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Les risques naturels dans le Médoc.

- Le tremblement de terre de l’an 580 : l’événement survenu est demeuré dans les esprits comme le plus « Grand Cataclysme » qui ait affecté la Gaule. Sans contestation possible, ce fut un séisme majeur comparable à ceux de Nice et de Lisbonne. L’Abbé Baurein, lorsqu’il relate les faits survenus en 580 dans ses Variétés Bordeloises (1784), n’oublie pas d’associer le séisme qui frappe la ville de Bordeaux à un raz de marée affectant la côte.

- Le tremblement de terre de 1428. C’est l’époque d’un séisme qui touche de nouveau Bordeaux : effondrement de la voûte de Saint-André, maisons rasées dans le quartier des Salinières... Baurein parle aussi d’un séisme ayant donné lieu à un raz de marée, mais en 1427. D’autres séismes affectèrent la région depuis, mais ils furent de plus faible amplitude.

Les tempêtes.

-  Un assaut marin eut lieu le 15 septembre 1837. Il engendra une percée des digues de la Gironde et le flot se répandit jusqu’aux portes de Lesparre, tandis qu’un bateau s’échoua à Montalivet.

-  Le 18 octobre 1882 en une marée, plusieurs mètres de côte furent emportés à Soulac.

- Durant l’hiver 1908-1909, de fortes tempêtes venues du Golfe de Gascogne endommagèrent les digues toutes neuves construites en 1905.

Les cyclones.

- Le 27 août 1882, un cyclone ravage la Gironde, puis, les 5 et 6 décembre 1896, deux cyclones d’intensité comparable produisirent des dégâts considérables.

- À notre époque, l’ouragan du 28 décembre 1999 ne fit que peu de dégâts dans le secteur de la Pointe-de-Grave.

- Le raz de marée de 1924. Cet événement a suscité peu d’intérêt de la part des chercheurs bien qu’il ait donné lieu, en son temps, à l’édition d’une carte postale. Si l’on recense bien les effets, destruction de la digue ouest de la Pointe-de-Grave ou de la digue de Valeyrac, les causes de ce raz de marée ne sont pas évidentes.

- De fortes tempêtes ont touché la côte en 1924, 1926 et 1927, mais, en février 1924, il s’est agi d’un phénomène marin qui suivit une secousse sismique ressentie par les Soulacais.

- Lors de la secousse sismique du 7 septembre 1972, certains anciens se sont spontanément attendus à un raz de marée qui ne se produisit pas.

Ces éléments d’informations sont tirés de l’étude suivante  que nous vous invitons à découvrir plus complètement :

Avertissement sur les risques naturels.

Introduction.

Prévoir des risques industriels est une action rationnelle et relève de cette logique. Le risque naturel appartient au domaine du chaos. Néanmoins, le chaos n’est pas dépourvu de lois. Comme le rationnel et le prévisible, une description des phénomènes chaotiques peut être faite, à posteriori, par la mathématique, cycles et fractales en l’occurrence. Ainsi, l’examen du passé est la seule ressource pour imaginer une anticipation des phénomènes naturels. Imaginer, car l’ampleur et la diversité des causes qui préludèrent aux phénomènes appartenant au passé dépassent notre compréhension rationnelle. Ces causes sont encore à l’œuvre et génèrent un potentiel de risques consubstantiels à la nature. Dans une crise, par nature aléatoire et imprévisible et inéluctable, ce potentiel devient cinétique, simple affaire de temps.

Présentation.

