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La poste au XVIIIème siècle.

A. Fourthon dit Richard habitait dans une maison située à peu près à sur l'emplacement de celle de Bérard Petiton. C'est à lui que le féodiste Guignard écrivait le 24 février 1785 une lettre reproduite dans la notice d'Hastignan. La poste n'existant pas à cette époque entre Bordeaux et Saint-Médard, on confiait la lettre ou le paquet expédié à un messager qui le remettait au destinataire. Et comme tout le monde n'avait pas un laquais à sa disposition on a dû chercher d'autres moyens pour se tirer d'affaire. Le curé Resplaudy recevait ses lettres par l'intermédiaire de M. Delmestre, Courtier Royal au Chapeau Rouge, et bien peu de personnes pouvaient se permettre d'utiliser un commissionnaire de si haut rang.

On avait dû en chercher d'autres : c'étaient bien souvent les bouviers venus à Bordeaux apporter le bois, la paille, le miel ou la laine de la campagne. Le commerce, qui existait de tout temps avait pris une grande importance dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle avec la prospérité que connut alors la ville de Bordeaux. Les bouviers remisaient habituellement dans le bourg de Saint-Seurin, le plus souvent à Pont Long, en haut du chemin d'Arès, tout près de la place Dauphine que Tourny venait de construire. C'est sur cette place que d'après Beaurein, se tenait le marché du bois les mercredis et samedis pour l'approvisionnement du public. « On peut se servir de la voie des bouviers de cette paroisse pour faire parvenir les lettres car il n'y a point de Bureau aux lettres ». On trouvait facilement dans ces parages des commissionnaires qui se chargeaient de remettre les lettres ou paquets au destinataire. Ils apportèrent même à Saint-Médard quelque chose qu'on ne leur avait pas confié, au dire du curé de Martignas Sinié, ce fut le virus de l'épizootie qui fit périr tant de bétail à Saint-Médard et dans les environs en 1774. Les archives de M. Bérard Petiton possèdent une lettre d'affaires expédiée par cette voie. Le texte mérite quelques remarques.

L'adresse est très précise et très complète. Elle porte le nom du village et celui du chemin près duquel se trouve la maison du destinataire. Mais celui-ci pourrait ne pas être bien connu dans l'endroit comme n'y habitant pas depuis longtemps, on a donc pris soin de fournir une précision permettant de retrouver plus aisément en donnant le nom du précédent propriétaire de sa maison : «  Il est l'héritier de la Blayèze ». En lisant le corps de la lettre ne peut pas s'empêcher de remarquer le ton courtois, les formules de politesse de ce citadin qui écrit une lettre d'affaires à un vigneron de la campagne. Cela prouve mieux que tous les discours du monde que les belles manières et la politesse du Grand-siècle avaient pénétrés jusqu'au fond de la nation. Les relations nouées à cette époque entre habitants de Bordeaux propriétaires et bouviers de Saint-Médard se sont maintenus pendant longtemps.

Notre grand-père Dénigès transportait chaque année avec ses bœufs la vendange récoltée par M. Cotrel sur sa propriété, sise à la Croix Blanche, avant que les limites de Bordeaux n'eussent été reportées du carrefour de la croix Blanche au boulevard actuel vers 1860. Sur cette propriété a été percée la rue Cotrel.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.60-61.

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