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La vigne en 1926.

C’est une activité très importante, tant pour les propriétaires viticoles et les paysans qui œuvrent sur les propriétés, que pour tous les artisans dont l'activité est liée au travail de la vigne : tonneliers, ferblantiers, forgerons, charrons, bourreliers, menuisiers et maréchaux ferrants (ferblantier : la ferblanterie consiste à produire ou réparer des objets tels que couverts, louches et divers ustensiles pour la cuisine ou l'alimentaire avec des feuilles de fer mince trempées dans de l'étain en fusion. C'est Colbert qui va contribuer fortement à l'introduction en France de la ferblanterie, en chargeant un représentant du roi de France en Allemagne, l'Abbé de Gravel, de convaincre des ouvriers allemands de venir s'installer dans notre pays. Ces derniers fondent à Beaumont, dans la Nièvre, la première fabrique de ferblanterie.)

Chaque nature de terre est importante pour la qualité du vin : terre de grave, terre de palus ; elle détermine le goût du vin. Il y a donc un classement des Crus Artisans et Crus Paysans en Palus secs. Ici, nous sommes dans les palus.

On y trouve en 1926 :

Cru Lacoste-Gilet, M. J. Taillade, 8 tonneaux par an,

Cru Lacoste-Le Prat, M. Lavergne, 8 tonneaux par an,

Cru Latour à Lacoste, M. Amanieu, 12 tonneaux par an,

Cru Chalet Lacoste, M. H. Delas, 5 tonneaux par an,

Cru Lacoste, M. Dupuy, 6 tonneaux par an,

Cru Lacoste, Mme Veuve Faugère, 5 tonneaux par an,

Cru John-Jornon et Guilhem, M. Chautard Fils, 5 tonneaux par an,

Domaine de Lescalle, M. J.F. Gouny aîné, 18 tonneaux par an.

En 1866, une polémique enflamma le petit monde viticole. En effet, il était question de modifier la contenance des barriques. À cette époque, une barrique se vendait avec une contenance d'environ 29 à 30 veltes. La velte, l'instrument qui servait à jauger les tonneaux, contenait 7 litres 286 dix millièmes de litre, ainsi que cela fût constaté par la commission départementale des poids et mesures du II germinal an 2 (31 mars 1794). Ainsi, une barrique « Bordelaise » devait contenir, d'après les usages, de 29 à 30 veltes, (soit de 218 litres 34 centilitres à 225 litres 86 centilitres). La Chambre de Commerce avait cru bon de délibérer que désormais, dans le département les barriques devraient contenir de 224 à 228 litres, c'est-à-dire en moyenne un peu plus de 30 veltes et par conséquent environ 6 litres de plus que la contenance moyenne reçue jusqu'à ce jour. Aux dires de M. David, habile et honorable fabricant de barriques, et de M. de Massip, viticulteur intelligent et très expérimenté, ils déclarèrent : « que la barrique « Bordelaise » est marchande lorsqu'elle contient de 29 à 30 veltes, et que si la résolution de la Chambre de Commerce était adoptée on ouvrirait la voie à toutes sortes de perturbations et de difficultés dans la fabrication des barriques et dans les transactions qui ont les vins de la Gironde pour objet ». Pour ce faire, le conseil municipal délibéra et vota à l'unanimité : la contenance des barriques devrait rester inchangée.

Il y a une centaine de petits propriétaires qui produisent de 4 à 6 tonneaux par an.

Le château Biré, d'où nous partons,

Les vignes de M. Laindras et son Cru « Peyrecave» à « Mirande »,

Les vignes de M. E. Verdier à « Guignan », et celles de M. E. Laurent au « Bout de l'Ile ».

