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Climat et démographie.

L'hiver de 1709 fut l'un des plus terribles hivers des temps modernes. « Au 22 décembre 1708, il avait déjà neigé pendant 15 jours. Le 6 janvier, le froid devint extrêmement grand et dura 17 jours. Il atteignit jusqu'à -23,8°. On traversait à cheval et en voiture la Garonne à Cadillac, la Dordogne à Fronsac. Le vin gela dans les cuves, le bétail périt presque tous. Tous les arbres fruitiers périrent ainsi que la plupart des vignes surtout les pieds qui dépassaient l'épaisse couche de neige (un pied égale 0,33 m) Les pins périrent presque tous. Les chênes furent gelés à tel point qu'ils éclatèrent et se fendirent. « Cela faisait un bruit comme un coup de mousquet ». 30 ans plus tard, les Eaux-et-Forêts relevaient des traces de cette gelée qui avait fait tomber l'écorce du pied des vieux chênes du château de Gajac. Le dégel causa de terribles inondations qui amenèrent la perte presque totale de la récolte en grains. Heureusement la nouvelle récolte fut moins mauvaise qu'on ne l'avait craint... On se trouva à peu près avoir la moitié d'une bonne récolte alors qu'on espérait rien.

Au début de septembre, les Jurats apprirent que beaucoup de personnes faisaient le pain moitié froment et moitié des racines d'une plante appelée asphodèle ou Hastula regia. « Il y a péri quantité de monde, hommes, femmes et enfants, pauvres et riches qui sont morts de froid, quantité il en restait sur les chemins, d'autres à qui on a coupé les membres » (Revue historique, 1909).

Cette année, il y eût dans la paroisse 35 décès contre 11 en 1697, 17 en 1706, 8 en 1707. Parmi les morts, on compte trois ou quatre enfants seulement et surtout les personnes âgées de plus de 50 ans. Un tonnelier fut trouvé mort « sur le chemin d'Hastignan près d'une croix nommée à Bominé » le 16 janvier, jour du plus grand froid. Le 10 mai, on ensevelit dans l'église « gratis pour avoir été assidu et chanter aux offices » un nommé Labadie. Le 3 juin, fut également enseveli dans l'église Jean Desperon, « chirurgien » ; le 26 décembre, on inhuma dans le presbytère de l'église (le chœur actuel) Mgr Monnaur, prêtre, ancien curé de Saint-Médard âgé de 80 ans ».Un peu avant lui, était décédé Pierre Andrant âgé de 98 ans. Les décès étaient ainsi répartis : deux en janvier, un en avril et en mai, un en juin, trois en août, 7 en septembre, 4 en octobre, huit en novembre, sept en décembre. Les deux premiers furent probablement produits par le froid mais l'échelonnement des suivants jusqu'à la fin de l'année ne permet pas de les attribuer à la même cause. Faut-il incriminer les suites des gelures ? Peut-être pour quelques-uns. Mais la recrudescence qui se fait sentir à partir d'août jusqu'à la fin de l'année fait plutôt penser à la disette.

Celle-ci fit sentir ses effets l'année suivante puisqu'en 1710 il y eut encore 15 décès dont trois vieillards de 80, 90 et 99 ans environ. Cette situation catastrophique eut sa répercussion sur les mariages. Il y en eut trois seulement : en janvier, avril et en août, contre six en 1697. On a pu remarquer à propos du décès de 1709 et mai 1710 que des personnes avaient atteints ces années un âge très avancé : 80 et 98 ans par exemple. La même constatation a été relevée en 1706 : sur 17 décès, on trouve deux vieillards de 80 « quelques années » et 90 ans « environ ». En 1707, 8 décès, on note une personne de 84 ans et un autre de 90 ans. Les nombreuses longévités peuvent s'expliquer de la manière suivante : les organismes qui avaient résisté aux épreuves de la rude existence de ces époques étaient extrêmement robustes et par suite, se trouvait un état de tenir fort longtemps. Ajoutons-y la vie sobre et calme bien différente de l'existence agitée de nos contemporains. À partir de 1718, les témoins des actes de baptême, de mariage, de décès, signent plus fréquemment qu'auparavant. Ceci fait supposer l'existence d'un maître d'école bien qu'aucun document n'en fasse mention avant 1734.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.37-38.

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