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Du XIXème siècle à nos jours.

Le Directoire succède à la Convention en 1795 et se termine en novembre 1799, laissant la place au Consulat en 1800, qui lui-même sera remplacé en 1804 par l'Empire jusqu'en 1814-1815. Pendant toutes ces années, la France s'est trouvée en état de guerre. Nul doute que quelques jeunes gens du Taillan parcoururent l'Europe le fusil à la main et la baïonnette au canon. La restauration de la Monarchie après la chute de l'Empire, puis l'avènement de la troisième République en 1848 et enfin le Second Empire amènent Le Taillan à l'aube du XXème siècle. Bourg rural aux portes de Bordeaux, il évolue lentement vers le modernisme sous la conduite de diverses municipalités.

Barthélémy Curé administre les affaires municipales, pendant seize années, de 1831 à 1847, date à laquelle il démissionne pour cause de maladie. Jean Ferrie Ginoulhiac est premier magistrat de la commune de 1848 à 1860, André Durgeon reste également pendant douze années maire du Taillan, de 1884 à 1896.

À la lecture de quelques arrêtés des maires ou des délibérations du conseil municipal apparaît le déroulement de la vie quotidienne à la fin du XIXème siècle. En 1848, une requête des habitants du Taillan, adressée au Citoyen commissaire du gouvernement dans le département de la Gironde, permet de constater que la vie pour les paysans n'est pas toujours facile.

En voici quelques extraits : « Au Citoyen commissaire, le 2 may 1848. La commune possède une quantité assez considérable de landes incultes, de pins et autres bois de chauffage. L'instant est venu où le partage de ces biens doit procurer à la commune et à l'État des avantages qu'on ne saurait contester. » La tutelle des forêts de l'État étant une lourde charge pour la commune aux faibles revenus, les citoyens souhaitent un partage, ils veulent défricher et faire une culture intelligente : « Comment nous laisser déborder par la misère en présence d'une terre où en la fouillant nous trouverons des trésors et pourquoi serait-il interdit, à nous travailleurs des campagnes d'améliorer notre sort quand cela serait si facile ? »

Cette requête est suivie d'une importante liste nominative des demandeurs. En regard de leur nom, certains ont signé, et combien émouvant, beaucoup ont fait une simple croix. Le 31 juillet 1853, le maire du Taillan, Jean Ferrie Ginoulhiac, signe le règlement constitutif de la Société de Secours Mutuels, fondée par quarante sociétaires avec pour but de procurer à chacun d'eux : les soins médicaux, de payer une indemnité pendant la durée de la maladie, de leur assurer une pension de retraite, de pourvoir aux frais funéraires, etc. Le 15 janvier 1855, un arrêté fixe la hauteur des haies à 1,33 m ; le 30 octobre 1855, un arrêté municipal instaure une taxe sur les mulets, les ânes, les chevaux ainsi que sur les charretées de bruyères en provenance des « communaux ». Le 14 mars 1856, le maire interdit de faire paître les animaux sur la voie publique et également d'y jouer aux quilles. Le 14 avril 1856, il fixe les règles relatives à l'enterrement des escargots. Il est précisé : « en raison de l'odeur fétide des escargots, il est fait obligation de les enterrer à 50 cm de profondeur et à 25 m du bord des chemins ». (Pour lire l'article sur la Société de Secours Mutuels, cliquez ICI.)

Concernant le personnel communal, en 1857, il y avait au Taillan, un garde-champêtre et un garde des écluses. Le 14 août 1858, un arrêté décide de la translation des restes de l'ancien cimetière dans le nouveau. L'ancien cimetière du Taillan jouxtait l'église à l'emplacement du monument aux morts. Inondé en permanence par les eaux des sources, il était devenu inutilisable pour les sépultures, si bien que certains habitants du Taillan, faisaient enterrer leurs parents décédés, à Bordeaux.

En 1862, la forêt de pins est attaquée par les chenilles processionnaires ; de ce fait, il est décrété, le 5 janvier 1862, qu'une campagne d'échenillage aura lieu du 1er au 20 février. La même année, le maire, M. Verrières-Choisy doit répondre à une demande d'explication du préfet de la Gironde, suite à une plainte déposée concernant la croix posée sur le clocher de l'église. Sur cette croix, se trouvent des fleurs de lys qui rappellent à beaucoup d'habitants, « l'ancien régime ». Une vive polémique s'engage, avec échange d'injures, entre « bonapartistes » et « royalistes ».

Le 15 février 1863, le conseil municipal fixe le salaire de l'instituteur à 600 F et celui de l'institutrice à 200 F, plus une rétribution mensuelle par les parents de 2 F pour ceux de première catégorie et de 1,50 F pour ceux de deuxième catégorie.

Tous les ans, le conseil municipal établit une liste des filles qui seront admises gratuitement à l'école pour l'année scolaire. En 1868, l'admission à l'école des filles devient gratuite. Le 3 décembre 1864, le maire autorise l'ouverture d'une salle de danse à Germignan. Le 25 novembre 1877, le conseil municipal établit la liste des bestiaux autorisés à pacager dans les « parties défensables » de la forêt communale : 19 appartiennent à Mme Vve Curé, 17 au Sieur Élie Pascal, 15 à Mme veuve Réglade, 11 au Sieur Bidon Isydore, 7 au Sieur Bidon Pascal, 2 au Sieur Eyquem Bertrand.