Au Bout de l'Ile, plusieurs petits propriétaires qui à eux seuls produisent 40 tonneaux de vin par an :

M. Attié avec le Cru « Laurétant »,

M. L. Billa avec encore un cru « Laurétant »,

M. le Docteur Eyquem avec le cru « la Ferme »,

Mme Veuve Seguin à « Seguin »,

Mme la Marquise de Carbonnier de Marzac avec le château Ducru-Ravez,

M. E. Guillaud avec le « Cru Marot »,

M. Jean Denis à « Béraud »,

M. E. Tessandier avec le château Lescalle,

M. E. Grange avec le château Plaisance,

M. J. Burgade avec le château Desplats,

M. Saint-Ubery avec le château Pelau,

M. Puyo avec le « Cru Rauzan »,

M. Hosteins avec le « Cru Moizin »,

M. Merle avec aussi le « Cru Moizin »,

M. Micouleau avec le « Cru Cabanne », les « rus Campardon» et « Lacoste »,

M. Prélat Fils avec le château Peyronnet,

M. Espagne avec le « Cru Francia »,

M. Joseph Marcel Cournou avec le château Barreyre,

MM. Jean et Raymond de Villepreux avec le château Gironville,

M. J. Raymond au Port de Macau, ainsi que

M. Barateau avec le domaine de « Launay » et M. J. Labatut (sans nom de cru).

Nous approchons du Domaine de Guignan, nous l'appelons maintenant « Bolaire ». À ce jour, M. E. Verdier en est le propriétaire. La récolte annuelle du domaine, situé « en bout de l'île » de Macau, est de 20 tonneaux. Cette bande de terre, anciennement une île de la Garonne, fut reliée à la presqu'île médulienne (médulienne : ce nom pourrait provenir de l'ancien nom du Médoc « Meduli litus » qui signifie « entre deux bords » faisant référence à la situation géographique du Médoc qui se trouve entre l'océan Atlantique et la Gironde, et pour d'autres du nom du peuple gaulois « les Médultes » ou « Médulli » à une période antérieure à l'époque médiévale. Bénéficiant de conditions propices à la viticulture (proximité du fleuve, drainage naturel), ce terroir possède un passé viticole très ancien.

En 1376, Maria de Bernatanda, reconnaît tenir de l'abbé de Sainte Croix, une terre « en la gran yla de Macau » (grande île de Macau) et promet de la planter en vignes. Une redevance modérée a sans doute attiré les preneurs, en particulier les bourgeois de Bordeaux, (en majorité des marchands des quartiers de Sainte-Colombe et de Saint-Michel) qui s'y implantent progressivement. Au XIVème siècle, le paysage de l'île se singularise déjà nettement par rapport au reste de la paroisse. Il est alors composé, dans des proportions à peu près équivalentes, de terres, de vignes et d'aubarèdes. Sur les terres, l'abbaye incite à la plantation d'aubarèdes et de vimiers. À partir de 1460, de nouveaux cépages sont introduits comme le « Petit Verdot ». Le XVIème et le début du XVIIème siècle représentent l'âge d'or de ces vignobles où il faut sans doute déceler, selon les mots de H. Enjalbert, « l'ébauche du grand vignoble bordelais, de départ vers la qualité ». Depuis cette glorieuse époque, le vignoble de Guignan a évolué, mais la tradition reste bien présente. Certaines parcelles de petit verdot sont pratiquement centenaires. Des chais furent construits en 1860.

Plus loin, derrière le château Bolaire, c'est « Mirande », la propriété de M. Laindras. La culture de la vigne est la principale activité de cette propriété. Les 25 tonneaux qui y sont produits à l'année portent le nom de Cru Peyrecave. Entre la maison des lépreux et le puits carré, il y a la propriété de M. le Docteur Eyquem. Ce dernier est aussi viticulteur et produit 40 tonneaux à l'année. C'est le cru « La Ferme ».

Tout près de la propriété Ducru Ravez, M. E. Guillaud possède le cru « Marotte » au lieu-dit Marot, dont la production est de 50 tonneaux par an. Là-bas, au fond de ce chemin, c'est la propriété de notre maire, M. Jean Denis. Elle est appelée château Béraud, et produit 40 tonneaux de vin par an.

Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.8.11.

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