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Du XVIème au XVIIIème siècle.

Avec l'installation du Parlement de Guyenne, les présidents et conseillers font construire dans Bordeaux de riches hôtels particuliers auxquels s'ajoutent ceux des gens du roi et quelques bourgeois enrichis par le négoce, qui se sentent en mesure d'acheter une charge pour leurs enfants. La fonction de parlementaire est prestigieuse, elle laisse du temps libre pour s'occuper du vin et confère des pouvoirs sans partage aux Bordelais. Henri IV dit, en parlant des membres de cette cour souveraine : « si je n'étais point roi à Paris, je voudrais être parlementaire à Bordeaux, c'est le sort le plus enviable du monde ». Cette nouvelle noblesse, forte de ses richesses, va devenir propriétaire foncier, et s'intéresser en particulier à la vigne. Pendant que cette puissance grandit, les anciennes maisons nobles ne vivent âprement que de la culture de leurs domaines. Sous des dehors clinquants, leur misère est réelle. Ceux qui ne sont pas fonctionnaires attachés à la personne du roi sont des hobereaux que leur état besogneux retient sur leurs terres. Sous la poussée de leurs dettes, les familles célèbres du Bordelais disparaissent peu à peu de la vie publique. Les deux baronnies les plus puissantes de la région, celles de Monferrant et de Blanquefort, connaissent de gros problèmes financiers. Ainsi, la première nommée est achetée par la jurade de Bordeaux et Jacques de Durfort, à qui appartient celle de Blanquefort, pour se créer quelques revenus, aliène par-devant notaire ses droits de justice dans les paroisses médocaines. Dans le pays du Bordelais, les châteaux historiques et les grands crus passent des mains de la noblesse d'épée à celle des parlementaires et des bourgeois enrichis.

Dans la paroisse du Taillan, de par sa proximité avec Bordeaux, une grande partie des terres se trouve concernée par cette évolution. Elles appartiennent soit à la noblesse de robe, soit à la grande bourgeoisie marchande de Bordeaux. Les ordres ecclésiastiques ont également des possessions dans la paroisse. Ainsi, en 1541, sous le règne de François ler, Ramon Ayquem de Montaigne est seigneur des maisons nobles de Bussaguet et de Saint-Genés, sises toutes deux, dans la paroisse du Taillan. La seigneurie de Bussaguet se trouvait sur les bords de la jalle, à la limite actuelle de la commune du Haillan, qui n'était à cette époque, qu'un village de la paroisse d'Eysines. Quant à la maison noble de Saint-Genés, l'Abbé Baurein nous précise, qu'elle portait indifféremment le nom de Saint-Genés et celui de la Gorce, ce qui la situe vers l'actuel quartier de la Belgique. Elle dut disparaître vers le milieu du XVIIIème siècle, car, le 23 juin 1734, Gabriel Maurice de Lavie dont nous reparlerons plus loin, seigneur du Taillan au village de l'Allemagne, qui venait de l'acquérir de J.F. de Pontac d'Anglade, conseiller au parlement de Bordeaux, « en baillait à fief nouveau, le terrain et les débris à un marchand de Bordeaux » (Drouyn, T. XVII, P 459).

Concernant la maison noble de Bussaguet, son nom apparaît pour la première fois dans le testament de Thomas Ayquem de Montaigne, frère de Ramon de Montaigne. Seul, un moulin portant ce nom, appartenait en 1242 au chevalier Guillaume de Bussac, Bussaguet pourrait donc être un diminutif de Bussac mais on ignore à quelle date cette possession est entrée dans la famille Ayquem de Montaigne. Il est possible que l'édification de cette maison noble soit l'œuvre de Ramon Ayquem de Montaigne. Son fils Geoffroy de Montaigne, né du mariage de Ramon avec Adrienne de La Chassaigne, fille de Geoffroy de La Chassaigne, président au Parlement de Bordeaux, et de Catherine de Lestonnac en hérite en 1563, alors que le règne de Charles IX commence à peine. Geoffroy de Montaigne, conseiller au Parlement, fut connu sous le nom de « Bussaguet » ou « Montaigne Bussaguet », déjà seigneur de Bussaguet, il devient seigneur du Taillan par cession de droit.

Alors que les royaumes de France et de Navarre ont à leur tête le bon roi Henri IV, le 8 mars 1601, Jacques de Durfort, baron de Blanquefort, échange par acte notarié passé à Bordeaux, plusieurs paroisses et seigneuries dont il est en possession, contre une rente de douze boisseaux de blé et divers fiefs. Cet échange a lieu avec plusieurs personnes dont Maître Léonard de La Chèze, conseiller au Parlement et Pierre d'Aste, écuyer, seigneur des Roys, conseiller du Roi au Grand Conseil. Léonard de La Chèze cède très rapidement ses droits à Geoffroy de Montaigne, son collègue au Parlement et c'est ainsi que Pierre d'Aste et Geoffroy de Montaigne, se partagent le 6 novembre 1601, une grande partie des terres de la paroisse du Taillan. Il résulte de cet acte, que le bourg, l'église du Taillan et les terres situées au couchant du chemin de Bordeaux à Castelnau sont la possession de Geoffroy de Montaigne, tandis que celles se trouvant au levant de ce même chemin, sont dévolues à Pierre d'Aste et portent le nom de maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, aujourd'hui baptisé la Belgique. Afin de délimiter les terres en leur possession, les deux parties décident qu'il sera planté des bornes marquées à leurs armes, de sorte que l'écusson de chacun d'eux se trouve face à sa portion. La mort surprend les deux seigneurs avant que les bornes ne soient posées. Les années passent ; à Henri IV, succède Louis XIII, à Geoffroy de Montaigne, succède son fils aîné, Joseph de Montaigne, né en 1574, écuyer, seigneur de la maison noble de Bussaguet, du Taillan, de Gayac, de Corbiac de Saint-Médard, de la Chapelle Gonaguet en Périgord, de Brénieu en Vivarais, baron de Lévignac, conseiller au Parlement de Bordeaux. Son épouse, Jeanne Tivoley de Brénieu, porte le titre de dame du Taillan. À son décès survenu à Bordeaux en 1627, son fils aîné Henri, institué par lui héritier universel, lui succède comme seigneur du Taillan et meurt en 1679, alors que Louis XIV est au pouvoir. Ensuite, Guillaume de Montaigne, né le ler août 1614, lui succède en tant que chevalier, seigneur de Bussaguet et du Taillan, dit « le Chevalier de Montaigne », bourgeois de Bordeaux.

