Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

L.a forêt du Taillan autrefois.

Entre Saint-Aubin et le Pian-Médoc, la forêt du Taillan est le poumon de la porte du Médoc. Un dixième de la commune, boisé, appartient pour moitié à cinq domaines importants, quelques rares petits propriétaires, et pour l'autre moitié c'est le bien de tous. Cette partie de forêt s'appelle donc « les communaux ». Aujourd'hui, territoire des promeneurs, mais dans le passé espace favori du résinier, du vacher, du bûcheron, du charretier, sans omettre le braconnier. À l'automne, les chasseurs suivent les sentiers des vaches où folâtrent les animaux sauvages, lièvres et lapins, faisans et écureuils.

Pour connaître votre forêt, laissez votre voiture au stade. Arpentez l'allée des Fleurs, l'allée du Sergent, le chemin du Foin… De là, allez dire bonjour au chêne de Boulugan. Puis, par les Renardières, regagnez la Pey, le chemin de Jau, l'allée de Curé, et retour au stade par son avenue. Bonne promenade. Ouvrez l'œil, l'oreille, respirez lentement, découvrez votre domaine vert d'aujourd'hui. En ce qui concerne la riche, saine, propre et sauvage forêt d'autrefois, les paysans d'alors n'avaient pas le temps de flâner. Comme leurs terres, leurs prairies, leurs minuscules parcelles de vigne, la forêt était le lieu de travail et d'équilibre de la nature. Pour vivre libre et indépendant, le paysan doit travailler durement et longtemps en toutes saisons. La forêt rapporte peu au journalier. Pour le propriétaire, le pin semé par le vent ou les pignons jetés à la volée, attendent la troisième génération pour l'exploitation raisonnable. En attendant, seuls, un gros propriétaire et la commune occupent à plein temps le résinier.

De Germignan à Tanaïs, de Jau à Gelès, les troupeaux parcourent les bois. Le résinier connaît les pins qu'il visite, comme le vacher les bêtes qu'il promène. Le sentier des vaches facilite le passage de la brouette pour le ramassage de la résine. Dans les sentes du résinier gambade le lièvre. En bordure au pied du chêne poussent des cèpes à l'automne. Le résinier mène une vie rude, mais en plein air, possède une rustique cabane au chemin du Foin. Il s'y abrite, y déjeune, et enferme ses outils. Les barriques pleines de gemme sont alignées près de la cabane au bord de la piste. Le pin saigné à blanc, âgé d'au moins cinquante ans, permet l'exploitation de bois d'œuvre : poutre, planche. Après un grand incendie, une scierie temporaire est installée : scieurs de long, muletiers, charretiers, bûcherons animent le secteur.

Entretenue, la forêt ne contient que peu d'essences : pins, chênes voisinent. Quelques vénérables châtaigniers sont protégés. L'hiver, le bûcheron débite les stères qui chaufferont les locaux municipaux et l'école en priorité. Le transport est effectué par un agriculteur-charretier. L'hiver, les coups de hache et les bruits de la scierie réveillent bécasses et grives. Les paysans font leur réserve de bois pour l'an prochain, car il faut faire bouillir la marmite de la famille et la gargote du porc. La tuaille du cochon est une fête ! À l'occasion, le bûcheron peut améliorer son salaire en confectionnant des fagots qu'il vend aux boulangers pour alimenter leur four. À la campagne, tout le monde est solidaire, tous produisent au village. Quelques maigres parcelles d'acacias sont réservées pour faire des piquets de vigne et des pieux de clôture des prés. Le garde-champêtre et le garde-forestier, sentinelles de la lande et de la forêt, surveillent, organisent, dirigent les coupes de bois et des taillis de la commune. Amis, ils dégustent des châtaignes avec du vin nouveau à la cabane du résinier. Dans la forêt, le travailleur recherche et trouve le bois (houx, érable, saule etc.) qui lui donnera un bon manche d'outil, un timon ou un brancard pour son tombereau. Enfin, pour les fêtes de Noël, gui, sapin, lierre, branche de houx, humbles cadeaux de la bonne forêt.

René Descat. Le Taillan-Médoc, hier, aujourd’hui, Point Info du Taillan, 2 000, p.115.

joomla template