En séance, le 12 février 1878, le baron de Borelli fait part de sa démission du conseil municipal. Au cours de cette séance, une somme de 2 500 F par an est allouée ainsi qu'un logement, pour l'établissement d'un médecin au Taillan. Ce logement comprend deux chambres à feu qui se trouvent au premier étage de la mairie. La société de Secours Mutuel aidera le conseil municipal dans la recherche d'un médecin ; des annonces seront passées dans les journaux, la Grande et la Petite Gironde, la Guyenne et le Journal de Bordeaux.

Le 8 août 1879, le conseil municipal opte pour que la commune du Taillan soit desservie par le bureau de poste qui sera implanté à Eysines. Eysines qui n'avait pas assez d'habitants pour obtenir un bureau de poste avait demandé au Taillan de se joindre à elle et d'abandonner la desserte par le bureau de Blanquefort dont le service était assuré dans de mauvaises conditions. Le 19 août 1879, le conseil décide d'inscrire en grandes lettres « République Française » sur la façade de la mairie. Ainsi se déroule au fil des ans la vie quotidienne au Taillan.

La commune basculera dans le XXème siècle sans grand bouleversement avec une population remarquablement stable, 1 393 habitants au recensement de 1891, 1 326 habitants à celui de 1926 avec une moyenne de 3,7 personnes par foyer, ce qui laisse apparaître, une faible natalité pour l'époque.

De la main d'œuvre étrangère est utilisée après la guerre de 1914-1918. On trouve au village du Lout, lors du recensement de 1921, quatre familles de nationalité espagnole : Escribalino 8 personnes, Ferrera 1, Quinudas 6, Espuestos 8.

En 1912, Georges Miqueau sera élu maire du Taillan et conservera le fauteuil de premier magistrat de la commune jusqu'en 1945. Sa devise étant « Am toujoun heyt ataou, haram bè encore ». Il faut rappeler que le « gascon médocain » était la langue d'usage courant jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, bien que combattu par plusieurs générations d'instituteurs. Traduite en langue française, la devise de Miqueau était la suivante : « Nous avons toujours fait comme ça, nous ferons bien encore ». Cela pourrait peut-être expliquer la faible évolution du Taillan par rapport à certaines communes voisines.

Lors de la guerre de 1914, des enfants du Taillan, comme dans toutes les villes et les villages de France feront le sacrifice de leur vie pour sauver la Patrie. Leur nom est à jamais gravé dans le marbre. Le conseil municipal et les habitants leur rendront un vibrant hommage et notamment le docteur Roger Romefort dans un discours mémorable pour remercier la municipalité de son action en faveur des « Poilus » défenseurs de la Patrie. Après la guerre de 1914-l918, Mme Georgina Cruze, présidente de la Croix-Rouge, finance l'installation des bains douches publics, dans la maison qui est située à l'angle des rues du Dispensaire et du 8 mai 1945. En 1929, l'électricité n'alimente pas encore Jau, Bussaguet, la Sablière et une partie de Péchon.

S'il n'y a pas eu de grands événements durant cette période, la vie quotidienne était quand même émaillée de faits divers dont deux sont dramatiques et relatés par la presse bordelaise. En 1932, Georges Miqueau est victime d'un attentat : « à son domicile, alors qu'il balayait sa cour, le fils du receveur des Postes lui tira dessus à bout portant, pensant qu'il était responsable de son échec à l'obtention d'une place ». Le 19 octobre 1935, M. Toulouse Alban, adjoint au maire, est tué accidentellement au cours d'une partie de chasse.

Heureusement, ces faits restent exceptionnels et la vie au Taillan connaît des animations plus ludiques, fête patronale de la Saint-Hilaire, fête de la jeunesse, fête carnavalesque, kermesses, concerts, banquets républicains. Dans cette évocation de la vie au Taillan, il ne faut oublier la place importante tenue par les prêtres au cours des XIXème et XXème siècles.

Les Frères des Écoles Chrétiennes ont participé à l'enseignement des garçons du Taillan, leur école se trouvait au n° 1 de la rue de Sandillan. Les sœurs ont également assuré celui des jeunes filles, dans une école située rue du Dispensaire. Dans les années trente, l'abbé Lescure, plein de dynamisme et d'esprit d'initiative entraîne les jeunes et les moins jeunes dans des créations telles que concerts, chorales, kermesses et félibrées. Ses organisations sont magistrales, n'hésitant pas à inviter les Coqs Rouges de Bordeaux pour une fête de gymnastique. Il y a la société carnavalesque ainsi qu'une fanfare, « l'Avenir taillanais ». Les enfants du Taillan qui vécurent ces années là, disent avec nostalgie : C'était le bon temps !