Dans le débat qui nous occupe, il ne s’agit pas pour moi de prendre parti. Je souhaite seulement contribuer à la réflexion collective en cours en apportant aux décideurs des éléments pour enrichir leur point de vue. Or, les risques naturels semblent ignorés du public et n’ont apparemment pas été pris en compte dans les divers documents édités par le constructeur éventuel comme par son administration de tutelle. À ce sujet, la presse a même dit que « la région était calme ». L’adjectif « calme » est fallacieux. Oubliée la tempête de 1999, ouragan force 4 (le maximum), oubliée la secousse sismique de 1972, oublié le raz de marrée de 1924, englouti dans la mémoire collective le « grand cataclysme de l’an 580 »... Non, la région n’est pas calme. Son paysage très diversifié en est le témoin : son cordon dunaire littoral uniforme créé artificiellement par palissage, ses croupes de graves d’altitudes décroissantes, vestiges d’anciens lits de Garonne, comme ses côtes et rives fluviales cuirassées de béton. Pourquoi cette action de l’homme depuis des siècles s’il n’avait point eu besoin de se protéger contre l’agression des éléments naturels ?

Le contexte d’ensemble.

La géologie de la région bordelaise est très complexe car la flèche sédimentaire qu’est le Médoc, et à fortiori sa pointe, repose sur un support calcaire tertiaire fortement déformé par les mouvements tectoniques et par l’érosion. Le Médoc et la rive droite de la Gironde constituent la frontière entre deux mouvements telluriques opposés : l’effondrement de la rive gauche, sous l’effet du plissement engendré par l’érection de l’Anticlinal de Villagrains- Landiras, et l’élévation des plateaux Charentais et de l’Entre-deux-Mers. À l’origine de cette dichotomie sont deux mouvements contradictoires : l’érection des Pyrénées, au sud, et le rajeunissement du Massif Armoricain, au nord, engendré par la pression imprimée par la plaque ibérique sur la continuité maritime de la croûte continentale. Une poussée anticlinale élève la rive droite tandis que la rive gauche s’affaisse d’une manière inégale. En effet, certaines de ses parties ont suivi l’élévation du plateau charentais, Couquèques, Lamarque et la Pointe du Médoc. Cette dernière, subissant des effets de torsion imprimés par le conflit tectonique, s’est fracturée, puis s’est trouvée abaissée par l’érosion principalement à partir du Günzien. Au cours de la deuxième partie du Quaternaire, les paléofleuves de la Garonne ont profité de ces abaissements du substratum pour creuser leurs lits en delta durant les périodes glaciaires du Günz, du Mindel, puis du Riss et enfin du Würm, période glaciaire récente la plus intense et la plus froide. Les terrasses de graves d’altitude décroissante qui forment aujourd’hui les terroirs viticoles du Médoc sont les marqueurs géologiques de cette activité tectonique et érosive. Ces formations sédimentaires déposées à des époques différentes indiquent un déplacement des lits des paléogaronnes vers le nord en fonction du déplacement des fronts sismiques.

Le contexte particulier de la Pointe du Médoc.

Durant les périodes glaciaires, le niveau marin s’abaisse fortement (100 à 150 m au Würm). Alors, le fleuve creuse profondément son lit dans le substratum antérieur pour former un canyon (70 m au plus profond pour la Gironde actuelle). Ce canyon se remplit d’abord de sédiments graveleux lors des débâcles glaciaires causées par la fonte des glaciers continentaux, puis de sables, d’argiles et de limons au cours de la déglaciation. Pendant la période tempérée, lorsque le canyon glaciaire a été comblé en grande partie, l’atterrissement du bouchon vaseux du fleuve apporte les sols de palus, au Flandrien (16 500 Before Present à 2000 BP), puis les mattes lors du Dunkerquien (2000 BP). Ces apports sédimentaires aboutissent à constituer une flèche de sédiments divers à l’embouchure du fleuve ainsi qu’à combler les lits de son delta qui disposaient d’une compétence trop faible. Après l’optimum climatique du début du Néolithique (6500 BP), détachée du plateau rocheux de Cordouan, cette flèche sédimentaire entreprendra une migration vers l’amont du fleuve. Elle constitue de nos jours la Pointe-de-Grave. Dans ce secteur, le support calcaire tertiaire s’arrête au niveau du Rocher Saint-Nicolas (continuité de l’ile d’Antros pour Féral), ce qui implique que les couches sédimentaires situées au delà de cette assise calcaire surplombent le canyon glaciaire.