En ce qui concerne la maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, à Pierre d'Aste, ont succédé ses fils, Henry et Charles-André. En 1645, cette maison noble est saisie sur feu Henry d'Aste et son frère Charles-André. Un arrêt décret du 19 juin 1663 en rend Maître de Poitevin, chevalier, Trésorier général de France, adjudicataire pour la somme de dix mille cents livres. Quarante cinq années se sont écoulées depuis le partage réalisé entre Geoffroy de Montaigne et Pierre d'Aste, mais les bornes, délimitant les terres des deux maisons nobles, ne sont toujours pas plantées. C'est Guillaume de Montaigne qui prend l'initiative de l'opération, il somme Maître de Poitevin de contribuer à l'achat de ces bornes afin de procéder à leur mise en place. Ce dernier n'ayant pas déféré à la sommation, Guillaume de Montaigne en effectue l'acquisition et fait réaliser les travaux auxquels Maître de Poitevin est prié d'assister. La situation relationnelle entre ces deux maisons nobles aurait pu en rester là, si un des fils de feu Pierre d'Aste, Jean Étienne d'Aste, chevalier, seigneur des Roys et de Terrefort, n'avait pas évincé Maître de Poitevin par retrait lignager, et remboursement du prix de l'adjudication. Jean Étienne d'Aste devient possesseur de la maison noble du Taillan au village de l'Allemagne, arrache les bornes plantées par Guillaume de Montaigne et prend le titre de seigneur du Taillan. La réaction de Guillaume de Montaigne est placée sur le plan juridique ; par acte en date du 24 décembre 1664, il fait savoir à Jean Étienne d'Aste, que le bourg et l'église du Taillan étant dans sa possession, lui seul peut se prévaloir du titre de seigneur du Taillan. Comme son père Pierre d'Aste, Jean Étienne d'Aste n'a droit qu'au titre de seigneur de l'Allemagne. Par le même acte, Guillaume de Montaigne proteste également contre l'enlèvement des bornes auquel s'est livré le seigneur d'Aste. Après assignation, les deux seigneurs se retrouvent, accompagnés de leurs officiers de justice, témoins, procureurs et avocats, sur les lieux litigieux. Les deux parties ne peuvent se mettre d'accord, et l'affaire est portée devant le Parlement de Rennes, car celui de Bordeaux, où les deux adversaires ne comptent que des parents ou amis parmi les magistrats en exercice, est dans l'impossibilité de juger une telle affaire. Le jugement est rendu le 14 juillet 1666, une sorte de jugement de Salomon, tenant compte sans doute, de l'influence des parties en présence. L'arrêt précise que Guillaume de Montaigne est autorisé à prendre le titre de seigneur du Bourg du Taillan et le Sieur Pierre d'Aste, celui de seigneur du Taillan au village de l'Allemagne. Ainsi par ce jugement, le Taillan se trouve avoir deux seigneurs. Malgré cet arrêt, le procès continue et les bornes ne seront remises en place qu'en 1668. Jean Étienne d'Aste renonce à son acquisition, il vend le 28 mars 1670, sa seigneurie à Maître de Poitevin. La rivalité entre les deux seigneuries se poursuit. Les querelles ont lieu maintenant entre Guillaume de Montaigne et Maître de Poitevin, puis elles continuent entre le gendre de ce dernier, Gabriel Maurice de Lavie, président au Parlement, qui a épousé Anne, fille de Maître de Poitevin et Joseph de Montaigne, petit-fils de Guillaume. En 1740, sous le règne de Louis XV, elles durent encore, mais à ce moment là, entre Jean Charles de Lavie, fils de Gabriel Maurice et Joseph de Montaigne. En 1744, à la mort de Joseph de Montaigne, la seigneurie du bourg du Taillan, passe à sa sœur, Marie de Montaigne, épouse de Juilhot de la Devize, puis dans la maison noble de Cursol. En 1760, François de Cursol est qualifié de baron du Taillan. La seigneurie du Taillan au village de l'Allemagne est toujours aux mains de la famille de Lavie. En 1789, elle appartient à Paul Marie de Lavie, fils de Jean Charles et petit-fils de Gabriel Maurice. Puis, vint la révolution et l'on ne parla plus des seigneurs du Taillan. Beaucoup plus tard, le village de l'Allemagne est rebaptisé par décision du conseil municipal « la Belgique », il s'agit alors d'une querelle plus importante qui oppose la France et l'Allemagne.

En 1759, la paroisse abrite une compagnie de dragons du régiment de Rennes.

Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p. 79-82.

Ce texte présente les seigneurs. Pour lire sur les villageois, cliquez ICI

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