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Le monument aux Morts.

La commune, qui comptait à l'époque 1 100 habitants, a perdu 32 soldats sur les différents champs de bataille de la Première Guerre mondiale. C'est pour leur rendre hommage qu'un monument aux Morts a été inauguré devant l'église paroissiale en 1924.

« En 1919, l'État s'engage à aider financièrement, sous son contrôle, les communes qui souhaitent ériger un monument en hommage aux morts de la Grande Guerre. Pour édifier celui-ci, le choix de la municipalité se porte sur l'emplacement de l'ancien cimetière, près de l'église. Par manque de ressources, il faudra attendre 1924 pour le construire.

Le sculpteur Florentin Chauvet, dont la cousine germaine, une demoiselle Chauvet, résidait au Taillan, et chez laquelle il venait souvent, fut pressenti par la municipalité afin d'exécuter la sculpture du monument. Il accepta la demande et se mit au travail sur le lieu même de l'édification. Il offrit ainsi aux Taillanais, de voir se transformer sous les coups de burin, de simples blocs de pierre, en un symbolique « Poilu, défenseur de la Patrie ». Les écoliers se pressaient pour le voir travailler ainsi que les aînés, fiers, de voir qu'un des leurs, réalisait cette stèle avec beaucoup de cœur. Selon Mme Groleau, dont le mari était l'arrière-petit-fils de la cousine germaine de Florentin Chauvet, la pierre fut fournie par la commune et l'œuvre exécutée gracieusement par l'artiste. L'inauguration eut lieu en décembre 1924.

morts CPA fonds privé JCG.

Le docteur Roger Romefort, de son nom d'écrivain Gric de Prat, réédita pour cette occasion « les coupons de Cadiche », dont le produit de la vente aida aussi au financement du projet. Voici la préface de « Lous Coupouns dé Cadiche » : « à la mémoire des enfants du Taillan, qui ont trouvé la mort sur le champ de bataille la France plein le cœur, nous dédions cette modeste poésie. Nous la dédions aussi à ceux qui ont survécu au terrible drame, et qui, après avoir accompli là-bas, où qu'ils aient été placés, magnifiquement leur devoir, se trouvent à leur victorieux retour, obligés à lutter contre des individus louches, sans conscience et sans cœur, lesquels, croyant atténuer la honte qui les suivra toujours, essaient par des hurlements et par des insultes, de diminuer le mérite de ceux qui ont sauvé le Monde. Nous la dédions à ces géants de la Grande Guerre, à ces poilus magnifiques de la Marne et de Verdun, qui malgré tout, vont revivre heureux au sein de la Mère Patrie, sur le sol de cette France, qui, Elle, n'a ni calculé ni retiré des avantages matériels d'une guerre où elle fut jetée pendant plus de quatre ans, mais qui marchera du moins désormais à la tête des Nations, ses étendards en loques, le cœur saignant, mais le front haut ».

Andrée Raymond, Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.132.

Le monument aux morts.

Il a été conçu et réalisé presque gratuitement grâce à un médecin poète. En préambule de ses propos lors de l'inauguration du monument aux morts du Taillan-Médoc le 3 décembre 1922, le docteur Roger Romefort déclarait : « Rassurez-vous, ce n'est pas un discours que je vais prononcer. » S'en suivirent une dizaine de pages d'un texte ampoulé, prononcé en gascon avec maints trémolos aux accents patriotiques dans la voix.

Le monument aux morts du Taillan a lui aussi son histoire. En effet, au début des années 20, à l'heure où chaque municipalité se mobilisait pour honorer ses morts récents, Florentin Chauvet, directeur des Beaux-arts à Lille a proposé gratuitement ses services et il est même revenu en vacances dans sa famille au Taillan-Médoc pour y travailler. En revanche, il fallait trouver quelques sous pour acheter les matériaux et c'est là que le docteur Romefort est intervenu. Ce cardiologue connu (à l'époque) également sous son nom de plume gascon Gric du Prat (grillon du pré) a troqué son scalpel pour sa plume et s'est fendu d'une pièce en vers dont la vente devait assurer le financement du monument. Las, il manquait encore quelques pièces et le conseil municipal se vit obligé d'augmenter légèrement les impôts en 1922. Il fallut également compter sur les subsides de sponsors de l'époque, comme la Société des services mutuels, qui avait pour but « de mettre en relation, d'un bout à l'autre de la France, toutes les notabilités, toutes les spécialités, toutes les probités, toutes les sympathies chrétiennes et charitables ». La société en question a laissé sa trace au dos du monument sous forme d'une palme dont les inscriptions ont été effacées par le temps. Le docteur Romefort a son nom gravé sous un fier coq qui clame dans son rond de bronze : « Victoria galliae restitutrix » (« Celle qui restitue la victoire à la France »).

mort

Côté face, sont inscrits les noms de ceux qui ont payé de leur sang, les 32 Taillanais tombés dans les tranchées. Certains Taillanais d'aujourd'hui se sont penchés sur ce monument pour le faire « parler ». Ainsi, Claude Mercier, de l'association Point info, a travaillé sur un fascicule qui reprend l'historique de la création du monument. Pour sa part, Danièle Lacrampette s'est attachée à traduire l'intégralité des discours du docteur Romefort.

Article du journal Sud-ouest du 11 novembre 2014, Jean-Michel Leblanc.


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