Une géographie mouvante au cours de l’histoire.

Comme le montrent les cartes de la presqu’île médocaine avant 580 et au Moyen-âge, les profils côtiers et fluviaux du Médoc ont fortement évolué au cours des siècles, et, par conséquent la Pointe-de-Grave. Que ce soit du fait de « cataclysmes », ou de tempêtes et raz de marrée, le passé médoquin relayé par la « tradition » compte de nombreux établissements gallo-romains ou médiévaux engloutis sous les flots ou ensevelis sous les sables. Sans parler des forts et des ouvrages de défense contre la mer qui se sont succédés avant que le cuirassement actuel de la côte ne devienne intégral, de Soulac à la Pointe-de-Grave comme sur la Gironde. Ces ouvrages sont conçus pour résister aux plus fortes houles, comme nos bateaux. Cependant, on ne sait comment résisteraient ces ouvrages si des phénomènes naturels qui se produisirent dans le passé survenaient soudainement. Si l’habituelle équation linéaire de la nature perdait ses droits au profit d’un hiatus non-linéaire, imprévisible dans ses conséquences car non présent dans notre mémoire ou en voie d’oubli.

Recensons donc le type de risques naturels imprévisibles et aléatoires que peut receler le passé du Médoc.

Le tremblement de terre type 580 (archives données auparavant à la CPDP : Comité professionnel du pétrole).

La connaissance de ce séisme majeur, recensé en premier dans l’anthologie des séismes (BRGM), est faible car fondée sur des chroniques médiévales. Cependant, l’événement survenu en l’an 580 est demeuré dans les esprits comme le plus « Grand Cataclysme » qui ait affecté la Gaule. Amoin et Grégoire de Tours sont les seules sources originales compilées par la suite par une foule d’auteurs. L’Abbé Baurein, lorsqu’il relate les faits survenus en 580 dans ses Variétés Bordeloises (1784), n’oublie pas d’associer le séisme qui frappe la Ville de Bordeaux à un raz de marée affectant la côte. Cet auteur attribue (à tort ?) à ce tsunami la disparition de la cité antique de Noviomagus (?) ou de celle du cimetière de Fagion (?), appelée par Claude Masse, cité antique du Banc des Olivets. Ce tremblement de terre fut ressenti des deux côtés des Pyrénées, ce qui fait penser à la faille d’Arette pour épicentre, ou sa continuité marine. Néanmoins, les dégâts faits à l’antique Bordeaux laissent à penser que la faille des Chartrons et/ou que le foyer sismique permanent d’Oléron a joué aussi. Sans contestation possible, le Grand Cataclysme de 580 a été un séisme majeur comparable à ceux de Nice et de Lisbonne. Ce VIème siècle, selon Jean-Pierre Tastet, a aussi connu de grandes évolutions du profil côtier du Médoc accompagnées par une vague de migration des dunes. Ce serait à partir de cette époque que les cours d’eau qui avaient leur embouchure vers l’océan, anciens lits de Garonne, auraient entamé leur comblement. La passe du sud de la Gironde se serait aussi creusée fortement entre Cordouan et Saint-Nicolas de Grave, paroisse disparue.

Le tremblement de terre type 1428 (archives données auparavant à la CPDP)

De même que pour le VIème siècle, Jean-Pierre Tastet considère le XVème siècle comme une charnière dans la géographie du Médoc. À cette époque, les lacs médocains se ferment et l’ancien bras des huttes transformé en marais salants est recouvert par les dunes. C’est aussi l’époque d’un séisme, recensé par le BRGM en 1428, qui touche de nouveau Bordeaux : effondrement de la voûte de Saint-André, maisons rasées dans le quartier des Salinières... Baurein parle aussi d’un séisme ayant donné lieu à un raz de marée, mais en 1427. Ces secousses sismiques, car Camille Julian mentionne deux séismes, seraient probablement à mettre au compte de la faille des Chartrons et/ou du foyer d’Oléron. D’autres séismes affectèrent la région depuis, mais ils furent de plus faible amplitude.

