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La distribution du courrier en 1883.

En 1883, il n'y avait qu'un seul facteur et compte tenu de la grande quantité de courrier à distribuer, la municipalité avait réclamé à M. le préfet un deuxième facteur pour effectuer la tournée. Il faut dire qu'il ne chômait pas !

La commune comptait de nombreux commerces, un service des Douanes et une gendarmerie. Les patentes (taxes payées par les commerçants et les industriels) étaient au nombre de 146 et leur montant annuel s'élevait à 7 070 francs.

La population de 1 932 habitants s'étendait sur un grand territoire. Du bout de l'île, où se trouvait un négociant patenté, jusqu'au bureau de poste, il y avait 5 kilomètres. Les villages de Labric et de Fronton, où se trouvaient également des patentés ainsi que le château Cantemerle, étaient à 3 kilomètres du bureau de poste. Ce même bureau était situé à 850 mètres de la gare et, en hiver, quatre trains portaient les dépêches contre cinq en été.

C'était le facteur de l'époque qui était chargé d'aller à la gare chercher les paquets, à chaque arrivée de trains, ce qui l'obligeait à faire huit fois la route en hiver et dix fois en été. Il faisait même une distribution spéciale dans le bourg à 18 h 30. Il fallait surtout qu'après l'arrivée du train de 9 heures, il parte faire sa tournée dans toute la commune et qu'il soit de retour à 16 h 30 afin de remettre le courrier départ au train de 16 h 59.

Ce travail était tellement pénible qu'en 10 ans, 8 facteurs se sont succédé ayant tour à tour préféré quitter l'administration. Certains même furent obligés de demander à leur femme de récupérer le courrier à la gare car ils ne pouvaient être présents à l'arrivée du train, n'ayant pas terminé la distribution. Pour toutes ces raisons, la municipalité avait demandé à M. le préfet de la soutenir dans sa demande d'un deuxième facteur auprès de l'administration des postes.

L'idée de la municipalité de Macau était d'enrôler le facteur de Labarde (400 habitants). Pour ce faire, elle a démontré qu'entre les églises de chacune de ces deux communes, il n'y avait que 2 kilomètres et le château Dauzac n'était qu'à 600 mètres. Le seul problème était que la commune de Labarde était desservie par le bureau de poste de Margaux. Pendant 9 mois, le facteur chargé de la distribution du courrier à Macau, prenait son travail à 7 h 25 et terminait sa journée à 19 h 30.

Durant les trois mois d'été, toujours à pied, il commençait sa journée à 7 h 25 et la terminait à 22 h. Il avait à peine le temps de manger. En 1861, les conditions étaient encore plus pénibles puisque Macau n'avait pas encore « d'établissement de poste aux lettres » comme on l'appelait à l'époque. Le conseil municipal s'était alors indigné qu'une lettre partant le matin de bonne heure de la poste de Bordeaux, n'arrive à Macau que le lendemain soir, voire le surlendemain si la lettre n'était postée que dans la matinée. En effet, ceci était fortement préjudiciable aux différents commerçants macaudais (commerçants, négociants, médecins, deux usines à vapeur, forte population à la belle saison et pour les vendanges). Ce retard pouvait porter atteinte aux intérêts de toute la population.

Le 24 juillet 1862, la commune était avisée par lettre de M. l'Inspecteur des Postes, qu'un bureau de distribution serait créé à Macau. Le Conseil municipal écrivit alors à M. l'Inspecteur des Postes pour le remercier de son soutien pour l'obtention de ce bureau de distribution, en lui précisant que cette mesure était un premier pas pour arriver à la création d'un bureau de plus grande importance. M. Lacouture, maire de l'époque, se plaisait à reconnaître que la commune devait cette faveur de l'administration à l'obligeance de M. Pierlot, qui avait bien voulu faire apostiller sa lettre à M. le Directeur Général des Postes à Paris, par le secrétaire particulier de l'empereur.

Depuis 1865, il existe à Macau un bureau de recettes. Ce dernier fut créé après plusieurs demandes de la part du conseil municipal et avec l'aide de M. Pierlot. Auparavant, il n'existait qu'un bureau de distribution, soit un bureau pour la distribution du courrier et un facteur.

Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.141.

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