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La culture des maisons maraîchères.

L'âge d'or du maraîchage est consécutif à la crise du phylloxéra qui ravage le vignoble autour de Bordeaux à partir du dernier quart du XIXème siècle. Le paysage rural en fut radicalement transformé. Les terres labourables reculèrent et la vigne perdit son caractère de monoculture. L'élevage laitier, l'arboriculture fruitière et surtout le maraîchage prirent le relais. Le vigneron se mua en maraîcher.

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En 1856, le jardinage fait vivre 1 242 personnes dans l'agglomération. À Eysines, il occupait 607 personnes, soit 1 habitant sur 4. Jusqu'à la Grande Guerre, les déplacements des maraîchers vers la ville se faisaient tous les jours. La charrette chargée la veille au soir, les maraîchers accomplissaient le voyage interrompu seulement par le contrôle de l'octroi. Ce travail nécessitait une bonne organisation : les légumes racines étaient cueillis frais mais il fallait les brosser, les laver, ensacher les pommes de terre nouvelles, ficeler les poireaux et le cresson.

La terre fine et sablonneuse était facile à travailler. Les jardiniers maraîchers ne pouvaient se passer d'engrais dont ils faisaient une énorme consommation. L'engrais, c'était la vie du jardin ! Pour un effet plus « durable » des apports, ils utilisaient le fumier de ferme, les plumes et le sang séché provenant des abattoirs de Bordeaux.

Dispersé jadis, cet habitat n'est malheureusement plus très visible aujourd'hui suite à l'urbanisation violente que connaissent depuis ces vingt dernières années les communes de la CUB. Pour les quelques exploitations qui subsistent, nous trouvons le même paysage découvert : les habitations maraîchères s'isolent au milieu de terrains trop précieux pour porter d'autres constructions.

Ces maisons modestes, construites en longueur sur le modèle de l'échoppe bordelaise, au milieu de jardin sans arbre ou peu, tournent leur façade au sud-est. À proximité : le puits, jamais absent, le hangar de préparation qui abrite les outils, les « bajolles » en osier portant en lettres noires les initiales du maraîcher, les outils aratoires, les bassins en ciment pour le nettoyage des légumes. Il s'y ajoutait parfois une étable pour deux à cinq vaches.

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photos du fonds privé Y.S

Les maisons des maraîchers sont souvent très coquettes avec leurs façades bâties en pierre calcaire ornées de quelques discrets ornements qui l'embourgeoisent. Tout est d'une extrême propreté : parterres fleuris, allées ratissées sans mauvaises herbes, quelques arbres pour l'ombrage. Cet habitat original régnait sans partage sur les communes de Bruges, Le Bouscat, Villenave-d'Ornon ou Eysines.

Mode ou contagion, les maisons de maraîchers avaient à peu près toute la même allure, sauf peut-être à Bègles où il s'agissait surtout de « bicoque ».

Article tiré du journal Sud-ouest du 13 mai 2014, signé Cadish.

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Une des dernières maisons de maraîcher de l’agglomération à Villenave-d’Ornon. Photo Richard Zeboulon.


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