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La poudrerie en 1914 : un « arrière » de tout premier plan.

Du fait de ses camps militaires et de sa poudrerie, la ville, loin du front, fut très impliquée dans le conflit. La poudrerie passa de 1 900 à 8 500 employés après la déclaration de guerre.

Ce n'est pas parce que Saint-Médard est éloignée de 850 à 900 kilomètres du front de l'est que la commune ne fut pas directement concernée par la Première Guerre mondiale. Et ce, pour deux raisons (en plus de celle de la mobilisation générale du 1er août 1914) : la présence des camps militaires de Caupian et de Souges, ce dernier étant à cheval sur la commune de Martignas, et de la poudrerie.

Ainsi, dès le début d'août 1914, les détachements des 144ème et 57ème régiments d'infanterie se concentrent sur Saint-Médard pour être envoyés sur la Sambre.

De son côté, la poudrerie est au premier plan de « l'effort de guerre ». Il est rapidement décidé de son agrandissement, tandis qu'à proximité du champ de foire (actuelle place de la République) ouvre un atelier d'assemblage d'obus à main-d'œuvre féminine. Ces munitions sont entreposées dans la poudrière de Berlincan (actuelle zone commerciale Leclerc).

Au moment de la mobilisation, l'effectif de la poudrerie est de 1 900 personnes. Deux ans après, il atteint 8 500 personnes qui se répartissent en 4 700 militaires, 600 civils, 600 Annamites envoyés depuis les colonies d'Asie et quelques-uns des colonies nord-africaines. À Caupian, un camp en bois est construit pour accueillir ces travailleurs venus de loin. L'effectif compte 2 500 femmes.

ouvrier

Ainsi, la population Saint-Médardaise passe de 5 000 à 12 000 habitants. Les gazettes de l'époque font état des problèmes de cohabitation et aussi d'une défiance de la population locale face aux coloniaux.

Il s'agissait d'hommes jeunes, venus dans une période où les Saint-Médardais étaient au front laissant les femmes seules « au pays ». Fantasmes ou réalité des faits, on ne sait. Un regain de la prostitution est aussi noté mais, là encore, on ne sait s'il est le fait de Saint-Médardaises ou de femmes venues d'ailleurs.

En 1916, la production de poudre est portée à 65 tonnes par jour. Elle atteint 110 tonnes en 1917. Le site de la poudrerie s'agrandit pour atteindre 227 hectares. On y ajoute un terrain de Sainte-Hélène, vaste de 159 hectares.

La guerre s'éternisant, des mesures sont prises pour assurer une surveillance renforcée de la poudrerie. Ainsi, la circulation sur les chemins bordant l'usine est supprimée, faisant disparaître au passage de nombreux débits de boissons que fréquentaient les ouvriers. Des sentinelles sont affectées aux entrées.

Sur un autre plan, un hôpital municipal est créé dans la grand-rue (le bourg) par les services de santé militaire. Sous la responsabilité de deux infirmières-majors, des bénévoles prodiguent des soins à une trentaine de blessés. L'hôpital du bourg ne durera pas longtemps. Devant l'afflux de blessés qui arrivent du front au terme d'un long trajet, il est décidé de sa fermeture. L'école de garçons va prendre le relais et fait alors office d'hôpital.

En juillet 1917, les Américains choisissent le port de Bordeaux comme base pour le transport de leur corps expéditionnaire. Ces contingents s'installent au camp de Souges, où ils créent une infirmerie hôpital de cinq cents lits et une « école d'aérostiers » (camp d'aviation).

Bibliographie : « Saint-Médard au fil du temps », édition Ville de Saint-Médard, 1999.

Article et photo du journal Sud-ouest du 5 août 2014, Hervé Pons.

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