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La visite d'inspection de l'église en 1691.

Ces comptes-rendus de ces visites fournissent  de précieux renseignements et une description détaillée de l’église.

En 1691, l'archevêque désigna Charbonnel, curé de Bruges, comme commissaire chargé de rédiger le procès-verbal de visite. Ce dernier s'acquitta scrupuleusement de sa mission et fait une description détaillée de l'église dans voici des extraits complétés par les renseignements donnés par le procès-verbal de 1734 :

« Nous nous sommes rendus ce jour dans l'église de Saint-Médard-en-Jalles où nous avons trouvé le peuple assemblé le 10 septembre 1691. C'est une église à deux ailes savoir celle du grand autel et celle de la chapelle Notre-Dame qui est du côté de l'évangile du grand autel et sont séparés l'une de l'autre par quatre arceaux dont trois séparent la nef avec l'aile de la chapelle et le quatrième sépare le presbytère du grand autel avec celui de la chapelle Notre-Dame.

À la fin du second Empire, l'église a été agrandie; c'est pour cette raison qu'on voit actuellement cinq arceaux lieu de trois entre les deux nefs. L'aile du grand Autel est composée du presbytère, du chœur et de la nef. Le grand autel nous a paru très régulier et proprement tenu. Il y a un assez beau retable... Comme l'autel est dédié à Saint-Médard, patron de ladite paroisse le tableau représente Saint-Médard dans sa gloire.

M. de la Salle du Ciron, ayant donné et le tabernacle et le tableau, avait voulu mettre ses armoiries dans deux petits écussons à chaque côté du tabernacle quoique cachés... (Il ne subsiste rien de tout cela, l'autel actuel date de la deuxième moitié du XIXème siècle) le presbytère ( le chœur actuel) est spacieux, il y a de l'autel à la table de communion 11 pieds et demi.

L'inconvénient de cette église, auquel la communauté a voulu plusieurs fois remédier, mais n'a jamais pu faute de moyens, c'est l'obscurité. Elle était éclairée par quatre petites fenêtres dont deux placées fort haut (cet inconvénient signalé en 1734, a disparu en partie grâce aux grandes fenêtres pratiquées lors de la restauration l'église). Le chœur (commencement de la nef) est plus bas d'une marche et séparé du presbytère par la table de communion à laquelle il manquait un verrou (cette table de communion était un très curieux balustre du XVIIème siècle), remplacé plus tard par la grille actuelle. M. de Castelnau, qui écrivait vers 1849, a vu une partie de ce balustre servir de clôture à une étable à cochons. À l'entrée du chœur, venant de la nef, il y a deux chaises à bras, une de chaque côté servant à M. le curé et des sièges pour les assistants, le pupitre au milieu qui est mouvant.

Il y a aussi deux bancs de bois appartenant à M. de La Salle du Ciron, seigneur et baron de Saint-Médard. Ils ont trois pieds de largeur et quatre et demi de profondeur. Ils sont distants de la table de communion de quatre pieds laissant un passage, dans le milieu du chœur, de 10 pieds. La voûte du grand autel s'avance jusqu'au milieu du chœur (cette voûte s'effondra vers le milieu du second Empire juste après la sortie des enfants du catéchisme assis peu avant dans le chœur).

Sur le clocher est une chapelle voûtée, bien percé, large d'environ 14 pieds sur 12, qu'on nous a dit dédiée à Sainte-Catherine bien qu'il n'y ait aucun tableau de cette Sainte. Il y a un autel de pierre garni d'une nappe et d'un devant d'autel en toile peinte. Il n'y a pas de croix, de tableau ni de chandeliers ; on n'y célèbre pas, parce que le peuple n'y a pas de dévotion. Les cordes des cloches pendent le long du mur mais ne gênent pas. En 1734, cette chapelle est consacrée à Saint-Jean et on y voit une statue de Saint-Jean. (À propos de cette chapelle, Brutails écrit : l'absidiole sud est précédée d'une travée carrée qui est couverte d'une jolie voûte d'ogive.)

La chaire à prêcher qui est en pierre est contre cette chapelle (elle a été démolie plus tard). Dans la nef, sont quatre bancs : un du côté de l'épitre, hors du chœur mais joignant icelui à M. de Grély, gentilhomme (à peu près à hauteur du contrefort du clocher qui fait saillie dans la nef), un du côté de l'Évangile, hors du chœur à M. Minvielle, ci-devant official, un autre au sieur Laborde, bourgeois de Bordeaux qui est contre l'ordonnance, un autre qu'on nous a dit être aux héritiers du sieur Laborde, bourgeois mais qui n'en porte pas le nom. Il y a un grand bénitier en pierre près de la porte d'entrée (démoli plus tard).

Aile Notre-Dame : au fond se trouvent les Fonts Baptismaux entourés d'une grille... Il y a un crucifix flanqué contre la muraille qui serait mieux contre le pilier qui fait face à l'entrée. On voit un banc appartenant au sieur Gineste, lieutenant de la baronnie de Saint-Médard (Gineste, lieutenant du juge de Saint Médard et Huissier de la Cour habitait la maison des Ingénieurs où fut installé le Frontstalag 221 pendant l'occupation, en face le grand portail de la poudrerie) ; suit l'autel dédié à Saint-Jean, hors murailles, dans l'église.

Sur les gradins, sont trois figures : Saint-Jean, Saint-Sébastien, Saint-Antoine. Cet autel est assez nu et couvert d'un dais mais sans balustre. La pierre sacrée est une ardoise. Il disgracie beaucoup cette aile tant il occupe presque la moitié et sur les gradins s'assoient les premiers occupants. En 1734, cet autel n'existait plus.

M. de La Salle propose, si sa Grandeur le veut bien, de faire une chapelle qui serait le pendant de celle de Sainte-Catherine en faisant une ouverture d'un arceau pour porter ladite chapelle dehors. C'est la chapelle Saint-Yves dans laquelle on voit la statue de ce saint en bonnet carré et grande perruque tout comme le conseiller au Parlement qui l'avait faite édifier. Cette chapelle existait en 1703.

L'autel de Notre-Dame a deux marches, on voit une figure de la Sainte-Vierge avec l'enfant Jésus dans ses bras (l'autel actuel ne date que du XIXème siècle), le dais est en mauvais état. Cette aile n'est pas lambrissée, la couverture qu'on a refaite parce qu'elle tombait ayant coûté fort cher. Elle était dans cet état en 1703 mais en 1734 l'aile était plafonnée, les murailles en bon état et les vitres propres.

Derrière l'aile Notre-Dame, est la sacristie bien ornée, contenant des calices, aubes, croix à l'antique pour processions. Le curé nous a montré le livre ancien de 1610 où ont signés les curés de Salaunes, Saint-Aubin, Le Taillan, Eysines, Blanquefort, Mérignac... qui ont tous reconnu Saint-Médard pour archiprêtré. On y voit un grand vase pour les Saintes Huiles que le curé distribue aux curés qui sont dans son district.

Notes du docteur Arnaud Alcide Castaing sur la paroisse de Saint-Médard-en-Jalles sous l’Ancien Régime et sur la commune de la Révolution au XXème siècle, dossier familial, 1946, 270 pages, p.38.

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