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Histoire de Macau.

« Macau s’appelait autrefois Machau. La commune est bornée au nord et au nord-ouest par la Gironde ; à l’est et au sud-est par la Garonne, au sud par les communes de Ludon et du Pian ; à l’ouest par les communes d’Arsac et de La Barde (Labarde) et au nord-ouest par la commune de Cantenac. La superficie est de 1523 hectares (1561 ha actuellement). La population agglomérée est de 942 habitants. Le reste de la population est réparti en 6 villages : le Bout de l’ile, le Port de Macau, Bernes, les Trois Moulins, la Houringue, et Labrie (Labrie a été défigurée, ce mot vient de « d’Albret », car le village était placé dans le fief du seigneur d’Albret » [actuellement : 2 017 habitants]. La création des deux écoles de Macau remonte à 1833. En 1737, le régent de la commune enseignait la lecture des manuscrits. Macau possédait un couvent de moines qui donnaient aussi l’instruction. Le 20 mars 1834, le premier instituteur communal est nommé. En 1880, la commune fit construire des écoles pour les garçons. La dépense s’élève à 30 000 F.

Avant la révolution, l’instruction chez les filles étaient complètement négligée. La première institutrice libre apparait vers 1820. La première institutrice communale fut nommée en 1852. L’effectif scolaire est de 125 garçons et 100 filles.

La commune de Macau est baignée par la Garonne et la Gironde et 4 esteys (ruisseaux) : la Maqueline a une de ses embouchures dans la Garonne et l’autre dans la Gironde. On donne le nom d’Ile de Macau et d’Ile des vaches à l’espace compris entre la Maqueline et la rivière.

La Mouline se jette dans la Maqueline. L’estey ou ruisseau de Gouys se jette dans la Maqueline. Le ruisseau des Arrouchs se jette aussi dans la Maqueline.

La commune de Macau est traversée par l’ancienne route royale, plus tard route départementale et aujourd’hui départementale 2E.

Le chemin de fer du Médoc traverse la commune à 200 m du bourg. La principale production est la culture des artichauts dits artichauts de Macau et renommés comme tels.

La viticulture occupe la majeure partie de la population.

Le sol de la commune est peu accidentée ; il offre à l’est et au nord de grand et fertiles palus et à l’ouest et au sud d’excellentes terres graveleuses produisant des vins fins très recherchés.

Le meilleur vin de la commune est celui du cru Cantemerle appartenant à Mme la baronne d’Abadie de Villeneuve de Durfort. Il est classé parmi les 5èmes crûs et jouit en Hollande de la plus grande faveur. Les crûs bourgeois sont : les trois Moulins, la Houringue, château Cambon, château Prinban, château Rose la Biche, château Gironville, château Maucamp, Guitaut, Larrieu, Terrefort, Bern.

La commune produit en moyenne 2 000 tonneaux de vins de palus et 500 de vins de graves, en tout 2 280 000 hectolitres. Les vins de palus se vendent en moyenne 600 F et ceux de Graves 1 000 F le tonneau. La tonnellerie est la seule industrie de la commune, elle occupe un grand nombre d’ouvriers. La population a une aisance moyenne due à la cherté du vin.

Le bourg de Macau distant de la Garonne d’environ 800 m en 1888 était autrefois au raz de l’eau (800 m en 1973 également). Située à l’embouchure de la Garonne, en face du confluent de la Dordogne et à l’entrée de la Gironde, cette commune fut une place de défense. À l’époque de la domination romaine en Gaulle, il existait une ville aujourd’hui complètement détruite et dont on n’a pas pu retrouver le nom (peut être Gironde).

Du bourg de Macau jusqu’à Labarde, on trouve, en creusant le sol, des fondations, des briques et des médailles romaines. Certaines de ces briques sont été déposées au musée de Bordeaux. Cette ville aurait ensuite été complètement détruite par les Sarrazins. La tradition attribue la construction de l’ancien château Gironville aux arabes, le château tirerait son nom d’une villa construite Hiran (Abdérame), chef des Sarrazins. Cette ville se nommait Hiran-villa. Ce château aurait été ensuite rasé par Charlemagne qui aurait fait construire une tour carrée sous laquelle son neveu Rolland aurait été enterré. Une messe y aurait été instituée à perpétuité pour le repos de l’âme de ce dernier. Elle devait se dire tous les ans le jour de la Saint Charlemagne. On trouve dans les archives de l’église la Missa Rolandi. Cette messe se dit encore en 1888 tous les ans. Elle ne se dit plus actuellement en 1973.

Le clocher a la forme d’une tour carrée de type byzantin. Une pierre trouvée en reconstruisant la chapelle de l’église portait la date 1001. On pense que le clocher existait 200 ans avant, que son origine précéda (ou succéda immédiatement) les ravages des normands. À l’époque des invasions normandes, la Garonne baignait le pied du clocher. Les alluvions formées par la rivière ont reculé peu à peu les bords du fleuve.

Le bourg de Macau est devenu une place forte sous la juridiction du seigneur de Cantemerle. En février 1543, Henri IV pendant son séjour en Guyenne, ayant besoin de quelques embarcations, fit venir 4 chaloupes de Macau. Le plus grand nombre de navires prenaient alors leur chargement à Libourne, Blaye et Macau. Le château de Cantemerle appartient à l’ancienne famille des ducs de Villeneuve Dufort Duras, seigneurs de Blanquefort et autres lieux. Dans ce château, nous trouvons des archives qui nous permettent d’affirmer que Macau, port de défense, possédait des fortifications.

Macau était placée en partie sous la juridiction de Cantemerle et en partie sous celle de l’abbaye de Cusseau. Cependant, les moines de l’abbaye de Cusseau étaient obligés de donner au seigneur de Cantemerle chaque année, sur un plat d’argent, une alose. Les moines étaient donc sous la dépendance du seigneur. L’abbé percevait sur les paysans de ce domaine (la palus, l’ile de Macau, l’ile des vaches et l’ile Cazeau) le quint (1/ 5) et la maison où cet impôt était perçu existait encore aujourd’hui, on y voit des caves immenses.

Les seigneurs de Cantemerle étaient justiciers du pays. Longtemps, le carcan est resté sur la place de Macau. La chambre de justice ou parquet se trouvait dans la rue Castéra, elle a été démolie. Avant 1793, Macau était le chef-lieu de canton, maintenant (1888) ce n’est qu’une commune du chef-lieu de canton Blanquefort. »

G. Daney, à Macau le 5 juin 1888.

Renseignements recueillis par M. Daney, instituteur et directeur de l’école de Macau en 1888.Texte communiqué par Martine Cypel.

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