Chaleureux, convivial, ouvert à tous, Le Taillan était œcuménique avant l'heure. M. et Mme Henri Cruse n'hésitent pas à aider et prêter leur propriété pour l'organisation des kermesses et la famille Cla met à la disposition de la jeunesse taillanaise, nombreuse à l'époque, une grande salle (salle Jeanne d'Arc) qui sert à la répétition des pièces de théâtre ou à la préparation des concerts. Il y a même un piano pour accompagner les chants de la « soprano ».

C'est à la même époque, que dans un journal local, la municipalité essayait de convaincre les Bordelais de venir s'oxygéner au Taillan, afin de profiter des bienfaits de la campagne, à quelques kilomètres seulement de la grande ville bruyante.

Petite Gironde du 7 mai 1939. Le Taillan-Médoc : station climatique. « À 9 kilomètres du boulevard de la vieille barrière du Médoc, sur la plus belle de nos routes départementales, et à cheval sur cette voie spacieuse, se trouve une coquette petite cité, qui, sous le gai soleil, prend sa parure de fête et semble sourire au citadin épris d'air pur et de solitude verdoyante : c'est Le Taillan, premier échelon de notre prestigieux Médoc, dont le nom sonne clair et joyeux aux quatre coins de l'univers émerveillé par le vin fameux qui porte son nom, mais sans oublier que le Taillan, où la récolte du vin produit une très respectable qualité de celui-ci, notre cité a l'heureux privilège d'être à 20 minutes de Bordeaux, premier reposoir citadin, où celui-ci, tout à son aise, peut jouir de la beauté de notre abondante pignada et de l'atmosphère salutaire qui s'en dégage. Il n'y a pas, au Taillan, de syndicat d'initiative, mais seulement une municipalité avertie et bienveillante à l'extrême, qui ne néglige rien pour améliorer et créer du nouveau, aussi bien que tenir sa forêt en état de propreté irréprochable et attrayante. Il y existe aussi une énorme quantité d'emplacements à vendre, tous plus ou moins à portée de la forêt et à des prix étonnants de bon marché. Avez-vous entendu le vieil adage si court et pourtant si joli et si éloquent ? « Une maisonnette et un cœur ». Eh! bien, que pensez-vous de celui-ci s'ajoutant au premier : « Une maisonnette et un jardin avec cinq ou six pins sous lesquels jouent de jolis enfants blonds comme les anges et joufflus comme des pommes ». Oh ! oui, qu'on se le dise et que les trompettes de la renommée le jettent à tous les échos : la reine de nos stations climatiques, c'est la jolie cité du Taillan, à 9 kilomètres de Bordeaux. avec tous les moyens de transport modernes, nombreux et rapides. »

Après la Seconde Guerre mondiale, Michel Réglade est élu au fauteuil de premier magistrat de la commune et assure cette fonction jusqu'en 1959. Marius Blanc, médecin dans la commune, lui succède en 1959. Philippe Réglade, fils de Michel, prend la suite jusqu'aux élections municipales de 1977. De son mandat, l'histoire locale retiendra qu'il fut un maire prévoyant de l'évolution démographique de la cité. Pour la commune, il prépare l'avenir par l'acquisition de divers terrains : celui du bois des Ormes pour la construction d'écoles, un pour l'extension du cimetière, un pour l'aménagement du stade, et un autre qui sera revendu ultérieurement, pour la construction du lotissement de la Maisonneraie du Stade, initialement prévu pour la réalisation d'un groupe scolaire. Il fut également un maire bâtisseur par les réalisations suivantes : centre hippique dans la forêt communale, maison des Jeunes, terrain d'honneur du stade et sa tribune. Il contribua au développement du Taillan en vendant à des promoteurs, des terrains communaux de peu d'intérêt, dans le quartier de Germignan, sur lesquels furent aménagés les lotissements de La Boétie, du Thil et de la Palombière. L'arrivée de ces nouveaux habitants nécessita la construction de l'école de La Boétie. Pour le besoin des résidents, la commune favorisa l'implantation d'une pharmacie par cession d'un terrain. En 1977, Jean Pometan, directeur d'école au Taillan depuis plus de 20 ans, prend la direction des affaires communales. Il continue de moderniser Le Taillan tout en préservant l'équilibre environnemental garant d'une excellente qualité de la vie. Il lance la construction des écoles (maternelle et primaire) du Bois des Ormes, de la poste, transformant les anciens locaux laissés vacants en une salle polyvalente et une halte garderie. Pratiquant le sport, il développe le plus populaire d'entr'eux, le football, et complète les installations sportives par des courts de tennis et un gymnase. Il se retire de la vie politique en 1995.

De la vie des Taillanais après la deuxième guerre mondiale, on retiendra que la seule culture de la terre ne garantit plus aux familles les ressources suffisantes, obligeant les hommes et les femmes à s'orienter vers des métiers ou des emplois industriels et commerciaux. La poudrerie de Saint-Médard a notamment employé bon nombre de personnes. Au fil des ans, les terres agricoles sont devenues des terrains à bâtir, et les pavillons y poussent comme des champignons.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.85-88 et 102.

 

 

 

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