant une jambe de la mariée pendant que le seigneur usera de sa priorité et procédera à la défloration. Celle-ci étant réalisée, le seigneur ne peut plus toucher à la mariée et doit la laisser au mari.

Dernièrement, au mois de mai passé, Catherine de Soscarola, de la paroisse de Cantenac, allait se marier à Guillaume de Becaron. Le jeune, le puissant seigneur Jean de Duras, chevalier, voulut user de son pouvoir de priorité et de défloration sur ladite Soscarola. Celle-ci refusa d'obéir au dit seigneur et ledit Becaron également et de plus proféra de mauvaises paroles envers ledit seigneur. À la suite de ce refus d'obéissance de la mariée et des paroles mauvaises du mari, le seigneur les fait mettre en prison séparément et dépose une plainte au criminel, auprès du Grand Sénéchal de Guyenne, pour l'informer de son droit et lui demande une enquête sur les coutumes anciennes de la seigneurie de Blanquefort.

À la suite de cette enquête, une sentence de la cour du Sénéchal de Guyenne confirma le droit du seigneur. Le tribunal ayant fait comparaître les deux parties, déclare que ledit seigneur est bien fondé en droit et par coutumes anciennes, de prendre le droit de priorité et de défloration.

II condamne Catherine de Soscarola et Guillaume de Becaron à obéir au seigneur. En ce qui concerne les mauvaises paroles de Guillaume, ladite cour le condamne à faire amende honorable et à demander grâce au seigneur à genoux, la tête nue, les mains en croix sur la poitrine, ceci en présence de tous les présents à la noce. De plus, ladite cour ordonne pour ce qui touche le droit, que la présente sentence servira de loi et statut pour le temps présent et à venir, pour ledit seigneur. Elle sera publiée par le notaire royal et public, affichée par un appariteur à la porte de l'église de Cantenac, à la sortie de la messe et aussi dans toutes les paroisses de la seigneurie de Blanquefort. Le seigneur pourra également faire proclamer son droit, par tous les moyens qu’il lui plaira ».

Pendant plus d'un siècle, de 1337 à 1453, les monarchies françaises et anglaises s'affrontent. En 1355, les Français menacent Bordeaux, la Jurade fait alors appel au roi d'Angleterre qui lui envoie Édouard de Woodstock, prince de Galles. Le 8 septembre 1355, le fils d'Édouard III s'embarque pour la Guyenne. Arrivé à Bordeaux, il organise des raids particulièrement hardis depuis cette ville. Il séjourne souvent dans la forteresse de Blanquefort, Bordeaux n'ayant pas de château assez vaste pour l'accueillir avec sa suite. Les habitants du Taillan voient souvent passer cette redoutable armée. Durant cette période, le Médoc sera ravagé plusieurs fois par l'armée française.

En 1450, le Conseil du Roi décide d'en finir avec les Anglais qui détiennent toujours Bordeaux et sa région. Une avant-garde commandée par le Sire d'Orval entre dans Bazas, puis par une marche imprévue vient camper près de la jalle de Blanquefort. Devant ce danger, tous les Bordelais en armes quittent la cité dans un vrai tumulte, et partent, le maire à leur tête, affronter les Français. Le combat tourne court, plus de mille Bordelais tués et deux mille pris par les Français. Le reste de la troupe s'enfuit et le maire en premier. C'était le jour de la Toussaint, on appela cette date la mauvaise journée, « le jour de la male jornade ». Le soir lorsqu'on apporte sur des chariots les cadavres mutilés, un lugubre gémissement remplit la cité. L'archevêque Pey Berland, né au hameau de Saint-Raphaël (Avensan), passe deux jours et deux nuits à pleurer les morts de sa patrie. La guerre se termine par la victoire des Français sur les Anglais conduits par Talbot, à Castillon, le 17 juillet 1453. Quelques semaines après, Charles VII s'installe à Monferrant ; le gros de son armée campe dans Lormont. Le Médoc est occupé, une flotte remonte le fleuve jusqu'aux collines ; Bordeaux est investi par terre et par eau. Le XVème siècle s'achève, Bordeaux et sa région deviennent françaises et entrent dans la période de la Renaissance.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p. 75-79.

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