Les tempêtes.

Un assaut marin eut lieu le 15 septembre 1837. Il engendra une percée des digues de la Gironde et le flot se répandit jusqu’aux portes de Lesparre, tandis qu’un bateau s’échoua à Montalivet. Les conséquences de cet événement furent à l’origine de la création du Syndicat Forcé des Mathes en 1838. Le 18 octobre 1882 (archives BRGM), en une marée, plusieurs mètres de côte furent emportés à Soulac. Durant l’hiver 1908-1909, de fortes tempêtes venues du Golfe de Gascogne endommagèrent les digues toutes neuves construites en 1905.

Les cyclones.

Le 27 août 1882, un cyclone ravage la Gironde, puis, les 5 et 6 décembre 1896, deux cyclones d’intensité comparable produisirent des dégâts considérables. À notre époque, l’ouragan du 28 décembre 1999 ne fit que peu de dégâts dans le secteur de la Pointe-de-Grave. Cependant, l’onde de choc marine qui accompagne fatalement une dépression aussi creuse causa le plus grave incident qu’une centrale nucléaire française ait connu.

Le raz de marée de 1924 (archives données auparavant à la CPDP).

Cet événement a suscité peu d’intérêt de la part des chercheurs bien qu’il ait donné lieu, en son temps, à l’édition d’une carte postale. Il est recensé par le BRGM comme ayant été à l’origine de la destruction des anciens brises-mer des Arros. Si l’on recense bien les effets, destruction de la digue ouest de la Pointe-de-Grave ou de la digue de Valeyrac, les causes de ce raz de marée ne sont pas évidentes. De fortes tempêtes ont touché la côte en 1924, 1926 et 1927, mais, en février 1924, il s’est agi d’un phénomène marin qui suivit une secousse sismique ressentie par les Soulacais. Lors de la secousse sismique du 7 septembre 1972, certains anciens se sont spontanément attendus à un raz de marée qui ne se produisit pas. Pour expliquer le fait, une hypothèse semble fondée : une secousse relativement faible émanant du foyer sismique permanent d’Oléron ou bien situé à la limite du plateau continental aurait entraîné l’effondrement des falaises sédimentaires qui se situent au large de l’embouchure. Un raz de marée de type méditerranéen se serait alors produit.

La secousse sismique de 1972.

Oléron est à la charnière entre deux influences tectoniques fortes et, à ce titre, fait partie des grands foyers sismiques permanents de France, avec Arette, Nice ou Grenoble. Selon le BRGM, « Oléron est le siège d’une sismicité importante »… « axe N 50 »… « un fait remarquable est la profondeur des chocs principaux : elle est toujours supérieure à 20 km (par exemple 25 km le 7. 09. 1972) ». Le grand risque ne résiderait donc pas dans la puissance de ce foyer, mais dans les conséquences d’une forte crise qui engendrerait un raz-de-marée de type méditerranéen ou de type tsunami. Malgré une activité soutenue, ce foyer sismique ne semble pas avoir laissé de traces écrites de crises bien plus importantes que celle de 1972.   Ce texte ne prétend aucunement être un rapport d’expert. Il a seulement pour but d’alerter les autorités sur les risques naturels encourus au cours de 50 ans d’exploitation d’un terminal méthanier sur le lieu de l’ancien mole d’escale du Verdon. Je souhaite, ainsi que de nombreux habitants des deux rives de la Gironde, que ces risques soient évalués grâce à une expertise pluridisciplinaire, géologie, climatologie, sismologie, que l’on procède à des fosses d’étude pour connaître la nature de l’assise géologique du site où serait installé le terminal méthanier et que ce rapport soit rendu public.

Contribution personnelle de Jean-Pierre Salle, président de l’Association « Il était une fois le Médoc » et gérant du bureau d’études Albedo SARL. Cahier d’acteur pour la CNDP.

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